Accéder au contenu principal
Iran

Pour qui les Iraniens ont-ils le droit de voter?

Des Iraniens dans un bureau de vote, le 2 mars 2012, pour les élections législatives.
Des Iraniens dans un bureau de vote, le 2 mars 2012, pour les élections législatives. REUTERS/Raheb Homavandi

Vendredi 14 juin, les électeurs iraniens choisiront le successeur de Mahmoud Ahmadinejad. Au départ, huit candidats avaient été autorisés à se présenter par le Conseil des gardiens de la Révolution. Mais deux d'entre eux, un conservateur et un réformateur, viennent de se désister pour donner plus de poids à des candidats de leurs bords respectifs. Ce sont donc six candidats qui restent dans la course à la présidentielle.

Publicité

Hassan Rohani est le candidat modéré. Agé de 64 ans, il porte la barbe et le turban. Il est également connu pour être un religieux, mais ses positions sont beaucoup moins radicales que celles des candidats conservateurs qu’il devra affronter vendredi 14 juin.

Son point fort réside dans sa connaissance du dossier nucléaire iranien. Il y a quelques années, c’est lui qui prenait place à la table des négociations pour tenter de trouver un compromis avec les pays occidentaux. Hassan Rohani a d’ailleurs construit son programme électoral autour de ce sujet. S’il est élu, il promet « un règlement du dossier nucléaire. »

Lors de ses meetings, Hassan Rohani arrive à mobiliser les foules. Il n’hésite pas à mettre en avant son carnet d’adresses. Il dit avoir « beaucoup de relations avec les puissances occidentales. » Sa stratégie électorale tourne autour d’un programme précis, qu’il a pris le soin de rédiger. Il dit vouloir sortir le pays de l’impasse sur le nucléaire afin de lever les sanctions économiques qui pèsent sur l’Iran et les Iraniens.

Le désistement de Mohamed Reza Aref

Mohamed Reza Aref, qui a annoncé son désistement, incarnait l’espoir du changement. Il était attendu comme « le sauveur ». Ces derniers jours ce candidat soutenu par la jeunesse iranienne a rempli les stades pour ses discours. Pour les jeunes de ce pays, il incarne l’esprit des réformes. Quatre ans après la fameuse vague de contestation qui a suivi l’élection controversée de Mahmoud Ahmadinejad, Mohamed Reza Aref a symbolisé le changement au sein du paysage politique iranien, le temps d’une brève campagne électorale.

Contrairement aux grandes figures de l’opposition, à l’image de Mir Hussein Moussaoui et de Mehdi Karoubi - en résidence surveillée - ce candidat manque de charisme.

Rassemblement des réformateurs

Conscient qu’il ne pouvait pas défendre ses idées jusqu’au bout et que son maintien dans la course à la présidentielle ne jouait pas en faveur du camp réformateur, Mohamed Reza Aref a décidé de s’effacer au profit de Hassan Rohani.

C’est d’ailleurs toute la famille des réformateurs qui se mobilise désormais derrière Hassan Rohani. Même l’ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, ou encore l’ex-chef de l’Etat, le conservateur Mohamed Khatami, le soutiennent.

Le retrait de Mohammad Reza Aref laisse donc six prétendants à la succession du conservateur nationaliste Mahmoud Ahmadinejad, auquel la Constitution interdit de briguer un troisième mandat.

Cinq des six candidats ont le même programme

Et sur les six candidats encore en lice, cinq sont des fidèles du guide suprême Ali Kahmenei. Leurs programmes sont quasiment identiques. Tous se disent pour l’enrichissement d'uranium. Ils défendent avec ferveur le programme nucléaire iranien à l'origine de vives tensions avec Israël et les puissances occidentales. Ils soutiennent également le régime du président syrien Bachar el-Assad.

Mais peu importe le candidat qui sera élu en Iran, tous les dossiers de portée internationale sont du ressort de l’Ayatollah Ali Khamenei, le véritable numéro un du pouvoir iranien.

Le nouveau président de l’Iran, comme son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad, aura toutefois une influence indirecte. Il aura son mot à dire sur les dossiers de politique intérieure ou encore sur certains pans de l’économie.

Le Conseil des gardiens

Les candidats qui participent au scrutin de ce vendredi 14 juin ont donc soigneusement été choisis par le Conseil des gardiens de la Constitution. Ce Conseil, dirigé par des religieux proches du guide suprême, a verrouillé le scrutin en amont. En mai dernier, il a procédé à la validation ou au rejet des candidatures.

Pour les autorités iraniennes le but, cette année, est d’éviter le scénario de 2009. Il y a quatre ans, le régime iranien avait autorisé la participation de plusieurs candidats modérés. Leur victoire présumée, revendiquée par l’opposition, avait entrainé les mouvements de contestation.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.