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Egypte

Egypte: Hazem el-Beblaoui nommé Premier ministre intérimaire

Hazem el-Beblaoui, ici le 10 septembre 2011 à Marseille au G7 des ministres des Finances.s.
Hazem el-Beblaoui, ici le 10 septembre 2011 à Marseille au G7 des ministres des Finances.s. AFP/GERARD JULIEN

L’ancien ministre égyptien des Finances, Hazem el-Beblaoui, a été nommé Premier ministre par intérim, ce mardi 9 juillet 2013, six jours après la destitution de Mohamed Morsi par l’armée. Il aura pour première mission d'améliorer le quotidien des Egyptiens. Quant au Prix Nobel de la paix 2005, Mohamed el-Baradei, il devient vice-président chargé des relations internationales.

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Hazem el-Beblaoui n'est pas un inconnu pour les Egyptiens. En 2011, après la chute d'Hosni Moubarak, cet économiste de renom international a géré les affaires de l'Etat au plus haut niveau - en tant que vice-Premier ministre et ministre des Finances.

Mais après seulement quelques mois au gouvernement, il quitte son poste pour protester contre la mort de plusieurs coptes, tués par les forces de l’ordre.

Agé de 76 ans, Hazem el-Beblaoui a fait une partie de ses études à Paris et à Grenoble, avant d'enseigner l'économie a l'université d'Alexandrie à partir de 1965. En 1980, il quitte son pays pour entamer une carrière internationale - d'abord dans une banque de Koweït, ensuite aux Nations unies, en tant que secrétaire exécutif de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale. De 2001 à 2011, cet économiste libéral a conseillé le Fonds monétaire arabe à Abou Dhabi.

Grand connaisseur des affaires économiques du Proche-Orient, Hazem el-Beblaoui a écrit de nombreux ouvrages sur le commerce international. Il a toujours défendu l'idée du libre-échange et le respect de l'Etat de droit. Hazem el-Beblaoui a été fait chevalier de la Légion d'honneur française.

El-Beblaoui doit en fait réussir là où les Frères musulmans ont échoué. Il aura pour première mission d'améliorer le quotidien des Egyptiens. L'économie est au plus mal, et les touristes, source de revenus très importante, manquent à l'appel. Les investissements étrangers sont en chute libre.

Comment redresser le pays ? Le nouveau Premier ministre devra négocier avec le Fonds monétaire international pour débloquer une aide de 4,8 milliards de dollars. Hazem el-Beblaoui, avec son expérience, devrait avoir toutes les cartes en mains pour convaincre le FMI, contrairement aux Frères musulmans.


Suite à la double-nomination de ce mardi en Egypte, la réaction des Frères musulmans n'a pas tardé à venir. Ci-dessous, une citation de Hamza Zawbaa, porte-parole du parti de Mohamed Morsi, Liberté et justice, vitrine politique de la confrérie. Il répond aux questions de notre envoyé spécial au Caire, Daniel Vallot.

« M. Beblaoui était le vice-Premier ministre d’un gouvernement du Conseil supérieur des forces armées, juste avant l’élection de Mohamed Morsi ! Le peuple le connaît déjà et l’a déjà testé. C’est un économiste de première classe, mais il n’a rien fait quand il était au pouvoir, rien du tout.

Tous les noms que vous me citez sont déjà connus, ce sont des personnes qui ont juste changé d’uniforme. D’un point de vue technique, Beblaoui et Baradei sont peut-être compétents, mais d’un point de vue politique, ils ne sont pas légitimes. Ils sont arrivés au pouvoir grâce aux blindés de l’armée. Aucun d’entre eux n’a le soutien du vote populaire, aucun !

Qu’il s’agisse de Mohamed el-Baradei ou du président fantoche Adly Mansour, aucun de ces gens n'est arrivé au pouvoir par la volonté du peuple. »


Place Tahrir, la blague s’est répandue parmi les militants : Hazem el-Beblaoui est un révolutionnaire de... 1952, l’époque de la révolte contre le roi Farouk ! Bref, à 76 ans, le nouveau Premier ministre n’incarne pas vraiment la jeunesse égyptienne. Mais chez les militants, on se dit satisfait de ce choix, comme le rapporte la correspondante de RFI au Caire, Perrine Mouterde.

Chérine Chéhady l'avoue volontiers : « Personnellement, je ne connais pas vraiment Beblaoui, je n’ai pas trop entendu parler de lui ». Mais selon elle, « ceux qui l’ont choisi sont des experts et des stratèges. Donc, il doit être le meilleur choix. Pour cette période de transition, nous avons besoin de quelqu’un qui a de l’expertise et de l’expérience. Lui, il a vu beaucoup de choses, il a connu la guerre de 1973. Donc, pour moi, ce n’est pas un problème qu’il soit âgé, au contraire. »

Mohamed Saïd a connu Hazem el-Beblaoui en tant que ministre des Finances après la chute de Hosni Moubarak. « Selon son CV, il a beaucoup d’expertise en politique mais aussi en économie, commente-t-il. Il paraît tout à fait capable de gérer le pays en cette période difficile, et notamment de relever l’économie. C’est ce dont on a besoin. Donc, en attendant que l’on ait un nouveau Parlement, un nouveau gouvernement et un président, oui, je suis content que ce soit Beblaoui. »

Karima Chérif est elle aussi rassurée. « Nous sommes surtout contents qu’il y ait de l’organisation et de la cohésion, confie-t-elle. Il en faut au sein de toutes les institutions d’Etat pour que notre pays puisse retrouver la stabilité, la paix et la sécurité. » En somme, cette nomination apparaît comme l’une des premières étapes d’une longue période de transition.

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