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IRAN / PRESIDENTIELLE

Présidentielle en Iran: qui va succéder à Ahmadinejad?

Saïd Jalili (g.) et Mohammad Bagher Ghalibaf (d.), deux des huit candidats ayant le plus de chance de devancer les autres
Saïd Jalili (g.) et Mohammad Bagher Ghalibaf (d.), deux des huit candidats ayant le plus de chance de devancer les autres REUTERS/Osman Orsal - BEHROUZ MEHRI / AFP

A deux semaines de l’élection présidentielle en Iran, les huit candidats approuvés par le Conseil des gardiens de la Constitution devaient se retrouver ce vendredi soir 31 mai à la télévision d’Etat pour le premier débat de la campagne. Parmi ces postulants, deux semblent avoir plus de chance de devancer les autres : Saïd Jalili et Mohammad Bagher Ghalibaf. Tous deux appartiennent au camp des conservateurs, mais leurs projets politiques et leurs capacités de mobilisation divergent. L’analyse de leurs discours et la relecture de leur passé politique respectif montrent que Ghalibaf est mieux placé pour l’emporter.

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Après l’exclusion de Ali-Akbar Hachémi Rafsandjani, théologien modéré, et de Esfandiar Rahim Mashaïe, bras droit du président sortant, parmi les huit candidats approuvés par le Conseil des gardiens de la Constitution pour l’élection présidentielle du 14 juin 2013, Saïd Jalili et Mohammad Bagher Ghalibaf semblent être les deux principaux concurrents pour succéder à Mahmoud Ahmadinejad.

Bien que tous les deux appartiennent au camp des conservateurs, et sont proches du Guide suprême Ali Khameneï, leurs projets politiques et leurs capacités de mobilisation divergent. Certains éléments montrent que Ghalibaf deviendra très vite le favori du scrutin. Il semble même qu’une partie des réformateurs, voire une bonne tranche de leur électorat, s’apprêtent à ignorer les candidats moins chanceux de leur propre camp et à voter Ghalibaf.

Maire de Téhéran depuis 2005, Mohammad Bagher Ghalibaf apparaît le candidat préféré de la population de cette mégalopole de 14 millions d’habitants. Selon un sondage réalisé par l’Agence iranienne de presse Mehr auprès d’un échantillon de 1 500 votants dans les 22 districts de Téhéran et de ses banlieues, Ghalibaf devance très nettement Jalili : 35,8% des intentions de vote contre 11,5% pour Saïd Jalili.

Jalili, l'inconnu du paysage politique

Secrétaire général du Conseil de sécurité nationale, Saïd Jalili est sévèrement critiqué par certains conservateurs comme, par exemple, Ali Mottahari, député à l’Assemblée islamique, qui insiste sur son manque d’expérience politique et met ouvertement en doute ses capacités à assumer la fonction de président de la République islamique. Plus grave encore, il l’accuse sans ménagement d’être à l’origine de l’élimination de Rafsandjani de la course à la présidence par le Conseil des gardiens de la Constitution. D’après lui, le Conseil a été, dans sa décision, influencé par Saïd Jalili. Disons simplement que la seule expérience politique de celui-ci se résume à ses négociations sans issue avec les instances internationales sur la question nucléaire iranienne.

Aussi bien dans le domaine de la politique étrangère que dans le domaine de la politique intérieure, le discours de Saïd Jalili ne s’éloigne pas de celui d’Ahmadinejad, car cautionné par celui-ci, il a occupé une fonction assez sensible au sein de son gouvernement. Cela explique sans doute qu’il n’y ait dans son discours aucun mot sur l’inflation galopante, le chômage, la corruption, la déconfiture du système bancaire, la dévaluation invraisemblable de la monnaie nationale, la faillite des entreprises, le désarroi des Iraniens face à l’avenir de leurs enfants et leur incertitude face à l’avenir même de leur pays, du moins jusqu’à ce jour.

Ghalibaf, soumis à l'autorité suprême du Guide

Le discours de Mohammad Bagher Ghalibaf paraît assez prometteur. Tout le monde connaît son mépris pour Ahmadinejad. Il critique ouvertement la situation actuelle du pays, l’héritage de huit années de règne du clan Ahmadinejad. Bien que conservateur, Ghalibaf n’hésite pas à mettre en valeur certains aspects de la politique de Rafsandjani pendant sa présidence (de 1989 à 1997) et son projet de reconstruction du pays tout de suite après la fin de la guerre Iran-Irak (1980-1988). Il se veut le détenteur d’un projet réalisable en deux ans pour rendre la prospérité et la stabilité à l’économie du pays. Sa critique de l’inflation galopante est épaulée par des exemples concrets qui montrent bien qu’il est soucieux de trouver un remède à ce fléau qui ruine la vie de la majorité des Iraniens. Il parle de la destruction de l’humanité de l’homme sous le poids de l’indigence.

Son projet s’appelle « Progrès et justice ». Il dit avoir été à l’abri de la corruption et d’après ce qu’on lit sur son site électoral, il n’est pas trop indulgent, vis-à-vis des personnalités politiques qui se sont enrichies. Il dit qu’il respectera la Constitution et il ajoute ensuite que les précédents responsables du pouvoir exécutif ont fait du tort à la Constitution et au bon fonctionnement de celle-ci en négligeant la séparation des pouvoirs. C’est dans cet objectif qu’il affirme que la politique extérieure du pays est l’apanage du Guide de la révolution.

Le Guide aurait déjà fait son choix

Evidemment, Ghalibaf est dévoué au Guide de la révolution, mais on entend souvent dire que celui-ci préfère Jalili. Quoi qu’il en soit, il est peu probable que l’expérience de l’élection précédente se répète. Car, premièrement, les deux favoris appartiennent au même camp politique et deuxièmement, étant maire de Téhéran, Ghalibaf aura le contrôle des urnes de la capitale dont le poids électoral est décisif.

On entend aussi parler d’une révision de la décision du Conseil des gardiens de la Constitution concernant le refus de la candidature de Rafsandjani. Mais il est peu probable que ce Conseil change d’avis et que Rafsandjani entre dans la compétition. Même si cela se produit, il sera certainement trop tard pour qu’il affronte les favoris qui mènent une campagne depuis plusieurs semaines.

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