Accéder au contenu principal
Irak

A Erbil, les chrétiens d'Irak fêtent Noël la mort dans l'âme

Des enfants irakiens devant une crèche de Noël à Erbil, le 24 décembre 2014.
Des enfants irakiens devant une crèche de Noël à Erbil, le 24 décembre 2014. AFP PHOTO / SAFIN HAMED

Il y a dix ans, ils étaient 1 million. Aujourd'hui, ils sont à peine 300 000. Certains chrétiens d'Irak ont été tués par l'organisation Etat islamique, mais la majorité a fui à l'étranger ou a dû se déplacer à l'intérieur du pays, principalement vers le Kurdistan irakien. Venus de Mossoul, de Qaraqosh, ceux qui ont tout abandonné à l'exception de leur foi ont tenu, ce mercredi 24 décembre en soirée, à célébrer Noël dans les camps de réfugiés d'Erbil.

Publicité

Avec notre envoyé spécial à Erbil, Sami Boukhelifa

Plusieurs messes ont été célébrées mercredi soir à Erbil par les chrétiens d'Irak. Il y a eu aussi des processions. Les fidèles se sont rassemblés dans la rue, au pied d’une église, et main dans la main, ils ont formé un cercle pour prier et chanter. Un énorme feu a été par la suite allumé, un peu comme le feu de la Saint-Jean en France. Malgré des conditions de vie actuellement précaires, ils ont tenu à fêter dignement la naissance de Jésus, dans la plus pure tradition chrétienne irakienne.

Erbil, le 24 décembre 2014.
Erbil, le 24 décembre 2014. RFI / Sami Boukhelifa

Ces chrétiens sont très courageux. Mais malgré les célébrations, bien que souriants, certains sont très tristes.

En quittant l'été dernier leurs villes d’origine, comme Mossoul, Ninive et surtout Qaraqosh, ils ont l’impression d’avoir abandonné leurs églises, de les avoir en quelque sorte livrées au groupe Etat islamique, qui les a chassés de chez eux. L'inquiétude règne, surtout lorsqu’on sait que les jihadistes n’hésitent pas à faire sauter des mosquées. C’est dire ce qu’il peut advenir des lieux de culte chrétiens.

Mais on peut dire qu'à Erbil, les chrétiens ont passé un agréable réveillon. Les enfants dans les camps ont même eu droit à leur cadeau au pied du sapin. L’association française SOS chrétiens d’Orient, dont les bénévoles font un travail formidable en Irak, a fait le nécessaire pour que la fête soit réussie.


■ TÉMOIGNAGE

Cet été, les jihadistes ont posé un ultimatum aux chrétiens d'Irak : la conversion à l'islam ou la mort. Pour survivre dans la foi de leurs parents, les Assyro-Chaldéens ont donc dû prendre la route de l'exil. La France en a accueilli quelques centaines. Pour Thomas Yalda, arrivé en août dernier avec une partie de sa famille et dont deux filles sont au Kurdistan, ce premier Noël hors d'Irak est empreint de nostalgie et de tristesse. « C'est très dur et très triste pour moi », confie-t-il, avant d'ajouter : « On va prier pour ceux qui sont restés dans le pays. » Ci-dessous, son témoignage sur nos antennes.

Thomas Yalda: «Quand nous étions chez nous à Qaraqosh, Noël, c'était formidable. Mais maintenant, on est triste, on est vraiment tristes pour les chrétiens d'Irak»

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.