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Iran

Une campagne «Achetez iranien» pour contrer les sanctions internationales

Le Guide suprême Ali Khamenei a reconnu implicitement que les sanctions internationales touchaient l'économie iranienne.
Le Guide suprême Ali Khamenei a reconnu implicitement que les sanctions internationales touchaient l'économie iranienne. REUTERS/Caren Firouz

A l’occasion de Norouz, la fête du Nouvel An en Iran, le guide suprême Ali Khamenei a invité les Iraniens à soutenir l’économie nationale, alors que les sanctions internationales pèsent de plus en plus sur le pays.

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Un coup de canon tiré d’un navire de guerre a marqué le passage au Nouvel An en Iran, ce 20 mars 2012. Dans le même temps, les autorités du pays ont formulé leurs vœux lors de discours télévisés. « Le but des douze prochains mois est de soutenir l’économie intérieure, l’investissement et le travail iraniens », a déclaré le Guide suprême Ali Khamenei, la plus haute autorité de l’Etat. Soutenir l’économie iranienne passerait notamment par une campagne d’achat de produits iraniens.

Dans un autre discours, le président de la république islamique, Mahmoud Ahmadinejad, a renchéri en indiquant que son gouvernement s’efforçait de relancer l’économie en augmentant le produit national brut et l’investissement.

Ces deux discours visent à répondre aux sanctions économiques imposées par les pays occidentaux à l’Iran dans le cadre de son programme nucléaire. Si l’Iran parvient à améliorer son économie, « l’ennemi va désespérer et ses efforts pour comploter contre nous seront vains », a promis Ali Khamanei.

Une inflation à 30%

A travers leurs vœux, le Guide suprême et le président reconnaissent implicitement que l’Iran souffre des sanctions internationales. Le 14 mars, lors d’un discours devant le Parlement pour défendre son bilan, Mahmoud Ahmadinejad avait déjà avoué que l’inflation, officiellement de 21%, était en réalité de 30% et que le rial, la monnaie iranienne, avait perdu 55% de sa valeur par rapport au dollar depuis un an. La situation n’est pas due à la politique du gouvernement, avait expliqué en substance le président iranien. Sous-entendu, elle serait due aux sanctions internationales.

L’Iran qui refuse de transiger sur son programme nucléaire, que les Occidentaux jugent dangereux car il servirait, selon eux, à fabriquer la bombe atomique sous couvert de programme nucléaire civil, est soumis à des sanctions internationales depuis 2006.

Entre 2006 et 2010, l’ONU a entériné quatre séries de sanctions, portant essentiellement sur l’interdiction d’exporter du matériel nucléaire et des armes vers l’Iran. Une liste d’entreprises et de personnalités iraniennes ont également vu leurs avoirs gelés.

Des sanctions aux effets mitigés

De son côté, l’Union européenne a imposé ses propres sanctions qui ont été renforcées ces derniers mois. Le 23 janvier 2012, les Européens ont ainsi décidé d’interdire les exportations de pétrole iranien vers l’UE, de geler les avoirs de la Banque centrale iranienne, et d’interdire le commerce d’or et de métaux précieux avec l’Iran. Le 15 mars, l’Union a également décidé de priver les institutions financières iraniennes du réseau de transferts interbancaires Swift, toujours dans le but d’assécher les sources de financement du régime de Téhéran.

Ces sanctions internationales ont-elles eu un réel effet sur le régime iranien ? Selon Azadeh Kian, professeur de sociologie à l’Université Paris VII-Diderot et chercheuse au CNRS, l’effet est mitigé. Ces sanctions « semblent fonctionner dans les secteurs pétroliers et gaziers contrôlés par les Gardiens de la Révolution », explique-t-elle dans son ouvrage L’Iran, un mouvement sans révolution ? (Editions Michalon).

En revanche, selon elle, les sanctions décidées depuis 2006 par l’ONU « ont fragilisé les groupes sociaux les plus structurés et les plus ouverts sur le monde extérieur, y compris occidental, en particulier les classes moyennes modernes et instruites et les entrepreneurs privés ». Mais la chercheuse conclut en estimant que la situation économique interne pourrait bien provoquer le mécontentement de la population et mener, pourquoi pas, à une révolution sociale en Iran.

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