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Projet palestinien de résolution: les Etats-Unis n’en veulent pas

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu à Rome, le 15 décembre 2014.
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu à Rome, le 15 décembre 2014. REUTERS/Evan Vucci

Après avoir longuement rencontré le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu à Rome, le secrétaire d'Etat américain John Kerry espère dissuader les Palestiniens de déposer dès mercredi, via la Jordanie, un projet de résolution devant les Nations unies réclamant la fin de l'occupation israélienne dans un délai de deux ans. Pourquoi ce projet de texte pose-t-il problème ?

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Après les massacres à Gaza, Mahmoud Abbas le président palestinien avait prévenu : « L'avenir proposé par le gouvernement israélien aux Palestiniens est, au mieux, fait de ghettos isolés sur des terres morcelées, sans frontières, sans souveraineté sur son espace aérien, son eau et ses ressources naturelles, un avenir sous le joug de colons racistes et d'une armée d'occupation, au pire cet avenir prendra la forme la plus abjecte de l'apartheid ».

Auparavant, le président palestinien avait accepté que les négociations de paix avec Israël continuent durant neuf mois sans que la colonisation israélienne des terres de Cisjordanie ne soit interrompue, à la demande du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu. Là aussi, ce fut en échec.

Une motion au Conseil de sécurité de l'ONU.

Aujourd'hui, les Palestiniens entendent placer la communauté internationale devant ses responsabilités. Il n'y a pas à tergiverser. L'occupation est illégale, et si elle se poursuit (et elle se poursuit depuis 1948) elle doit donc être condamnée et stoppée. Les Palestiniens ont donc annoncé qu'ils vont déposer au plus tard ce jeudi une motion au Conseil de sécurité de l'ONU. Le texte réclame la fin de l'occupation israélienne sur les territoires palestiniens d'ici novembre 2016, soit un délai de deux ans pour mettre fin à l'occupation et aboutir à la création d'un Etat palestinien. Voter contre signifierait donc en fait permettre à l'occupation de continuer.

Difficile dans ces conditions d'utiliser son droit de veto comme les Etats-Unis, à la demande d'Israël, envisagent de le faire. Il faut donc trouver une nouvelle formule. Une ultime médiation menée par la France est en discussion, c'est ce que confirme Mohammad Shtayyeh, le négociateur palestinien. joint par notre correspondant à Bethélem, Nicolas Ropert, il affirme que le représentant de son camp, Saheb Errakat, « Il reste juste quelques détails à régler entre les ambassadeurs français et palestinienes à l'ONU. Ils doivent mettre la touche finale à une proposition commune [...] S'ils arrivent à se mettre d'accord, la motion sera envoyée ce mercredi, s'ils n'y arrivent pas, ce sera le lendemain, mais pas au-delà. Nous sommes ravis de l'engagement français. Ils ont réussi à emmener avec eux les Britanniques, les Allemands et la plupart des pays européens. »


Le parlement européen s’apprête à reconnaitre ce mercredi le principe de la reconnaissance d’un Etat palestinien

Le texte final de la résolution a longuement été débattu. Mais Gilles Pargneault, eurodéputé socialiste qui a été à l’initiative de ce vote pour la reconnaissance de l’Etat palestinien, est satisfait :

« Le mot "en principe" peut apparaître comme étant un recul, et en même temps, nous avons la reconnaissance qui est inscrite dans le texte de la résolution que nous allons adopter. Notre parlement va avoir un vote symbolique, politique, pour que ces deux Etats puissent coexister en paix et en sécurité, l'Etat d'Israël, l'Etat de la Palestine. »

Un enthousiasme partagé par Karima Deli, eurodéputée verte :

« Affirmer la voix du parlement européen sur la scène internationale en faveur de la paix après une vague de reconnaissance d'un Etat palestinien, que ce soit en Espagne, en Angleterre, en Irlande, etc, je pense que symboliquement, le message qu'on va envoyer du Parlement européen peut déjà changer la donne. »

La résolution devrait en tous cas être adoptée par le parlement à une large majorité.

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