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Syrie / ONU

Les doutes s’accumulent sur l'efficacité du plan Annan en Syrie

Des pompiers tentent d'éteindre les incendies déclarés lors de l'attentat le plus sanglant depuis le début du soulèvement anti-régime, à Damas, le 10 mai.
Des pompiers tentent d'éteindre les incendies déclarés lors de l'attentat le plus sanglant depuis le début du soulèvement anti-régime, à Damas, le 10 mai. REUTERS/Sana/Handout

La mission de Kofi Annan peut-elle encore sortir la Syrie de la guerre civile dans laquelle le pays est en train de s’enfoncer ? Près d’un mois après l’arrivée des premiers observateurs de l’ONU en Syrie, le plan Annan est bien mal en point. Sur le terrain, les violences sont loin d’être terminées. Le cessez-le-feu n’est respecté ni par les forces syriennes, ni par l’opposition. Pire, l’explosion de deux voitures piégées au cœur de Damas, hier jeudi 10 mai, marque l’attentat le plus meurtrier en 14 mois de conflit avec 55 morts.

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Devant le Conseil de sécurité mardi 8 mai, Kofi Annan affirmait pourtant que la présence des bérets bleus sur le terrain a déjà un effet « apaisant » et que les violences diminuent. Dans les couloirs de l’ONU, les diplomates penchent plutôt pour un simple « changement de tactique » de la part des autorités syriennes : « Certes, il y a moins de bombardements et moins d’armes lourdes, décrypte un officiel onusien, mais les forces syriennes intensifient les arrestations, les rafles et les tortures parmi les opposants ». Une répression plus discrète, mais tout aussi réelle. Dans ses négociations avec Damas, Kofi Annan peine à faire appliquer la libération des prisonniers politiques qui figure pourtant dans le plan accepté par la Syrie. Seules 300 personnes auraient été libérées sur plusieurs milliers toujours emprisonnées, sans compter les centres de détention improvisés dans tout le pays et sur lesquels les services de l’ONU n’ont que très peu d’informations.

Faut-il pour autant parler d’échec ?

Au siège des Nations unies, personne ne veut encore officiellement prononcer le mot, mais il est dans tous les esprits. Au sein du Conseil de sécurité, le front des « anti-Assad » emmené par l’Europe et les Etats-Unis considère que le régime syrien utilise la mission Annan pour gagner du temps et s’inquiète du danger à laisser la mission d’observation s’embourber dans une « situation vaseuse», émaillée d’incidents et de promesses non tenues. « Personnellement, je ne crois pas que Kofi Annan peut réussir, mais la vérité est que nous n’avons pas de plan B » confie un diplomate occidental. Aucun pays, même les plus virulents à l’encontre de Bachar el-Assad ne veut s’engager militairement en Syrie. Une mission de l’ONU, même moribonde, est un moindre mal.

Reste que sans résultat concret, le maintien de l’Unmis (Mission de supervision en Syrie) sera difficile à justifier. Le mandat de trois mois expire le 21 juillet prochain. Pour l’instant, la mission de l’ONU continue de se déployer. Le département des opérations de maintien de la paix (DPKO) a accéléré l’envoi des observateurs non armés : une centaine à la fin de la semaine et 300 à la fin du mois de mai. Ils assurent une présence permanente dans les principales villes syriennes. Certains sont déjà pris pour cible. Mercredi 9 mai, un engin explosif a touché le convoi du chef des observateurs, le général norvégien Robert Mood, sur la route entre Damas et Deraa. « Nous étions conscients des risques encourus par les bérets bleus, mais si ces incidents persistent, cela peut remettre en question la présence de la mission et son avenir », prévient le porte-parole de DPKO André-Michel Essoungou.

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