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SYRIE

En Syrie, la guerre est aussi digitale

Capture d'écran du site du ministère de la Défense syrien après qu'il a été piraté par le collectif « Anonymous »
Capture d'écran du site du ministère de la Défense syrien après qu'il a été piraté par le collectif « Anonymous » D.R

Le collectif de pirates informatiques libertaires « Anonymous » a bloqué, lundi 8 août 2011, le site du ministère syrien de la Défense. Une manière pour eux d’afficher leur soutien aux révoltés syriens. Mais Damas a réagi dans la foulée, piratant le réseau social du collectif, via son Armée digitale, une unité de soldats dédiée à la traque des ennemis du régime en ligne. Une guerre électronique que le régime de Bachar el-Assad n’attendait pas, contre un ennemi pour le moins surprenant.

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Depuis lundi 8 août 2011, la page d’accueil du site internet du ministère de la Défense syrien n’est plus accessible. La veille, le site internet affichait des photographies de manifestants ensanglantés aux côtés de militaires « tyrans » ainsi que le message suivant rédigé en anglais et en arabe : « Au peuple syrien : le monde est à vos côtés contre le régime brutal de Bachar al-Assad. Sachez que le temps et l'histoire jouent en votre faveur. Tous les tyrans chutent, et grâce à votre courage, Bachar al-Assad est le prochain sur la liste ».

Le message est signé « Anonymous », du nom de ce collectif international de pirates informatiques libertaires qui défendent la liberté d’expression sur internet. Ils s’étaient notamment illustrés pendant le « printemps arabe » en soutenant les révolutionnaires par des attaques des serveurs des gouvernements de Tunisie ou du Yémen. Les Anonymous ont revendiqué l’attaque du site de la Défense syrienne sur le réseau social Twitter dimanche 7 août dans la soirée. Une attaque en guise de provocation, voire d’avertissement.

Site pathétique

Mais la riposte de Damas ne s’est pas faite attendre. Lundi 8 août, c’est la page d’accueil du blog de développement d’AnonPlus, le réseau social fondé par les Anonymous suite à la suppression de plusieurs de leurs comptes de Google plus, qui est piratée. Cette fois, des photographies de cadavres de militaires syriens s’affichent sur le site accompagné du message suivant : « En réponse au piratage du site du ministère de la Défense, le peuple syrien a décidé de purifier Internet en supprimant votre site pathétique ». Le message s’en prend vertement à l’organisation des Frères Musulmans dont « les membres tuent des citoyens syriens – civils et militaires » puis accusent les Anonymous de « défendre cette organisation terroriste ».

Derrière cette contre-attaque : l’Armée électronique syrienne. La Syrie est le premier pays arabe à avoir créé sa propre unité de cybersoldats qui sévissent ouvertement sur internet et attaquent les ennemis du régime sur les territoires digitaux. C’est en pleine révolution arabe, en mai 2011, que Damas a reconnu et intégré l’Armée électronique syrienne, initialement fondée par un groupe de jeunes hackers syriens favorables au régime.

Dans son discours du 20 juin 2011 à l’université de Damas, le président Bachar el-Assad a salué le travail de cette nouvelle unité : « il y a une armée électronique qui est une véritable armée dans la réalité virtuelle ». Selon Helmi Noman, chercheur au Citizen Lab de l’université de Toronto, les hackers de Damas ont attaqué près de 130 sites ciblant particulièrement des sites israéliens comme celui du membre de la Knesset Arieh Eldad. Mais aussi les sites et les pages Facebook d’opposants au régime de Damas.

Le site de l’armée syrienne était toujours hors d’accès, trois jours après l’attaque. Et il se pourrait bien que les Anonymous remontent au front.

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