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Arabie Saoudite / ONU

Conseil des droits de l’homme de l’ONU: l'Arabie saoudite, un «pyromane chef des pompiers»

Des membres des forces de sécurité saoudiennes interpellent des migrants éthiopiens,à Ryad, le 9 novembre 2013.
Des membres des forces de sécurité saoudiennes interpellent des migrants éthiopiens,à Ryad, le 9 novembre 2013. REUTERS/Faisal Al Nasser

Malgré les vives critiques de plusieurs organisations non gouvernementales, la Chine, la Russie, Cuba et l'Arabie Saoudite ont été élus, mardi 12 novembre, pour siéger au Conseil des droits de l'homme de l'ONU à partir du 1er janvier prochain. Quatorze des 47 sièges de cet organe des Nations unies installé à Genève étaient à pourvoir. Ses membres sont élus par l'Assemblée générale de l'ONU pour un mandat de trois ans. Parmi ces quatre pays, l’Arabie saoudite compte parmi les plus contestés.

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Avec notre correspondante à Riyad, Clarence Rodriguez

Sous le feu des critiques, le président de la Commission saoudienne des droits de l’homme se défend, rappelant que son pays a fait de réels progrès, ces quatre dernières années et qu’il s’est engagé à « faire respecter les droits de l’homme conformément a la charia, la loi islamique ».

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Bandar bin Mohamed al-Aiban veut sans doute évoquer les microréformes à l’égard des femmes, comme la vente de la lingerie et de produits cosmétiques par des femmes, le recrutement de caissières dans les magasins, la nomination de 30 femmes au conseil de la Choura, entre autres. Il s’agit de réformettes, obtenues a l’arrachée, dans une société profondément sclérosée, souvent réfractaire à la moindre évolution.

Une femme au volant d'une voiture, en Arabie Saoudite, le seul pays au monde à interdire aux femmes de conduire (illustration)
Une femme au volant d'une voiture, en Arabie Saoudite, le seul pays au monde à interdire aux femmes de conduire (illustration) REUTERS/Faisal Al Nasser

Les femmes et les migrants victimes d'atteintes aux droits

En revanche, des droits fondamentaux sont toujours en souffrance. Comme le droit de conduire. Saoudiennes et étrangères sont condamnées a ne pas prendre le volant dans le royaume. Elles ne peuvent pas non plus voyager seules, sans l’autorisation d’un tuteur, d’un père d’un mari ou d’un frère.

→ A (RE)LIRE : Arabie Saoudite: des quartiers de Riyad paralysés par la fièvre répressive des expulsions

Que dire de ces centaines de milliers de travailleurs immigrés illégaux expulsés depuis une semaine ? Pendant des années, ils dépendaient d’un « parrain » saoudien qui leur soutirait des fortunes pour obtenir un permis de travail souvent illégal.

A cause, justement de ces papiers délivrés « au noir », certains de ces hommes et de ces femmes n’ont pas pu régulariser leur situation avant le 4 novembre. Parqués dans un centre d’accueil a la périphérie de Riyad, ils attendent d’être expulsés. D’autres immigrés ne sortent plus de chez eux, de peur d’être emprisonnés.

► A (RE)ECOUTER : 5e Congrès mondial contre la peine de mort (Chroniques des droits de l'homme du 15 juin 2013)

Pour les organisations de défense des droits de l’homme, l’Arabie Saoudite fait partie de ces pays qui violent systématiquement les droits de la personne, bafoue les droits de la femme. Et, surtout, ne respecte pas les engagements pris devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Pour le directeur général de UN Watch, Hillel Neuer, « l’élection de l’Arabie Saoudite par l’ONU est comparable au choix d’un pyromane comme chef des pompiers ».

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