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Etats-Unis/palestine/Israël

John Kerry peut-il relancer le processus de paix israélo-palestinien?

Le secrétaire d'Etat américain, lors de son arrivée à Aman, pour une nouvelle réunion de négociation. Le 19 juillet 2013.
Le secrétaire d'Etat américain, lors de son arrivée à Aman, pour une nouvelle réunion de négociation. Le 19 juillet 2013. REUTERS/Mandel Ngan/Pool

Ses navettes diplomatique dans la région ont-elles fini par payer ? John Kerry a en tout cas annoncé hier soir, vendredi 19 juillet 2013, qu’il avait obtenu un accord de principe pour la reprise des négociations israélo-palestiniennes. John Kerry n’a pas précisé le contenu de l’accord qui ramène Israéliens et Palestiniens à la table des négociations la semaine prochaine. Les deux camps sont-ils en mesure de surmonter les obstacles qui ont empêché toute négociation directe depuis trois ans ?

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Avec notre correspondant à Jérusalem, Nicolas Falez

C’est une Autorité Palestinienne affaiblie qui a donné son accord à John Kerry pour un retour à la table des négociations. Les Palestiniens sont divisés depuis 2007, date de la prise de contrôle de la Bande de Gaza par les islamistes du Hamas. Vendredi soir, ces derniers ont immédiatement rejeté la reprise du dialogue affirmant que le président Palestinien Mahmoud Abbas n’est pas légitime pour négocier au nom du peuple palestinien.

Au-delà de l’opposition du Hamas, l’Autorité Palestinienne devra aussi affronter le scepticisme d’une large frange de la population, qui ne croit plus à un processus de paix resté sans résultat, deux décennies après les accords d’Oslo.

Faible marge de manoeuvre aussi pour Netanyahu

Ce samedi matin, le ministre des Relations internationales et du Renseignement a annoncé la libération de prisonniers palestiniens. «Un nombre limité» a précisé Youval Steinitz. Un geste de bonne volonté dans la perspective des négociations à venir mais, côté-israélien, on peut s’interroger sur la marge de manœuvre dont dispose le Premier ministre Netanyahu. Celui-ci est à la tête d’une coalition très marquée à droite, avec par exemple le parti nationaliste-religieux Habeit Hayehudi, c'est à dire la Maison juive, ouvertement opposé à l’idée d’un Etat palestinien.

Et le Likoud, le propre parti de Benyamin Netanyahu est désormais dominé par des faucons, fervents partisans de la colonisation des territoires palestiniens. Dans le propre camp du Premier ministre, on n’hésite pas à contester ses déclarations de 2009 dans lesquelles il acceptait pour la première fois l’idée d’un Etat palestinien.

En octobre prochain, cela fera vingt ans qu’Israéliens et Palestiniens ont signé les Accords d’Oslo. C’était en 1993, avec une poignée de main historique sur la pelouse de la Maison Blanche. Le processus de paix soulève alors des espoirs immenses de règlement définitif du conflit.

Deux décennies plus tard, l’Histoire a englouti deux des protagonistes de l’époque. Le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin assassiné par un extrêmiste juif en 1995, et Yasser Arafat, premier président palestinien, mort en 2004 après des mois de siège de son palais de Ramallah, durant les violences de la Seconde Intifada.

Les attentats-suicide palestiniens, les opérations armées israéliennes, la division palestinienne de 2007, la poursuite de la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, les roquettes tirées de Gaza et les raids de représailles. Tout cela a fini par saper la confiance.

La dernière relance du processus de paix date de la conférence d’Annapolis en 2007, et les dernières négociations directes remontent à septembre 2010.

Ces dernières années, les soulèvements arabes et la crise du nucléaire iranien ont relégué le vieux conflit israélo-palestinien au second plan des préoccupations internationales. John Kerry vient de créer la surprise en ranimant un processus en état de mort clinique. L’avenir dira s’il s’agit d’un tournant historique, ou d’un énième espoir déçu.

 

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