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Iran

Manœuvres militaires en Iran: les Gardiens se font discrets

Une photographie d'un sous-marin iranien de conception russe prise par l'armée américaine en 2005.
Une photographie d'un sous-marin iranien de conception russe prise par l'armée américaine en 2005. Armée américaine

L'Iran a annoncé des manœuvres militaires d'envergure dans le détroit d'Ormuz, jusque dans le golfe d'Aden. Ce sont les premiers exercices de cette taille depuis l'élection de Hassan Rohani en 2013. Signe de la volonté du président de réduire l'influence des gardiens de la Révolution, ces derniers sont pour la première fois relativement discrets dans cette démonstration de force.

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Les forces armées iraniennes ont entamé ce jeudi 24 décembre un exercice de grande ampleur. Au sol, l'armée de terre mène des exercices dans le sud-est du pays, dans les provinces du Sistan-Balouchistan et du Hormozgan. En mer, la marine manoeuvre principalement en mer d'Oman et dans le Détroit d'Ormuz.

Selon les autorités militaires iraniennes, citées par les médias nationaux, cet exercice baptisé « Mohammad Rassoul Allah », « Mohammed le messager d'Allah », doit durer six jours. 13 000 soldats sont mobilisés ainsi que tout l'arsenal iranien, terrestre et maritime, en plus de drones et de missiles.

Discrétion des Gardiens de la Révolution

Si des exercices de grande envergure n'ont rien d'exceptionnel en Iran, celui-ci semble se démarquer par son organisation. Les Gardiens de la Révolution, s'ils sont inévitablement de la partie, sont plus discrets qu'à l'accoutumée. « C'est la première fois que les forces classiques sont mises en avant d'une telle manière », remarque Vincent Eiffling, spécialiste de l'Iran à l'université catholique de Louvain.

Sur les photos diffusées par les médias iraniens, ce sont ainsi des matériels militaires de l'armée de terre et de la marine qui sont visibles. Même sur les journaux contrôlés par les Gardiens de la Révolution, ces derniers sont quasi-invisibles. « Cela cadre assez bien avec la politique [du président iranien] Rohani qui cherche à diminuer l'influence des Gardiens de la Révolution, estime Vincent Eiffling. Ces dernières années, l'armée a beaucoup souffert de ce déséquilibre, qui avantageait les gardiens de la Révolution en matière de responsabilités et de budgets. »

Le général Abdolrahim Moussavi, qui commande l'exercice, a déclaré aux médias que l'un des objectifs majeurs de ces exercices est de « transférer l'expérience vers les jeunes ». Au sein des forces iraniennes, l'armée et les gardiens de la Révolution disposent de doctrines militaires, de hiérarchies et de moyens distincts et très différents. « L'armée traditionnelle le dit très clairement : son objectif n'est pas de jouer les « va-t-en guerre », ils sont focalisés sur la défense du territoire », explique Vincent Eiffling. A l'inverse, les gardiens de la Révolution disposent d'un arsenal de méthodes non-conventionnelles, comme des unités entrainées à mener des attaques suicides en bateau afin de bloquer le détroit stratégique d'Ormuz.

Ambition régionale

Les forces iraniennes ont annoncé leur ambition de progresser jusqu'au golfe d'Aden, alors qu'elles n'étaient jamais allées aussi loin. La semaine dernière, l'amiral Habibollah Sayari, qui commande la marine, a appelé les autres flottes à « quitter la zone » tout en assurant que ces exercices ne constituent pas un « danger pour les forces étrangères se trouvant dans le golfe Persique ».

Un message qui vise très directement la Ve flotte américaine, basée de l'autre côté du Golfe, à Bahreïn. Iraniens et Américains se sont régulièrement livrés à une guerre des nerfs dans ce passage stratégique pour le commerce mondial, notamment en ce qui concerne les livraisons de pétrole.

« Tout laisse à penser que les Américains ne vont pas jouer la carte de la provocation et vont sans doute laisser faire les Iraniens puisqu’ils ne cherchent pas une escalade, même rhétorique », assure Vincent Eiffling. Pour Washington, la priorité reste en effet de pouvoir poursuivre les négociations sur le nucléaire, en espérant que des relations plus normales ne puissent de nouveau être nouer entre les deux pays.

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