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Après le confinement, les églises rouvrent dans la prudence

Pas de bénitier dans les églises après le confinement.
Pas de bénitier dans les églises après le confinement. Thomas Bourdeau/RFI

Le confinement, mis en place pour contenir la propagation du coronavirus, a sonné le glas des cérémonies religieuses en France. Les portes fermées des églises, à la fois lieux de spiritualité et repères architecturaux dans les villes, ont déstabilisé de nombreuses personnes. Au Havre, RFI est allée à la rencontre d'un abbé qui rouvre la sienne, entre enthousiasme et prudence. 

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Au Havre, comme dans les autres églises de France, le confinement a été vécu de façon aussi subite que sérieuse. L’abbé Claude Petit en charge de l’église Saint-Joseph explique à RFI : « Nous avions l’autorisation de célébrer avec quelques règles prudentielles, la distanciation sociale... et puis le samedi soir [14 mars, ndlr], il a été annoncé que le lendemain il n’y aurait pas de célébration. Un étonnement ! Quelques personnes sont même venues à une messe qui n’a pas eu lieu. »

Alors un nouveau mode fonctionnement s’est imposé pour ce prêtre durant cette période confinée : « La difficulté a été de maintenir du lien sans pour autant se mettre en scène. J’ai eu la volonté de ne pas ajouter au flot d’images de messe et de célébration sur les réseaux sociaux, mais de rester autrement au contact avec les gens. C’est ma démarche personnelle. J’ai cherché à garder du lien avec les paroissiens autrement que par le culte. »

Les couleurs des saisons comme un chemin de spiritualité

L’église Saint-Joseph du Havre a ceci de particulier qu’elle est autant une oeuvre d’art à visiter qu’un lieu de culte. Claude Petit explique : « Une fois la porte franchie, c’est une église dans laquelle on descend. Les gravats des bombardements [durant la guerre] ont rehaussé la ville d’un bon mètre, mais elle est érigée au niveau d’avant guerre. Avec elle, on est plongé dans la mort de la ville pour ressusciter et être relevé. » Le jeux de lumières des 6 500 vitraux pensés par Marguerite Huré suggèrent autant les couleurs des quatre saisons que le chemin de la spiritualité. Ils sont exceptionnels et offrent un spectacle immanquable pour les visiteurs de la ville du Havre.

Le confinement a marqué l’arrêt des visites : « Saint Joseph a été complètement fermée, même pour les obsèques. Les gens reviennent doucement, mais il n'y a pas de tourisme pour l’instant, aucune croisière. Cela aussi, il faut l’accepter mais ça représente pour la paroisse une perte financière importante - pas de vente de cierges. Comme toute la société, au niveau économique, nous sommes touchés et l’église c’est aussi de l’économie, il faut bien faire vivre... »

Gestes barrières, distanciation physique, port du masque...

Selon le décret officiel, les fidèles devront respecter les gestes barrières et la distanciation physique, porter un masque et se désinfecter les mains. Une personne devra aussi réguler les flux aux entrées et sorties du lieu de culte, pour ne pas dépasser une jauge maximale de fréquentation. Les autorités musulmanes recommandent la plus grande prudence et les autorités juives sont sur la même ligne : « Le respect de chaque vie est important, on ne peut pas prendre le risque de faire apparaître un foyer épidémique », soulignait Joël Mergui, président du Consistoire, à l’AFP. Le rassemblement de quelque 2 500 fidèles d'une église évangélique, la Porte Ouverte chrétienne, à Mulhouse mi-février, avait été à l'origine de dizaines de contaminations de la Corse au Morbihan et jusqu'à la Guyane.

Alors à l’église Saint-Joseph du Havre, les places sont occupées un rang sur deux et une chaise sur trois. « Ce qui réduit énormément les capacités de notre église de 800 places à 150 places. Les gens seront dispersés. Je porterai un masque pendant les processions et à l’autel la distanciation est largement respectée. C’est faisable », sourit Claude Petit. Puis il se fait soucieux : « Le visage, c’est quelque chose d’important. Le visage des autres est aussi très important. Mais les circonstances sont exceptionnelles, il faut les accepter, si on les refuse, on risque de mettre en danger les autres. Il vaut mieux être plus prudent que moins prudent. »

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