Accéder au contenu principal
Israël / Egypte

L'Égypte déploie ses tanks dans le Sinaï avec l'accord d'Israël

Égypte, le 13 août 2011. Un convoi de véhicules militaires égyptiens fait route en direction de al-Arish, dans le Sinaï
Égypte, le 13 août 2011. Un convoi de véhicules militaires égyptiens fait route en direction de al-Arish, dans le Sinaï © AFP

Les autorités égyptiennes ont commencé à acheminer des renforts militaires dans le désert du Sinaï afin de combattre les tribus bédouines et les éléments islamistes qui agitent la péninsule depuis la chute du régime Moubarak. Israël, qui partage 260km de frontière avec le Sinaï égyptien a donné son accord à ce déploiement militaire. 

Publicité

Avec notre correspondant à Jérusalem, Nicolas Falez

Le Traité de paix israélo-égyptien du 26 mars 1979* limite la présence de l’armée égyptienne dans le désert du Sinaï, une zone de non-droit, lieu de tous les trafics, y compris celui des armes à destination de la Bande de Gaza.

Depuis la chute de Hosni Moubarak, l’agitation s’est accrue dans la péninsule avec des attaques contre des postes de police égyptiens et plusieurs attentats visant le gazoduc qui alimente l’État hébreu en gaz égyptien. Une quinzaine de personnes soupçonnées d'avoir participé à ces opérations, ont été arrêtées par les militaires égyptiens.

Les tribus bédouines rebelles ou groupes islamistes se revendiquant de l’idéologie d’al-Qaïda, représentent une menace commune pour Israël et l'Égypte. 

Le Caire avait attribué aux bédouins les attentats meurtriers contre les touristes étrangers entre 2004 et 2006 et procédé à de nombreuses arrestations. Mais, lors de la révolte égyptienne en janvier 2011, les militants arrêtés, profitant de la situation, se sont enfuis de leurs prisons.

Le Sinaï, qui abrite nombre de sites touristiques, est un région marginalisée dont la population a une longue histoire conflictuelle avec le pouvoir. Si le Sinaï plongeait dans le chaos et la violence, ce serait synonyme de cauchemar pour les deux voisins.

La presse israélienne révèle que l’État hébreu a autorisé l'Égypte à déployer des renforts dans la région. 

Selon les autorités égyptiennes, plus de 1 000 policiers et militaires ainsi que de nombreux tanks participent aux opérations dans la région de al-Arish, où un poste de police a été attaqué il y a deux semaines.

C’est la deuxième fois depuis la révolution égyptienne que les deux pays s’entendent sur une telle entorse au Traité de paix qui les unit depuis trois décennies.

Le 30 juillet dernier, des hommes armés ont attaqué le terminal du gazoduc, à al-Shoulaq, sans succès. Les assaillants avaient pu prendre la fuite. C'est le cinquième incident du genre depuis le mois de février.

Le gaz représente plus de 40% des hydrocarbures consommés par les Israéliens. Il est utilisé dans la production d'électricité.


* Le 26 mars 1979, le président égyptien Anouar El-Sadate et le Premier ministre israélien Menahem Begin signent le premier accord de paix entre Israël et un pays arabe sous la médiation du président américain Jimmy Carter. Cette signature intervient suite aux accords de Camp David de septembre 1978. En dépit des interventions du président Carter, les négociations de Camp David n’aboutissent pas sur la problématique des territoires palestiniens, mais, à l’inverse la question du Sinaï est réglée. Rappelons que la péninsule égyptienne avait été conquise par Israël pendant la Guerre des Six-Jours en 1967. La signature intervient donc à Washington le 26 mars 1979. Les dernières colonies juives quittent le Sinaï le 25 avril 1982. Des relations diplomatiques entre les deux pays se mettent en place. Par ce traité de paix, l’Egypte est le premier pays arabe à reconnaître Israël.

→ Pour en savoir plus sur les colonies juives construites dans le Sinaï, voir les carnets de route égyptiens de Nicolas Falez, ici

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.