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Coronavirus: du sang de ver marin pourrait être utilisé pour soigner des malades

Une nouvelle biotechnologie issue du sang de ver marin pourrait être prochainement utilisé dans un essai clinique sur des malades du Covid-19.
Une nouvelle biotechnologie issue du sang de ver marin pourrait être prochainement utilisé dans un essai clinique sur des malades du Covid-19. FRED TANNEAU / AFP

Une solution issue du sang d'un ver marin aux pouvoirs d'oxygénation très importants pourrait être administrée à dix patients atteints du Covid-19 dans le cadre d'un essai clinique, a-t-on appris ce lundi 30 mars auprès de la société Hemarina à l'origine du produit.

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« On attend incessamment sous peu la décision du Comité de protection des patients (CPP) en sachant que l'ANSM a déjà validé l'essai », a indiqué le docteur en biologie marine Franck Zal, à la tête de la société bretonne Hemarina. Ce lundi soir, l'agence française du médicament n'était cependant pas joignable pour le confirmer. La solution, destinée à des patients affectés par le Syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), est produite à partir de l'hémoglobine de l'arénicole. Mesurant entre 10 et 15 cm, on connaît surtout de ce ver les petits tortillons visibles sur les plages.

Son hémoglobine – molécule présente dans les globules rouges et qui a pour rôle de transporter l'oxygène dans le corps – est capable d'acheminer 40 fois plus d'oxygène que l'hémoglobine humaine. Contrairement à cette dernière, enfermée dans des globules rouges, celle de l'arénicole est extracellulaire. « Le but est d'utiliser cette molécule comme une sorte de respirateur moléculaire avant que les patients ne basculent dans un processus lourd de réanimation », a fait valoir Franck Zal, rappelant le manque actuel de respirateurs artificiels.

Initialement testée pour la greffe d'organes

Initialement, cette hémoglobine a été testée pour la greffe d’organes. Ajoutée aux solutions de conservation d’organes à greffer, elle permet d’allonger leur durée de conservation de quelques heures à plusieurs jours, et d’accélérer la reprise de fonction de l’organe après la greffe.

Face au Covid-19 contre lequel aucun traitement n’a encore réellement prouvé son efficacité, la seule option qui s’offre aux soignants est de réoxygéner les patients présentant les formes les plus sévères de la maladie. Si la solution proposée par la société Hemarina fonctionne, elle pourrait permettre de mieux oxygéner les malades et d’éviter que la détresse respiratoire ne s’aggrave.

►A lire aussi : Coronavirus: l'efficacité de la chloroquine sera bel et bien testée

Le professeur Lantieri avait notamment utilisé ce procédé lors de la première greffe totale de visage en 2018 afin de permettre une meilleure oxygénation du greffon. Fervent défenseur de cette nouvelle biotechnologie, le prix Nobel de médecine avait exhorté le ministère de la Santé a tester cette solution issue du sang de ver marin sur les malades atteint du Covid-19. « Le transporteur d’oxygène inventé par Franck Zal pourrait éviter d’intuber les patients hospitalisés », a notamment estimé le chef du service de chirurgie reconstructrice de l’hôpital Georges Pompidou à Paris.

La mise au point d'un protocole de soin

Le produit de la société, appelé HEMO2life, a déjà été testé aux Etats-Unis sur des personnes atteintes d'hypoxie cérébrale. « Le principe reste le même », a assuré Franck Zal. Le laboratoire de biotechnologie est actuellement dans l'attente d'une autorisation de commercialisation de son produit. « Nous sommes en train de peaufiner le protocole avec des médecins réanimateurs et des pharmacologues. Je suis en contact avec eux plusieurs fois par jour, parfois jusqu'à deux heures du matin, pour répondre à leurs questions. Il faut déterminer la bonne dose à administrer et à quel type de patient va s'adresser le traitement » précisait il y a quelques jours Franck Zal à nos confrères de France 3 Bretagne.

Basé à Morlaix, il s'apprête à envoyer aux hôpitaux parisiens Georges Pompidou et de la Pitié-Salpêtrière, où l'essai doit avoir lieu, une centaine de doses de son produit injectable. L'entreprise, qui dispose de sa propre ferme d'élevage de vers marins en Vendée, dispose de 5 000 doses immédiatement disponibles et pourrait en produire « assez rapidement » 15 000 autres.

(Avec AFP)

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