Accéder au contenu principal

Mort d'un responsable palestinien: la Cisjordanie sous tension

La garde d'honneur palestinienne porte le cercueil du dirigeant Ziad Abou Eïn lors de ces funérailles à Ramallah, le 11 décembre 2014.
La garde d'honneur palestinienne porte le cercueil du dirigeant Ziad Abou Eïn lors de ces funérailles à Ramallah, le 11 décembre 2014. REUTERS/Mohamad Torokman

L'armée israélienne renforce sa présence en Cisjordanie ce vendredi, au lendemain des funérailles d'un haut responsable politique palestinien, à Ramallah. Ziad Abu Eïn, figure du Fatah et ancien ministre, est mort mercredi d'une crise cardiaque dans une manifestation pacifique contre la colonisation israélienne. Une journée sous haute tension s'annonce en ce jour de grande prière pour les musulmans.

Publicité

Avec notre correspondante à Jérusalem,  Murielle Paradon

Des manifestations sont prévues, un peu partout en Cisjordanie, à l’issue de la prière de la mi-journée. Selon un responsable du Fatah, le parti du président palestinien Mahmoud Abbas, une marche doit avoir lieu à Turmus Ayya, le village de Cisjordanie où Ziad Abu Eïn est mort mercredi dans des heurts avec l’armée israélienne.

On ne sait pas s’il y aura beaucoup de mobilisation ou s’il y aura juste les petits groupes de manifestants habituels du vendredi, dont les défilés sont souvent suivis d’incidents avec les forces israéliennes. Les rassemblements se veulent en tous cas pacifiques.
De leurs côtés, l’armée et la police des frontières israéliennes ont dépéché des renforts en Cisjordanie.

Trois options

Plus tard dans la journée, les dirigeants de l’Autorité palestinienne doivent se retrouver pour discuter des suites à donner à la mort de Ziad Abu Eïn. Toutes les options sont sur la table, a dit Mahmoud Abbas. Elles sont au nombre de trois.

Celle tout d'abord de l'arrêt de la coordination sécuritaire entre Palestiniens et Israéliens. Cela ne serait pas sans conséquences graves pour la sécurité d’Israël, car cette coordination sert notamment à déjouer des attentats.

Le président palestinien pourrait aussi accélérer ses démarches auprès des instances internationales : présenter rapidement une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, pour réclamer la fin de l’occupation israélienne en fixant une date butoir.

Il y a enfin la possibilité de l’adhésion à la Cour pénale internationale. Elle permettrait aux Palestiniens de poursuivre des responsables israéliens pour crimes de guerre.

Des décisions pourraient être annoncées dès ce soir. En attendant, les responsables de l'Autorité palestinienne ne dissimule pas leur ras-le-bol, à l'instar de Saeb Erekat. Ce cadre chargé de négocier avec les Israéliens appelle à prendre des mesures face aux Israéliens, et à leur Premier ministre :

« [Benyamin] Netanyahu ne peut continuer à traiter l’Autorité palestinienne comme si elle n’avait aucun pouvoir. Il ne peut pas continuer la colonisation en toute impunité. Il y a des mesures à prendre, comme par exemple laisser les Israéliens exercer leur plein pouvoir d’occupant, ce qui inclurait la suspension de la coopération sécuritaire entre Palestiniens et Israéliens. Ziad Abu Eïn est le 2 625e Palestinien tué depuis le mois de juin, 10 000 ont été blessés, 80 000 maisons détruites. Il y a eu les attaques contre la mosquée Al-Aqsa, la mort de Mohamed Abou Khdeir, brûlé vif. Cette politique doit cesser. La campagne électorale s’ouvre en Israël, et nous sommes inquiets de la voir s’ouvrir avec le sang palestinien, la démolition des maisons, la confiscation des terres. La communauté internationale doit se dresser contre cela. Trop c’est trop. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.