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Syrie / Turquie / Réfugiés

Kofi Annan arrive en Syrie, nouvelles défections au sein de l'armée

Alors que l'opposition syrienne ne désarme pas, K. Annan rencontrera samedi Bachar al-Assad et quittera Damas dimanche après des rencontres avec des responsables  gouvernementaux et de la "société civile".
Alors que l'opposition syrienne ne désarme pas, K. Annan rencontrera samedi Bachar al-Assad et quittera Damas dimanche après des rencontres avec des responsables gouvernementaux et de la "société civile". Reuters

L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, est attendu à Damas ce samedi 10 mars 2012, où il va tenter d'obtenir la fin des violences. La responsable des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, a pour sa part déclaré être parvenue à un accord avec le régime pour une « mission d'évaluation humanitaire préliminaire ». Tandis que ce vendredi, on apprenait que des militaires de haut rang avaient trouvé refuge en Turquie.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

C’est la plus importante arrivée de militaires déserteurs syriens en Turquie, et surtout d’un rang aussi élevé. Il y a même parmi eux une femme, la première à faire ainsi défection depuis le début du soulèvement. Leur identité n’a pas été dévoilée et ils sont maintenus quasiment au secret dans une petite base de l’armée turque proche de la frontière où l’on assure leur protection pour éviter des tentatives d’assassinat ou d’enlèvement comme cela avait été le cas en août dernier avec le colonel Harmouche, le premier commandant de l’Armée syrienne libre (ASL).

On ne sait pas exactement combien de ces déserteurs sont actuellement hébergés dans cette base, où reste également depuis le mois de juillet celui qui dirige la rébellion armée au régime de Bachar el-Assad, le colonel Riyad el-Asaad. C’est de là qu’il dirige les opérations en Syrie, auxquelles il participe lui-même de temps en temps. Mais les estimations varient de quelques centaines à un millier, un chiffre qui inclut leur famille.

La hausse de la violence contre les civils conduit forcément à des défections au sein de l’armée et du gouvernement… de plus en plus de responsables politiques et militaires tournent le dos au régime de Bachar al-Assad ; avant de passer à l’acte, ils s’assurent d’abord que leur famille est en sécurité, ensuite ils concoctent un plan pour fuir le pays…

Dans le même temps, les civils sont aussi de plus en plus nombreux à se réfugier en Turquie : les cinq camps du Croissant-Rouge turc accueillent environ 12 000 Syriens, dont un millier est arrivé au cours de la semaine passée. Un nouveau centre d’accueil, en dur cette fois-ci, est en fin de construction.

La visite de Valérie Amos, responsable des opérations humanitaires de l'ONU

Valérie Amos n'a pas dit un mot sur les camps de réfugiés syriens visités incognito dans la matinée ce vendredi ; elle n'a donné aucun détail non plus sur la nature de l’entretien qu’elle a eu avec le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu.

En revanche la diplomate britannique a évoqué ses tractations avec le régime syrien, évoquant une profonde divergence avec Damas : « Le gouvernement syrien a demandé un peu plus de temps pour étudier la proposition que je lui ai présentée. Car en effet à mon avis il est très important que nous ayons un accès humanitaire illimité ».

Après son séjour à Homs, qui l’a beaucoup émue, la responsable de l’agence humanitaire des Nations unies réclame de pouvoir inspecter toutes les zones sensibles, où l’aide humanitaire peut être nécessaire. Mais Damas traîne des pieds.

« Le problème concerne le monde entier »

De son côté, le président turc Abdullah Gül défend lui aussi le droit pour la communauté internationale de s’impliquer dans la crise syrienne : « Si la réponse aux revendications légitimes de la population c’est faire recours à l’armée, utiliser des armes, et faire couler le sang, alors le problème n’est plus une affaire interne syrienne, mais il concerne le monde entier, c’est exactement là que nous en sommes ».

L’émissaire de l’ONU et de la Ligue Arabe pour la Syrie, Kofi Annan, arrive lui ce samedi en Syrie et devrait être à Ankara lundi.

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