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France

Hopaal, la start-up qui chiffonne l’industrie du textile

Les deux fondateurs d'Hopaal, Clément Maulavé et Mathieu Couacault.
Les deux fondateurs d'Hopaal, Clément Maulavé et Mathieu Couacault. RFI/Corinne Binesti

Le t-shirt est l’un des vêtements les plus portés dans le monde. Sa fabrication entraîne un gaspillage d’eau considérable qui a des impacts sur la planète. Une jeune start-up, Hopaal, engagée dans la protection de l’environnement, a donc décidé de produire depuis quelques mois des t-shirts, des sweats et des pulls en matières 100% recyclées.

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Ce sont deux petites vagues brodées, discrètes. Un logo sobre mais qui en impose déjà. Depuis six mois, Clément Maulavé, 24 ans, et Mathieu Couacault, 25 ans, deux anciens étudiants en école de commerce et nouvellement entrepreneurs, vendent des t-shirts, 100% recyclés à l’impact environnemental quasi nul, via Hopaal leur start-up. A l’heure où l’industrie du textile représente la deuxième industrie la plus polluante après le pétrole, plusieurs millions de tonnes de vêtements sont jetés chaque année dans le monde, soit 11 kilogrammes par personne et par an. Et 70% de notre garde-robe n’est pas portée !

Face à ce gaspillage aux retombées inquiétantes pour la planète, Clément explique qu’environ la moitié des vêtements, mis à la poubelle ou déposés en décharge, sont en coton : « Aujourd’hui, grâce au recyclage, nous pourrions alléger sans problème la culture du coton qui exige énormément d’eau », explique-t-il. L’eau justement, ressource vitale pour l’homme et l’environnement, se raréfie. Mathieu évoque ainsi l’assèchement total de la mer d’Aral, ce lac salé d’Asie centrale, à cheval entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, drainé à l'épuisement pour l'irrigation des cultures de coton. « Dans la fabrication classique d’un t-shirt, une entreprise de base suit tout un parcours. Entre la récolte des fibres de coton, l’importante consommation d’eau, les pesticides et les espaces de culture… il y a beaucoup de gâchis », poursuit Clément.

Fabriquer autrement, c’est possible

La petite start-up prouve qu’il existe des solutions plus écologiques pour réaliser des vêtements. Chez Hopaal, un t-shirt recyclé utilise 40 litres d'eau au lieu de 2 700 pour un t-shirt classique. Un pull recyclé nécessite 50 litres d'eau quand un pull classique en a besoin de 7 700 litres ! Pour arriver à cette pratique, Clément et Mathieu ont découvert deux techniques de recyclage de textile différentes et possibles.

C’est à Bangalore, en Inde, que tout a commencé. Alors que Clément est en stage dans un atelier de confection, il constate que des entreprises de fabrication de vêtements jettent beaucoup de chutes de tissus, lors de la découpe dans les patrons.

« Des vêtements 100% recyclés »

Face à la masse de ces rejets, Clément et Mathieu ont une
idée : récupérer ces chutes de textiles, en coton bio, pour en faire des t-shirts. « On les débarrasse de leurs déchets en rachetant leurs chutes à bas prix », expliquent-ils.

Puis, ils dénichent dans le pays deux entreprises. L’une qui va collecter ces morceaux de coton, l’autre qui va les broyer et les réduire en fibres. Cela afin de reconstituer un fil capable de refabriquer de nouveaux vêtements. Mais ce n’est pas tout. Afin d’obtenir un fil plus résistant et plus agréable, des fibres de polyester, issues de bouteilles en plastiques recyclées, sont intégrées. Ces vêtements sont ainsi 100% recyclés, constitués de 60% de coton et 40% de polyester.

Une production contrôlée

Si Hopaal conçoit ses t-shirts en Inde, la fabrication est réalisée dans des entreprises certifiées aux normes sociales et environnementales. Des conditions fondamentales pour Clément et Mathieu. L’entreprise qui recycle emploie 11 personnes et celle qui fait la confection 30. Elles utilisent des panneaux solaires et des éoliennes : « Tout cela concorde parfaitement avec notre vision des choses. Recycler un maximum en s’approvisionnant de la manière la plus propre possible », assurent les deux jeunes.

Il faut dire que chez eux, la protection de l’environnement est une seconde nature. Si Mathieu a passé son enfance près de l’océan à Saint-Malo, Clément, lui, a grandi aux pieds du massif du Vercors. Très tôt, l’un et l’autre se passionnent pour les sports en extérieur, Clément le ski et Mathieu la voile. Alors en se rencontrant dans leur école de commerce, ils ont vite trouvé des points communs. De discussion en discussion, l’idée de monter un projet « qui aurait du sens » autour du textile recyclé a vu le jour.

Le pull du futur

Il y a quelques semaines, les deux entrepreneurs ont lancé un nouveau produit - le pull du futur - entièrement recyclé et confectionné en France. Cette fois-ci, ils travaillent en collaboration avec des réseaux de collecteurs tels que « Le Relais ». Les vêtements collectés qui ne peuvent être revendus en l’état sont ainsi broyés, ramenés à l’état de fibres et transformés en de tout nouveaux pulls : « En Inde, l’entreprise de confection conçoit des fils fins, nécessaires à la réalisation d’un t-shirt, sweat, ou maille fine, explique Clément. En France, nous sommes capables de réaliser des fils épais, parfaits pour la confection d’un gros pull. C’est complémentaire ! Plus nous recyclons, moins nous détruisons ».

« Le pull du futur est collecté, recyclé et réalisé en France. Les distances sont ainsi très réduites et on soutient aussi l’économie locale », poursuit Mathieu. Le client a aussi son mot à dire dans le développement de Hopaal. La start-up propose en effet à ses clients de l’orienter dans le développement de ses produits et de venir participer à des événements à vocation environnementale organisés par la marque.

Pour l’heure, Hopaal est hébergé à Paris au sein du SenseCube, un incubateur d’entreprises qui accompagne uniquement des start-up innovantes à fort impact social ou environnemental.

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