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Iran

Elections législatives en Iran sur fond de compétition entre les conservateurs

Des iraniens dans un bureau de vote à Téhéran ce vendredi 2 mars 2012.
Des iraniens dans un bureau de vote à Téhéran ce vendredi 2 mars 2012. REUTERS/Morteza Nikoubazl

Environ 48 millions d'Iraniens sont appelés aux urnes ce vendredi 2 mars. Ce scrutin législatif est sans enjeu politique majeur, après l'élimination quasi totale depuis 2009 de l'opposition réformatrice par le pouvoir conservateur. Le véritable enjeu se situe en fait à l'intérieur du pouvoir conservateur, entre le Guide suprême Ali Khamenei et le président Mahmoud Ahmadinejad. Le tout dans un contexte à nouveau très tendu entre Téhéran et les puissances occidentales à propos du programme nucléaire iranien.

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Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

Les électeurs votaient dans un esprit bon enfant dans les bureaux de vote de Téhéran. Dans une école du centre de la capitale, une trentaine d’électeurs sont mélangés pour voter. En l’absence d’isoloirs, certains se consultent, alors que d’autres recopient des noms à partir de listes publiées dans la presse.

A Téhéran, chaque électeur peut écrire jusqu’à trente noms sur le bulletin de vote pour élire les trente députés de la capitale.

« Je vote pour mon pays », affirme Abbas, un homme d’une soixantaine d’années, venu voter en compagnie de sa femme et de son fils. Et il ajoute aussitôt qu’il faut régler les problèmes économiques, en particulier, l’insertion et le chômage.

A la grande mosquée de Narmak, quartier populaire de l’est de Téhéran, c’est la grande affluence. « C’est une gifle à la figure de l’occident arrogant, les sanctions n’ont aucun effet », affirme un enseignant de 19 ans, qui est venu voter pour la première fois. Mais il dit également que les députés doivent régler les problèmes économiques, en particulier l’emploi.

Depuis ce matin, la télévision iranienne montre des images de bureaux de vote en province, dans les grandes villes, mais aussi dans les petites villes de province, où les gens ont commencé à faire la queue pour voter.

Le Guide suprême a voté le premier et demandé aux gens d’aller voter en masse pour, comme il l’avait dit hier, « donner une gifle aux grandes puissances et pour montrer la détermination de la nation iranienne ».

L’objectif et le principal enjeu de cette élection pour le pouvoir, est une forte participation par rapport à il y a quatre ans, où 55 % des électeurs s’étaient déplacés pour aller voter. D’autant plus que cette élection intervient trois ans après la réélection controversée du président Ahmadinejad. Une rélection qui avait été contestée par l’opposition, avec des manifestations assez importantes et plusieurs milliers d’arrestations et des morts.

Du côté des listes électorales, les réformateurs sont largement absents, puisque les principaux partis ont été interdits. Néanmoins, des petits partis réformateurs ont présenté des listes, dans l’espoir de maintenir leur présence au Parlement où ils avaient une soixantaine de députés. Les conservateurs partent également largement divisés, puisqu’il y a énormément de listes conservatrices qui se distinguent, à Téhéran mais aussi en province.

Selon le ministre de l’Intérieur, les résultats définitifs seront disponibles 48 heures ou 72 heures après la fin du scrutin, qui devrait intervenir ce soir, vers dix-huit heures (heure locale) ou vingt heures (heure locale) pour certaines villes.

Ces élections en diront plus sur l'état de la lutte fratricide entre MM. Khamenei et Ahmadinejad que sur le rapport de force entre les conservateurs et les réformateurs. Sans parler du Mouvement vert de 2009, réduit au silence.

Dans le système politique clos de la République islamique, les électeurs devront dire s'ils privilégient la ligne dure incarnée par Le Guide Khamenei (stricte observance religieuse, anti-américanisme et nationalisme intransigeants), ou s'ils choisissent une ligne plus réaliste représentée désormais par le président Ahmadinejad : dialogue ferme mais existant avec l'Occident, notamment sur le dossier nucléaire.

Le résultat aura un impact diplomatique

Si les candidats pro-Ahmadinejad remportent une majorité des 290 sièges au Parlement, cela affaiblira considérablement l'autorité du Guide suprême. Dans le cas contraire, c'est Ahmadinejad qui sera en danger. Chacun compte sur ses soutiens.

Le président peut compter sur une bonne partie des Gardiens de la Révolution, car leurs intérêts économiques sont durement frappés par les sanctions décidées en représaille au programme nucléaire. Les milliers de paramilitaires Basiji supportent en revanche le Guide suprême.

Les résultats seront suivis de près en Occident : la victoire des partisans de l'un ou l'autre aura un impact sur l'état des relations avec l'Iran, et accroîtra, ou diminuera, la possibilité d'une frappe militaire contre les installations nucléaires iraniennes.

RFI

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