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Coronavirus: les initiatives des maires retoquées par Castaner, les Français dubitatifs

Nice confinée pendant la pandémie de coronavirus, contrôle de police, le 8 avril 2020.
Nice confinée pendant la pandémie de coronavirus, contrôle de police, le 8 avril 2020. REUTERS/Eric Gaillard

La disponibilité des masques et leur port font toujours débat en France où près de 4 Français sur 10 (37%) portent déjà un masque. Et 6 fois sur 10 il s’agit d’un masque à usage médical, nous apprend un récent sondage de l'institut Odoxa. Une enquête sévère pour l'exécutif alors que le ministre de l'Intérieur a demandé hier aux préfets de « retirer les arrêtés » pris par des maires pour rendre obligatoire le port de masque dans la rue.

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Décidément, la question du port des masques, de l'approvisionnement public et de la communication gouvernementale n'en finit pas de nourrir le débat public et elle a encore rebondit ce jeudi.

Invité par la mission d'information parlementaire sur l'épidémie de Covid-19 qui auditionne tour à tour les responsables politiques, le ministre de l'Intérieur a déclaré hier qu'il avait demandé aux préfets d'intervenir auprès des maires « pour qu'ils retirent leurs arrêtés pendant toute la période du confinement ».

Plusieurs maires, dont celui de Sceaux (Hauts-de-Seine) et de Nice (Alpes-Maritimes) ont pris des arrêtés rendant obligatoire le port du masque pour tout le monde, certains prévoyant une verbalisation des contrevenants. Christian Estrosi, maire LR,  a même prévenu : tous les Niçois de plus de trois ans devront en porter un au moment du déconfinement.

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L'initiative des maires pose plusieurs problèmes a argumenté le ministre. D'une part porter un masque peut laisser penser que l'on peut sortir et d'affanchir du confinement. D'autre part « C’est un sujet d’égalité territoriale, parce que certaines communes peuvent avoir les moyens d’équiper l’ensemble de leur population en masques, quand d‘autres ne l’auraient pas. » Mais des adaptations locales pourront être décidées dans un deuxième temps, au moment de la sortie du confinement.

Et enfin, Christophe Castaner a repris l'argumentaire martelé par l'exécutif depuis le début de la crise sanitaire : l'efficacité des masques « n'est pas médicalement » démontrée. Un argumentaire mis à mal encore récemment par la prise de position de l'Académie de médecine.

Christophe Castaner: «j’ai demandé aux préfets de prendre l’engagement avec ces maires, pour qu’ils retirent leurs arrêtés pendant toute la période du confinement» au micro de Julien Chavanne

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Un sondage Odoxa aux enseignements sévères

Selon un sondage de l’institut Odoxa, 72% des Français demandent que le masque soit rendu obligatoire dans toutes les communes de France. Un sondage qui par ailleurs enfonce sur le clou sur le sentiment que les Français au sujet de la façon dont l'exécutif gère cette crise sanitaire : les trois-quarts des Français pensent que, sur les masques, le gouvernement n’a été ni « clair » ni « cohérent ».

Logiquement, ils sont donc tout autant  à penser carrément que le gouvernement leur a menti  « en les dissuadant d’en porter parce qu’il n’y en avait pas suffisamment pour les soignants ».

Inefficacité, manque de clarté et défaut de compétence : la critique est triple et ce, quelle que soit l’appartenance politique. Les sympathisants du parti présidentiel sont moins sévères, mais tout de même 6 sur 10 partagent l’idée d’un gouvernement inconséquent. Odoxa en conclut que « la crédibilité gouvernementale semble s’être fracassée sur cette question des masques ».

Tout cela pourrait coûter cher politiquement au chef de l’Etat après la crise. Avant cela, lundi, dans son allocution, il lui faudra dispenser une parole crédible pour restaurer un peu de confiance dans ses instructions.

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