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Famine

Famine au Yémen, Soudan du Sud, Nigeria et Somalie: l'appel à l'aide de l'ONU

Ces sacs d'aide aimentaire fournis par la FAO ont été jetés par avion dans la région de Rubkuai, au nord du Soudan du Sud, le 18 février 2017. Le Soudan du Sud est l'un des quatre pays pour lesquels Antonio Guterres a lancé un appel à l'aide.
Ces sacs d'aide aimentaire fournis par la FAO ont été jetés par avion dans la région de Rubkuai, au nord du Soudan du Sud, le 18 février 2017. Le Soudan du Sud est l'un des quatre pays pour lesquels Antonio Guterres a lancé un appel à l'aide. REUTERS/Siegfried Modola

Antonio Guterres, le nouveau secrétaire général de l’ONU, lance un appel à l’aide : ses agences ont besoin d’un peu plus de 4 milliards de dollars d’ici la fin du mois de mars pour endiguer une famine qui touche le Nigeria, la Somalie, le Soudan du Sud et le Yémen. Les conflits armés et le changement climatique sont les premiers responsables. Mais l’ONU accuse aussi les parties au conflit de bloquer l’aide humanitaire.

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avec notre correspondante à New York, Marie Bourreau

En tout ce sont 20 millions de personnes qui sont menacées de mort dans les six prochains mois. C’est la première fois en plusieurs décennies que quatre alertes à la famine sont lancées en même temps. Elles touchent le Nigeria, la Somalie, le Soudan du Sud et le Yémen.

Antonio Guterres, le nouveau chef de l’ONU, demande l’aide des Etats membres pour financer un plan d’urgence de 4 milliards de dollars d’ici fin mars. « La vie de millions de personnes dépend de notre capacité à agir, a insisté le secrétaire général des Nations unies. Dans notre monde d'abondance, il n'y a pas d'excuse pour l'inaction ou l’indifférence. Nous avons entendu les alertes. Maintenant, il n'y a pas de temps à perdre ».

Mais l’ONU ne dispose actuellement que de 90 millions de dollars.

C’est au Yémen que la situation est la plus critique avec plus de 7 millions de personnes qui meurent de faim. Sans la nommer, Antonio Guterres lance un appel à l’Arabie Saoudite qui bombarde les rebelles houthis et est accusée de bloquer l’aide humanitaire. « La situation est critique. C'est le moment où le droit international humanitaire doit être respecté par tous et l'accès doit être accordé dans toutes les zones ».

Des quatre pays menacés par la famine, seule la Somalie connaît une sécheresse.

Cette conférence humanitaire est une opportunité à saisir pour obtenir les fonds et pour faire prendre conscience qu’une réponse militaire, sécuritaire n’est pas suffisante. Il faut vraiment avoir une approche de long terme à cette crise. Et que les investissements sont nécessaires pour agir sur les causes.


Le nord-est du Nigeria, quand le terrorisme se mêle à la crise

L'ONU demande spécifiquement 1,5 milliards de dollars pour financer les programmes d'urgences dans la région du lac Tchad, notamment dans le nord-est du Nigeria, zone déstabilisée par le groupe islamiste Boko Haram. La situation perdure et les indicateurs sont de plus en plus alarmants: 17 millions de personnes sont touchées par cette crise.

Dans le nord-est du Nigeria, les populations manquent de tout: de médicaments, d'électricité, d'abris décents, d'eau courante et surtout de nourriture. A l'origine, l'accès aux services de base était défaillant dans les trois Etats de l'Adamawa, de Borno et de Yobe. La crise liée à Boko Haram n'a fait qu'amplifier cette situation.

D'après le Programme alimentaire mondial, 5,1 millions de personnes font face à la faim, dont 4,7 millions ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence. Avec un indicateur très inquiétant: un taux de 28% de malnutrition enregistré dans ces trois Etats du nord-est du pays. Selon le PAM, cette situation est liée au conflit qui a lieu au nord-est du Nigeria. Les populations ont dû fuir les violences, ce qui a créé une grande vague de déplacés et de réfugiés. A l'insécurité, s'ajoute l'arrêt des activités agricoles de ces populations ainsi que la forte baisse du commerce transfrontalier. Sur le terrain pourtant, le PAM distribue des aliments de base et de l'argent. Fin 2016, cet organisme des Nations unies a fourni des kits nutritionnels à 100 000 enfants. En janvier 2017, il a aidé plus d'un million de personnes.

Difficile pour les humanitaires d'assister les quelques 17 millions de personnes affectées par la crise, car ils sont eux-mêmes peu protégés des attaques. « La situation est très compliquée car l'accès est complexe », constate le Dr Serge Breysse, directeur de l'expertise et du plaidoyer chez Action contre la faim. « Il n'y a pas de respect du droit humanitaire, les ONG peuvent aussi être des cibles », déplore ce médecin, qui décrit une situation de chaos dans le nord-est du pays.

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