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Liban

Le Liban fracturé de Katia Jarjoura

Manifestation de sunnites en colère dans la ville de Tripoli, au nord du Liban.
Manifestation de sunnites en colère dans la ville de Tripoli, au nord du Liban. ©Katia Jarjoura

Dans son film Liban, de fracture en fracture, diffusé sur la chaîne Arte le 2 décembre 2014 à 23h45, la réalisatrice libano-canadienne Katia Jarjoura mène l'enquête et décrypte les enjeux et bouleversements en cours dans son pays d'origine. Situé au nord d’Israël et à l’ouest de la Syrie, le Liban, à peine plus grand que la Corse, est difficile à analyser. En 2011, le conflit syrien qui sévit à quelques kilomètres de ses frontières a ravivé les tensions entre sunnites et chiites. Et l'afflux de réfugiés syriens rend, chaque jour, la situation un peu plus explosive.

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Dans son documentaire, Katia Jarjoura donne la parole aux acteurs de cette mosaïque fragile qu'est le Liban, des imams sunnites aux combattants du Hezbollah, des chrétiens divisés entre leur soutien aux sunnites ou aux chiites aux réfugiés syriens qui se massent au Liban. Cinquante-huit minutes pour comprendre comment, tout doucement, le Liban bascule dans la crise.

Ce pays est devenu ces derniers mois le front arrière du conflit syrien. L’engagement des chiites du Hezbollah en Syrie en août 2012 aux côtés du régime de Bachar el-Assad contre les rebelles syriens a eu des répercussions énormes sur le territoire libanais. Beyrouth vit au rythme des attentats. Et les Libanais sont inquiets. L’islamisme sunnite progresse.

Des enjeux nombreux

Entre l’Arabie Saoudite et l’Iran qui orchestrent la radicalisation du clivage sunnites-chiites, le drame syrien de l’autre côté des 375 kilomètres de frontières communes avec l'intervention du Hezbollah, la milice chiite, et récemment l’arrivée de jihadistes dans l’est du pays. Rajoutez à cela la vacance du pouvoir, le conflit israélo-palestinien, et la diversité des hommes, des croyances (22 communautés ethniques et 17 groupes religieux), le pays fait face à des défis politiques, sécuritaires, mais également humanitaires immenses.

Une paix armée

Le film, tourné dans l’urgence en mai 2014 dans une région en flammes, est teinté de désespoir. Vingt-cinq ans après la fin de la guerre civile, le pays est à feu et à sang. La crise politique chronique du Liban condamne-t-elle le pays à une instabilité perpétuelle ? La réalisatrice n’est pas très optimiste. A l’image du pays, le film est un puzzle qui réunit de nombreuses tentatives d’explication. Images d’archives, infographies, interviews, la réalisatrice a soigné l’esthétisme des plans afin de ne pas rester dans un film géopolitique aride. De nombreux connaisseurs du Liban soutiennent que le pays ne retombera pas dans un conflit majeur, que les Libanais ont la mémoire longue. Pourtant, le film de Katia Jarjoura montre bel et bien un pays en guerre. Ou un pays qui aurait fait la « paix armée ». C'est selon.

Liban, de fracture en fracture, diffusé sur Arte, le 2 décembre à 23h45

 

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