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Iran / Nucléaire

Nucléaire iranien: les négociations prolongées

L'Iran et les grandes puissances se donnent désormais jusqu'au 1er juillet 2015 pour trouver un accord global sur le nucléaire iranien.
L'Iran et les grandes puissances se donnent désormais jusqu'au 1er juillet 2015 pour trouver un accord global sur le nucléaire iranien. REUTERS/Joe Klamar

Au terme d’une semaine d’intenses négociations, Téhéran et les grandes puissances ne sont pas parvenues à s'entendre à Vienne. Pas question pour autant d'en rester là : les négociations sont prolongées jusqu'au 30 juin prochain.

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La prolongation a été officiellement confirmée en début d’après-midi, nous rapporte notre envoyé spécial à Vienne, Sami Boukhelifa. Les nouvelles dates butoir sont désormais le 1er mars 2015 pour trouver un accord politique et le 1er juillet 2015 pour trouver un accord global. Entre temps, tout reste en état. La République islamique n’écope pas de nouvelles sanctions. En contrepartie, elle s’engage à maintenir son programme nucléaire au stade actuel.

L’Iran bénéficie toutefois d’un cadeau non négligeable : le dégel, chaque mois, de 700 millions de dollars de ses avoirs bloqués à l’étranger est maintenu durant cette nouvelle phase de pourparlers. Cette prolongation, selon le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, s’explique par la volonté de trouver un accord crédible. Il révèle que de nouvelles idées sont désormais sur la table des négociations. Elles demandent, dit-il, un examen technique très complexe, donc la nécessité de poursuivre les discussions.

De son côté, le secrétaire d’État américain John Kerry défend également cette extension du dialogue. Cela n’a rien d’un échec, affirme-t-il. Au contraire, l’objectif est de parvenir à un bon accord et il faut se donner du temps pour y arriver. John Kerry appelle enfin le Congrès américain à soutenir cette décision.

Pas une surprise

Pour Clément Therme, chargé d'enseignement sur l'Iran à Sciences Po Paris, cette prolongation n'est en tout cas pas une surprise. « Il était difficile, je pense, pour les deux parties de parvenir à un accord en si peu de temps, compte tenu à la fois de la complexité du dossier, mais aussi des enjeux politiques et symboliques qui sont autour de ces négociations qui durent depuis plusieurs années », estime-t-il.

Et les points d'achoppement étaient trop importants pour parvenir à un accord, analyse pour sa part François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran, et invité de l'émission Décryptage sur RFI :

« L’Iran souhaitait que cet accord soit limité dans le temps – quelques années –, le temps de démontrer sa bonne foi et ses intentions totalement pacifiques. Et du côté occidental, et notamment américain, on envisageait que cette "tutelle" qui serait mise sur le programme nucléaire iranien dure beaucoup plus longtemps, peut-être quinze ans – on parlait même de vingt ans –, ce qui est inacceptable pour les Iraniens.

Il y a aussi le rythme de levée des sanctions. Les Iraniens voudraient évidemment que ces sanctions soient levées quelques semaines, deux-trois mois après, et les Occidentaux traînent des pieds, voudraient ne lever les sanctions qu’en toute fin de parcours, quand les Iraniens, là encore, auront démontré à 100 % qu’ils ne présentent plus de danger pour la prolifération nucléaire. »

La longueur de cette prolongation inquiète l'ancien ambassadeur. « Sept mois, ça ouvre un champ d’inconnues, un champ de risques. On est à la merci, dans une région qui est en pleins soubresauts, d’un incident qui puisse tout faire capoter », craint François Nicollaud.

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