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Jordanie

Vague d'arrestations en Jordanie parmi les Frères musulmans et al Hraq

Le roi Abdallah II de Jordanie, le 10 février 2013, à Amman.
Le roi Abdallah II de Jordanie, le 10 février 2013, à Amman. REUTERS/Ali Jarekji

En Jordanie, l’une des figures importantes des Frères musulmans a été arrêtée jeudi dernier. Il est accusé de mettre en péril les relations avec un pays ami, les Emirats arabes unis. Cette arrestation est la dernière en date d'une vague d'interpellations depuis deux mois d’opposants de tous bords. Certains sont islamistes, d'autres non, mais tous critiquent le régime.

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Avec notre correspondante à Amman

Ces arrestations étaient presque passées inaperçues. Elles se sont faites petit à petit : deux par ci, deux par là ; jamais dans la même ville et jamais en même temps. Vingt-deux personnes ont été arrêtées ces dernières semaines. Leur point commun : avoir toutes été très actives pendant le « printemps arabe ». Le mouvement al Hraq né il y a trois ans a été particulièrement visé. Les membres d'al Hraq ont organisé des manifestations dans tout le royaume, même dans les villages les plus reculés, pour dénoncer le manque de réforme et la corruption du régime.

Autre groupe de militants visés : les islamistes, notamment les membres des Frères musulmans. Le parti est légal en Jordanie ; c'est même le plus grand du pays. C’est donc le « fer de lance » de l’opposition jordanienne. Arrêter plusieurs de ses membres, c’est donner un signal fort.

Les Frères musulmans dans le collimateur

Pour la député indépendante Roula Hroub, le message est clair. La récréation est finie, plus question de laisser l’opposition parler haut et fort. Elle dit s’attendre à d’autres arrestations. La lutte contre un groupe Etat islamique étant la priorité pour la communauté internationale, la Jordanie peut se permettre de mettre en prison ses opposants politiques. Personne ne dira rien. Le parti des Frères musulmans a pignon sur rue. Donc a priori, la Jordanie ne peut pas interdire les Frères musulmans comme l'ont fait d’autres pays dans la région.

Il y a toujours eu une sorte d’entente cordiale entre le régime et les Frères. Ils ont siégé au Parlement et au gouvernement. Le régime de Jordanie ne veut pas écraser les Frères musulmans, mais plutôt faire comprendre à l’aile dure du mouvement qu'elle va devoir assouplir sa façon de faire. Pour la petite histoire, juste avant son arrestation, Zaki Beni Ersheid siégeait dans une réunion où le conseil présent avait décidé la reprise du dialogue avec le gouvernement.

Un régime sous pression

Alors, pourquoi ces arrestations maintenant ? D’abord, il y a la pression des bailleurs de fonds du Golfe qui soutiennent la Jordanie. Les Emirats arabes unis poussent pour une mise au pas des islamistes, et notamment des Frères musulmans. Ensuite, il y a les tensions avec Israël. Le roi a réussi à extorquer à l'Etat hébreux quelques mesures d'apaisement sur la question de la mosquée d'al Aqsa.

Mais dans le royaume, le régime a été critiqué, vilipendé, traité de faible face à un Etat d'Israël tout puissant. Le régime est coincé entre une alliance avec Washington sans laquelle il ne peut pas survivre et une population largement anti-israélienne. Il faut donc faire taire l'opposition. Pour ce faire, il n'y a pas de meilleur moment que lorsque le danger islamiste est à la frontière. Or, la Jordanie a une frontière commune avec la Syrie et avec l'Irak.

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