Accéder au contenu principal
France / Banlieues / Qatar

Fonds d’investissement qatarien: feu vert du gouvernement français

Le Premier ministre qatarien Hamad Bin Jassim Al-Thani lors de sa visite à Paris, le 7 juin 2012.
Le Premier ministre qatarien Hamad Bin Jassim Al-Thani lors de sa visite à Paris, le 7 juin 2012. REUTERS/Philippe Wojazer

Après le football et l'immobilier, le Qatar va investir dans les banlieues françaises. L'information a été confirmée ce lundi 24 septembre 2012 : le gouvernement français a décidé de donner son accord à un projet de fonds d'investissement à destination des entrepreneurs issus des quartiers en difficulté.

Publicité

50 millions d’euros, c’est la somme qui devrait être mise sur la table pour abonder ce fonds d’investissement. L’information n’est pas nouvelle : c’est en effet à la fin de l’année 2011 que le Qatar avait fait part de son intention de miser sur les entrepreneurs de banlieues, suite à la sollicitation d’un collectif d’élus locaux réunis au sein de l’Aneld, l’Association nationale des élus locaux pour la diversité.

Mais la nouveauté réside dans la réponse positive apportée ce lundi par les autorités françaises, après de longs mois de tergiversation. Un feu vert assorti, il est vrai, de plusieurs conditions : le fonds devra être également abondé par des investisseurs français, qu’ils soient publics et privés, et sera élargi aux territoires ruraux en difficulté.

« Pour nous c’est une bonne nouvelle, explique Faten Hidri, conseillère régionale d'Ile-de France (PR) et membre de l'Aneld. On a vraiment porté l’idée de défendre ces entrepreneurs des quartiers populaires, qui n’ont pas accès facilement à des financements. Cela a suscité beaucoup d’espoir, puisque l’on a reçu des centaines de dossiers, des gens qui ont mis de l’argent sur la table pour monter des business plan sérieux. C’est de l’investissement, ce n’est pas de la charité, contrairement à ce que certains peuvent dire. »

Un fonds polémique

La naissance de ce fonds d’investissement, inédit en France, n’est pas allée sans susciter son lot de critiques. Certains élus se sont inquiétés d’un désengagement de l’Etat de territoires dont le développement serait désormais confié à une puissance étrangère. Mais la critique la plus virulente est venue de Marine Le Pen, la présidente du Front national dénonçant en pleine campagne présidentielle un fonds « communautaire ». Accusation rejetée en bloc par les élus de l’Aneld. « Ce fonds se base uniquement sur des critères territoriaux, et en aucune manière sur des critères confessionnaux ou communautaires », affirme ainsi Faten Hidri. « On est des élus républicains et il n’est pas du tout question de faire des différences entre citoyens français. Comme je le dis souvent, un Romain habitant à La Courneuve sera plus aidé qu’un Mohammed qui habite dans le XVIe arrondissement de Paris. »

Restent plusieurs zones d’ombre : le montant des sommes qui seront apportées côté français, et le calendrier prévu pour la mise en œuvre effective du fonds. Les élus de l’Aneld, se faisant l’écho des entrepreneurs de banlieue, se disent impatients.

Côté qatarien, aucun commentaire... Mais avec cette initiative, l’émirat confirme son intérêt grandissant pour la France. Au-delà des investissements prestigieux dans le sport (avec le PSG) ou l’hôtellerie (Royal Monceau, Carlton), le Qatar a également pris pied dans un nombre impressionnant d’entreprises françaises au cours des dernières années, de Lagardère à Suez, en passant par LVMH, Vivendi ou encore Total.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.