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Côte d’Ivoire: le parti de Gbagbo a les nerfs à fleur de peau

Le siège du Front populaire ivoirien à Abidjan, après son saccage par une vingtaine de jeunes qui ont subtilisé des documents financiers. 1er septembre 2014.
Le siège du Front populaire ivoirien à Abidjan, après son saccage par une vingtaine de jeunes qui ont subtilisé des documents financiers. 1er septembre 2014. AFP/Sia Kambou

(Des) crispations et (des) escalades au Front populaire ivoirien. Le prochain débat au sein du FPI n’aura donc pas lieu devant des congressistes mais dans les prétoires… Une plainte concernant l’irrecevabilité de la candidature de Laurent Gbagbo pour la présidence du parti socialiste ivoirien, a été déposée par le président sortant du FPI, Pascal Affi N’Guessan, et devrait être étudiée le 18 décembre prochain. Retour sur une folle semaine.

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Ce fut une folle semaine pour le parti fondé par Laurent Gbagbo. Entre mardi et mercredi, à 48 heures de la date initialement fixée pour le début du 4e congrès, on a assisté à trois conférences de presse successives au siège du Front populaire ivoirien. Mardi matin, Pascal Affi N’Guessan, le président du parti, ouvrait le feu en réaffirmant sa détermination à se porter candidat à sa propre succession, tout en effectuant un périlleux numéro d’équilibriste concernant son adversaire, l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo.

Celui qui fut son Premier ministre s’est ingénié à dire sa fidélité au « père fondateur » tout en discréditant sa candidature, qu’il juge née d’une forfaiture et d’une manipulation de certains membres de son entourage. Pascal Affi N’Guessan s’est alors lancé dans une diatribe à l’encontre des adversaires de sa propre famille politique.

Patrimonialistes, messianiques ou opportunistes

Il a stigmatisé tour à tour ceux qu’il appelle « les Gbagbo ou rien » et qu’il range en trois courants : « les patrimonialistes, qui considèrent le parti comme une propriété privée, les messianiques pour qui le parti est une religion avec ses gourous et ses prophètes et les opportunistes qui pensent pouvoir prendre leur revanche sur le passé ».

La réponse n’a pas tardé à fuser. Le lendemain, au même bureau, Adou Assoa, le directeur de campagne de Laurent Gbagbo, se livrait lui aussi à une attaque en règle du président sortant. Saisir les tribunaux pour régler une affaire interne au FPI, « c’est grave », juge cet ancien ministre de la Construction. Ce qu’il qualifie de fuite en avant d’Affi N’Guessan est suspect aux yeux d’Adou Assoa… 

« Il m’a traité de faussaire, mais ce n’est pas moi qu’il traite de faussaire, c’est le président Gbagbo qu’il traite de faussaire, lance-t-il… Si c’est le cas, qu’il envoie un émissaire à la Haye pour vérifier ses dires ! »

Entre les deux challengers, c’est Dano Djédjé, en tant que président du comité d’organisation du congrès, qui s’est livré lui aussi à l’une de ces conférences de presse au siège du FPI - qui ressemblent souvent à des meetings politiques. Il a estimé pour sa part que le congrès était techniquement prêt et que l’ordonnance de justice interdisant la tenue du congrès devait préalablement passer par le comité  central avant d’être - le cas échéant - exécutée. Rappelons qu’une plainte émanant de Pascal Affi N’Guessan conteste la validité de la candidature de son concurrent.

« K.O. technique »

Ce devait donc être un congrès « techniquement prêt » et ce fut un « K.O. technique » qu’on a vécu ce jeudi matin. K.O. technique car, la veille au soir, le ministère de l’Intérieur menaçait de poursuivre des plus lourdes sanctions ceux qui enfreindront l’ordonnance du Tribunal de première instance d’Abidjan. Au même moment, le président du parti annonçait la fermeture du siège du FPI pour raison de sécurité et le report du congrès à une date ultérieure… Brigade anti-émeute, CRS et policiers encerclant le Palais des Sports dès 5 heures ce jeudi 11 décembre dans la matinée, le congrès était impossible… Et les militants et délégués, prévenus par téléphone, rebroussaient chemin.

Si les cadres du parti socialiste ivoirien espéraient que cessent les invectives par voie de presse et de communiqués, appelant de leurs vœux une confrontation face à face, arguments contre arguments, lors d’un congrès entre adhérents, c’est finalement sur le terrain judiciaire que se déporte le débat. Le 18 décembre prochain, la plainte déposée par Pascal Affi N’Guessan concernant l’irrecevabilité de la candidature de Laurent Gbagbo devrait être étudiée.

A l’issue de ces débats, on devrait savoir quand pourrait se tenir le 4e congrès du FPI et, surtout, savoir s’il y aura un ou deux candidats à la présidence du parti. Le prochain débat au sein du FPI n’aura donc pas lieu devant des congressistes mais dans les prétoires…

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