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Coronavirus: plus de tests n'aurait pas évité le confinement, selon le Pr Delfraissy

Le président du Conseil scientifique en France, Jean-Paul Delfraissy, le 13 mars 2020 à Paris.
Le président du Conseil scientifique en France, Jean-Paul Delfraissy, le 13 mars 2020 à Paris. Ludovic Marin / POOL / AFP

Après Jérôme Salomon mercredi, la commission d'enquête coronavirus de l'Assemblée nationale a entendu ce jeudi le président du conseil scientifique, le professeur Jean-François Delfraissy, et de deux anciens directeurs généraux de la Santé. 

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Même si la France avait pu réaliser davantage de tests de dépistage du coronavirus début mars, cela n'aurait pas évité la nécessité d'un confinement généralisé, a estimé jeudi un membre du Conseil scientifique, Arnaud Fontanet, à l'Assemblée nationale. Les seuls pays qui ont « réussi à maîtriser » l'épidémie « sans confinement » l'ont fait « grâce à toute une série de mesures » et « pas seulement les tests », a déclaré l'épidémiologiste devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la gestion de la crise du coronavirus.

Elle l'entendait en sa qualité du membre du conseil scientifique, au côté du président de ce groupe d'experts chargé de conseiller le gouvernement pendant l'épidémie, Jean-François Delfraissy, et de deux autres membres.

Les pays visés, Taïwan, la Corée du Sud, Hong Kong et Singapour, ont aussi mis en oeuvre un traçage très actif des personnes ayant été en contact avec les malades, avec d'importants « moyens de suivi informatique », et bénéficient d'une « culture du port du masque » et de « l'hygiène des mains », a énuméré Arnaud Fontanet.

«À la date où la décision a été prise, on n'avait pas le choix»

Malgré cela, ces pays restent aujourd'hui « dans une tension extrême » pour éviter une reprise de l'épidémie de Covid-19, a-t-il souligné.

En France, « à la date où la décision a été prise, on n'avait pas le choix », a-t-il ajouté, observant que même les pays européens où la situation était mieux maîtrisée avaient opté pour un confinement, à l'exception de la Suède. Il répondait à une question du député Eric Ciotti (LR) au sujet du commentaire de Jean-François Delfraissy dans un entretien au Journal du dimanche du 7 juin, selon lequel le confinement « n'était pas une bonne décision mais la moins mauvaise, étant donné les outils que nous avions : 3.000 tests par jour, quand les Allemands en avaient plus de 50.000 ».

« On a demandé qu'il y ait plus de tests » mais « il faut voir la réalité de ce qu'on avait la capacité de faire », a observé de son côté Jean-François Delfraissy, estimant que même avec une stratégie de dépistage plus active, « de toute façon nous aurions eu la pandémie en France ».

Le virologue Bruno Lina, également membre du conseil scientifique, a pour sa part estimé que l'impossibilité de réaliser davantage de tests était liée à des difficultés d'approvisionnement dans un contexte d'explosion de la demande mondiale, plutôt qu'à des lenteurs ou une mauvaise organisation des laboratoires français.

«Le troisième pouvoir sanitaire n'existe pas (...) C'est une vaste blague»

Le Pr Delfraissy, médecin spécialisé dans l'immunologie, a souligné devant les députés à quel point l'ampleur de l'épidémie avait surpris tout le monde, déclarant n'avoir lui même « pris conscience de la gravité de la crise que relativement tardivement, aux alentours du 20 février ». « Un impact aussi brutal que cette crise, je n'avais jamais vécu », a affirmé ce pionnier dans la lutte contre le sida, également chargé de coordonner la lutte contre l'épidémie d'Ebola survenue en Afrique de l'Ouest en 2014.

Il s'est par ailleurs une nouvelle fois défendu d'avoir imposé un « pouvoir des scientifiques » avec le conseil qu'il préside, mis en place le 11 mars par l'Elysée.
« Le troisième pouvoir sanitaire n'existe pas (...) C'est une vaste blague », a-t-il martelé. Le conseil scientifique est « un comité d'experts qui est là pour éclairer les décisions gouvernementales, c'est le gouvernement qui décide », a-t-il rappelé.

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