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Arabie saoudite

Arabie saoudite: la flagellation du blogueur Raif Badawi reportée

Manifestation de soutien à Raif Badawi devant l'ambassade d'Arabie saoudite à La Haye,  aux Pays-Bas, le 15 janvier 2015.
Manifestation de soutien à Raif Badawi devant l'ambassade d'Arabie saoudite à La Haye, aux Pays-Bas, le 15 janvier 2015. AFP PHOTO / ANP / MARTIJN BEEKMAN

Tous les regards étaient tournés, ce vendredi, vers l’Arabie saoudite où un jeune blogueur, Raif Badawi, devait subir une deuxième session de flagellation en public, après la prière, devant la mosquée de al-Jaffali à Jeddah. Celle-ci n'a pas eu lieu, pour « raisons médicales », selon son épouse, réfugiée au Canada. Le lauréat du prix Reporters sans frontières pour la liberté de la presse 2014 a été condamné à 10 ans de prison et à 1000 coups de fouet.

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Avec notre correspondante à Riyad

Raif Badawi est un jeune Saoudien de 31 ans, c’était d’ailleurs son anniversaire le 13 janvier dernier. Il a remporté le prix Reporters sans frontières pour la liberté de la presse 2014. Le jury a voulu récompenser ce jeune net-citoyen saoudien pour avoir exercé ses droits de l'homme dans un pays, l’Arabie saoudite, où ces droits ne sont pas reconnus.

Raif Badawi est marié. Sa femme et ses trois enfants - Enjoua 11 ans, Terad 10 ans et Meriem 7 ans - sont réfugiés au Canada, dans la ville de Sherbrooke au Québec depuis un an. Ensaf, son épouse, a expliqué à RFI dans un français approximatif qu’elle était très inquiète qu’elle craignait que son mari ne puisse supporter physiquement une deuxième série de coups de fouet. Il est mal en point. Et il n'a personne pour le défendre, son avocat Walleed Abulkhair est lui aussi en prison, a-t-elle expliqué, en pleurs.

Prisonnier d’opinion pour les défenseurs des droits de l’homme

Raif Badawi est emprisonné depuis 2012. Il a été condamné par la cour d’appel à Riyad, en septembre dernier, à 10 ans de détention, 225 000 euros d'amende, et à 1 000 coups de fouet répartis sur 20 semaines, autrement dit, 50 coups de fouet chaque vendredi. La justice saoudienne l’accuse « d’insultes à l’islam », d’apostasie et de désobéissance au père, ce qui est un délit en Arabie saoudite.

Raif et son père ne se sont jamais entendus. M. Badawi père n’aurait d’ailleurs rien entrepris pour libérer son fils - au contraire - lorsque les autorités ont accusé Raif d’insultes à l’islam. En réalité, le jeune journaliste animait des débats politiques sur un forum de discussion en ligne où il faisait l’apologie de toutes les religions. Il affirmait : « Musulmans, juifs, chrétiens et athées sont tous égaux. » Son site, Libérez les libéraux saoudiens, avait été créé en 2006.

Mobilisation internationale

Les organisations des droits de l’homme Amnesty International et Reporters sans frontières sont activement mobilisées. Hier matin, elles ont déposé une pétition de plus de 30 000 signatures à l’ambassade d’Arabie saoudite à Paris. Et elles maintiennent la pression. Les gouvernements des Etats-Unis, du Canada, d’Italie, des Pays-Bas, de l’Allemagne et de la Norvège ont fermement condamné la flagellation de Raif Badawi.

Ils demandent aux autorités saoudiennes d’annuler cette torture. En revanche, toujours pas de réactions du côté du gouvernement français. Après un début de mobilisation plutôt timide, des milliers de personnes à travers le monde expriment leur indignation sur les réseaux sociaux. Ces internautes ont compris que la vie de Raif Badawi était en danger.

 → Pour suivre la mobilisation sur Twitter, suivez les hastags # JesuisRaifBadawi
 

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