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Proche-Orient

A Washington, Israéliens et Palestiniens retrouvent les «dossiers qui fâchent»

Tzipi Livni (g.) et Saëb Erakat (d.) négocieront respectivement pour Israël et l'Autorité palestinienne.
Tzipi Livni (g.) et Saëb Erakat (d.) négocieront respectivement pour Israël et l'Autorité palestinienne. REUTERS/Montage RFI

Pour la première fois depuis trois ans, Israéliens et Palestiniens reprennent des discussions de paix cette semaine à Washington. Tzipi Livni négocie au nom de l’Etat hébreu et Saëb Erakat représente l'Autorité palestinienne. Au préalable, le gouvernement israélien s’est engagé à libérer une centaine de détenus palestiniens ou arabes israéliens. Les sujets de discussion ne manquent pas.

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C’est le secrétaire d’Etat américain John Kerry qui a ramené les deux camps à la table des négociations, et c’est à Washington que le dialogue reprend ce lundi 29 juillet, avec le risque de ne pas aboutir davantage que lors des précédentes tentatives.

Le Premier ministre israélien Netanyahou et le président palestinien Abbas suivent à distance cette première séance de pourparlers. En effet, pour l’instant, ce sont les négociateurs des deux camps qui ont rendez-vous.

Tzipi Livni, toujours

Côté israélien, c’est la ministre de la Justice Tzipi Livni qui est en charge de représenter la position de son pays. Lors des législatives de janvier dernier, Tzipi Livni était pratiquement la seule personnalité politique israélienne à faire campagne pour une relance du processus de paix.

Entrée dans la coalition de Benyamin Netanyahu à l’issue du scrutin, l’ancienne chef de l’opposition a immédiatement été chargée des négociations avec les Palestiniens. Une fonction restée virtuelle jusqu’à l’annonce récente de la relance des pourparlers.

Tzipi Livni a déjà pratiqué l’exercice. En 2007-2008, elle était ministre des Affaires étrangères et en première ligne des discussions menées par le Premier ministre de l’époque Ehud Olmert avec, déjà, Mahmoud Abbas.

Saëb Erakat, le retour

En face, c’est Saëb Erakat qui défend les positions de l’Autorité palestinienne. Ce cadre de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) était déjà négociateur lors de la conférence de Madrid en 1991. Il a ensuite travaillé aux côtés de Yasser Arafat puis de Mahmoud Abbas durant les deux décennies du processus de paix d’Oslo, resté sans résultat jusqu’à aujourd’hui.

En 2011, Saëb Erakat est apparu fragilisé aux yeux de son propre camp à la suite de la publication de documents par la chaine al-Jazira, des fuites qui décrivaient l’étendue des concessions que le négociateur semblait sur le point d’accepter dans le cadre d’un accord de paix.

Les frontières et Jérusalem

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a annoncé, ce lundi 29 juillet, la nomination de l'ex-ambassadeur en Israël Martin Indyk comme émissaire des Etats-Unis pour les négociations.

Celui-ci s'est d'ailleurs dit « convaincu depuis quarante ans que la paix était possible ». Les négociateurs se connaissent donc bien, et devront reprendre chacune des grandes problématiques du processus de paix, qui n'ont pour l'instant jamais été résolues.

Premier dossier, premier casse-tête : celui des frontières d’un futur Etat palestinien. L’Autorité palestinienne revendique des territoires conquis par Israël durant la guerre des Six-Jours : la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza. L’Etat hébreu estime que ces lignes de 1967 sont « indéfendables ».

La question de Jérusalem constitue à elle seule un dossier explosif, en raison notamment de la proximité des lieux saints juifs et musulmans. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de leur futur état. Or, Israël a annexé la partie orientale de la ville, ce qui n’a jamais été reconnu par la communauté internationale.

Les colonies et les réfugiés

Intimement liée à la question des frontières : celle des colonies. 340 000 Israéliens vivent en effet en Cisjordanie et 200 000 autres à Jérusalem-Est. En cas d’accord de paix, y aura-t-il ou non des évacuations, comme celle de Gaza en 2005 ? Israël évoque régulièrement le scénario d’un échange de territoires qui lui permettrait d’annexer les « grands blocs » de colonies où vivent la majorité des colons.

Autre dossier délicat et même douloureux : celui des cinq millions de réfugiés, descendants des Palestiniens qui ont fui ou ont été chassés de chez eux lors des violences ayant accompagné la naissance de l’Etat d’Israël en 1948. Les Palestiniens exigent toujours l’application du droit au retour, inacceptable pour les lsraéliens selon lesquels les réfugiés ne pourront s’installer que dans un futur Etat palestinien et non dans les frontières de l’Etat hébreu.

A ces sujets brûlants, les négociateurs devront ajouter celui des attributions d’un futur Etat palestinien, qui ne pourra être que « démilitarisé » selon Israël. Délicate également, la question du partage des ressources en eau, si précieuses dans la région.

 

L'optimisme modéré des Américains

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

A quelques heures de l'ouverture des négociations, un climat d’anticipation règnait aujourd’hui dans la capitale des Etats-Unis. Le président Obama a salué cette reprise du dialogue, sans en cacher les difficultés : « J’espère que tant les Israéliens que les Palestiniens aborderont ces discussions de bonne foi et avec une attention soutenue », a-t-il déclaré, ajoutant que « les Etats-Unis se tiennent prêts à leur apporter leur soutien, avec pour objectif final deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité ».

Concernant le nouvel émissaire spécial pour les négociations, Martin Indyk, on peut souligner qu'outre le fait qu'il soit un ancien ambassadeur américain en Israel, il a aussi été dans sa carrière secrétaire d’Etat-adjoint pour le Moyen-Orient sous Bill Clinton. Il avait alors joué un rôle important dans les pourparlers de Camp David II, avec Yasser Arafat et Ehud Barak. En acceptant ses nouvelles fonctions, Martin Indyk a déclaré qu'il y voyait un défi « intimidant et portant à l’humilité, mais qu’il ne pouvait refuser ».

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