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Liban / Syrie

Liban: après la bataille de Qousseir, les combats s’intensifient à Tripoli

Des soldats libanais patrouillent dans les rues de Tripoli, le 21 mai 2013.
Des soldats libanais patrouillent dans les rues de Tripoli, le 21 mai 2013. REUTERS/Omar Ibrahim

C'est un prolongement de la bataille de Qousseir, en Syrie. A Tripoli, dans le nord du Liban, les combats se sont intensifiés mardi 21 mai entre Bab el-Tebbeneh et Jabal Mohsen, deux quartiers rivaux. Le premier est sunnite et soutient la rébellion syrienne. Le second est alaouite, et appuie le régime syrien. Les affrontements cycliques se sont intensifiés depuis le début de la crise syrienne. L'armée, qui a perdu deux soldats lundi, s'est déployée dans ces quartiers périphériques et a ouvert le feu, sans parvenir à ramener le calme. Tripoli tombe une nouvelle fois dans la paralysie et la peur.

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Avec notre correspondante à Tripoli, Laure Stephan

Malgré les tirs de kalachnikov voisins, des enfants jouent au ballon à Qobbé. Ils n'ont pas dix ans, mais pour eux, la guerre entre quartiers sunnites et bastion alaouite de Tripoli est devenue une routine. « On est habitués à cette situation, disent des enfants. La guerre ici, elle existait avant qu'on soit nés. Ca dure depuis des années. Les combats s'arrêtent, reprennent. Nous on ne va pas à l'école ces jours-ci. Elle est fermée, à cause des violences ».

Depuis Qobbé, des colonnes de fumée noire s'élèvent dans les rues en contrebas. Des hommes guettent le son des combats. Ahmad, un garagiste de 50 ans, est usé par cette situation. « Le quotidien est très difficile, explique-t-il. Les chefs politiques sont responsables de ces violences. On ne travaille pas, on est tous à l'arrêt, à attendre. Et on n'est pas tranquilles : regardez, cette balle, je l'ai ramassée ici, lundi. C'est bien simple : tant que la guerre se poursuivra en Syrie, elle aura aussi lieu ici ».

Jabal Mohsen l'alaouite soutient le régime syrien. Les quartiers sunnites voisins sont solidaires de l'opposition. Dans les rues, l'armée libanaise a déployé ses blindés. Mais pour Sera, 33 ans, les violences à Tripoli vont se poursuivre. « Tout le quartier de Jabal Mohsen est loyal à Bachar el-Assad, dit-elle. Et puis il y a beaucoup de Syriens à Tripoli, cela pèse beaucoup sur la ville. C'est nous les civils qui payons le prix fort de ces combats. L'armée est déployée, mais qu'est-ce qu'elle peut faire? Elle ne peut qu'empêcher les combats de se propager encore plus massivement ».
 

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