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France / EI / Irak

La France engage le «Charles-de-Gaulle» contre le groupe EI

La France a engagé lundi son porte-avions «Charles-de-Gaulle» dans les opérations de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI).
La France a engagé lundi son porte-avions «Charles-de-Gaulle» dans les opérations de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI). DR

La France a engagé ce lundi 23 février son porte-avions Charles-de-Gaulle dans les opérations de la coalition nationale internationale contre l’organisation Etat islamique, à qui le nouveau chef du Pentagone Ahston Carter a promis une « défaite irréversible ». Une entrée en scène très médiatisée du fleuron de l’aéronavale française.

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En déployant le navire amiral français, la France envoie un signal vis-à-vis de ses partenaires qui luttent contre l'organisation Etat islamique en Irak en Syrie. « Votre présence montre notre force, elle n’est jamais anodine, elle est porteuse d’alliances et des coopérations », a assuré à bord du Charles-de-Gaulle le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian devant les journalistes invités à bord.

Dans le golfe Persique, le porte-avions français sera intégré au groupe aéronaval américain TF-50 constitué autour du Carl Vinson déjà présent dans la région. L’aéronavale et l’US Navy ont en effet « atteint d’interopérabilité de très haut niveau », a souligné le ministre français de la Défense.

Main dans la main avec les Etats-Unis

Preuve la plus visible de cette « standardisation », les bâtiments de guerre américains peuvent accueillir sans problèmes les avions français Rafale, alors que les lourds F18E Super Hornet de la marine américaine sont également en mesure d’apponter sur le Charles-de-Gaulle. Si d’un point de vue purement opérationnel, cela ne présente pas vraiment d’intérêt dans le cadre de la présente opération Chammal en Irak, cette « compatibilité » pourrait trouver un prolongement entre 2016 et 2018 lorsque le porte-avions nucléaire français sera en arrêt technique majeur. Une longue période d’immobilisation en cale sèche afin d’intervenir sur la machinerie nucléaire du navire, durant laquelle les pilotes seront privés de l’unique porte-avions battant pavillon tricolore.

Enfin, si Paris accepte de travailler étroitement avec les Américains dans le Golfe, le Pentagone offre aussi une aide précieuse à la France dans sa lutte contre les mouvements au Sahel, et plus largement dans le domaine du renseignement et la lutte antiterroriste. Enfin, détail d’importance, ce sont des avions de transport américains C2 Greyhound qui vont acheminer à bord du bateau français les dizaines de journalistes appelés à couvrir cette guerre à distance.

« Le Charles-de-Gaulle reste bien sûr sous strict commandement national comme c’est toujours le cas, y compris quand nous nous battons en coalition, tient néanmoins à préciser l’eurodéputé UMP Arnaud Denjean, spécialiste des questions de défense. Il peut y avoir une coordination sur les objectifs à traiter mais depuis l’engagement de la France en Irak contre l’organisation Etat islamique, qui remonte déjà au mois de septembre l’année dernière, il avait été bien spécifié que la France agirait de façon autonome. »

Quelques semaines de frappes en Irak

Venu encourager les marins français avant le lancement des opérations, le ministre de la Défense a assuré que « la France sera d’une fermeté totale » vis-à-vis des terroristes « jihadistes qui voudraient atteindre nos ressortissants, nos intérêts et nos valeurs ». Ce 23 février, l’aéronavale française lance ses opérations en Irak depuis les eaux du golfe Persique, une position qui permettra d’intervenir plus facilement en Irak et au Kurdistan, comparé aux Rafale de l'armée de l'air basé à al-Dahfra, aux Emirats Arabes Unis. Pour se rendre au-dessus de l'Irak depuis le golfe, il faut en effet environ une heure et demie, contre trois ou quatre heures depuis les Emirats Arabes Unis.

Autre avantage, le porte-avions est « autonome ». Des Rafale équipés de nacelles spéciales, appelés « nounous », peuvent ravitailler d’autres chasseurs, sans avoir à faire appel aux gros avions-citernes Boeing KC-135, devenus rares compte tenu de leur âge et de leur sollicitation, en opérations extérieures notamment.

Mais engager le porte-avions ne veut pas dire qu'il y aura forcément une multiplication des bombardements en Irak. En fait, le porte-avions permettra certainement aux équipages de l'armée de l'air engagés depuis le 19 septembre de souffler un peu.

Trouver les bonnes cibles…

Depuis le début de l’opération Chammal, l'armée française a conduit de très nombreux vols de renseignement, mais n’a réalisé que 46 frappes au-dessus de l'Irak, bombardant 80 objectifs, selon l’état-major des armées. Le dernier objectif rendu public était une usine de soda, à l'ouest de Bagdad, transformée en site de production de bombes artisanales. Une cible relativement « simple » à atteindre car fixe.

L’affaire est autrement plus compliquée pour les pilotes d’avions de chasse quand il s’agit de survoler une zone d’intérêt durant de longues minutes en attentant qu’un combattant du groupe EI clairement identifié (positive ID) veuille bien se montrer.
Afin d’éviter les pertes civiles et de frapper l’adversaire au bon moment et au bon endroit, le renseignement est primordial. A ce stade, une centaine de forces spéciales françaises seraient déployées en Irak pour ces missions.

La récente frappe de l’usine à IED (Improvised Explosive Device) a été réalisée par des Mirage 2000D français basés en Jordanie, dont les équipages, loin des caméras de télévision, effectuent un travail discret mais efficace. La coalition internationale a mené un total de 2 000 frappes en Irak et en Syrie depuis l'été 2014.


« Un signe politique très fort »

« L’envoi d’un porte-avions où que ce soit est un signe politique très fort, estime Yves Fromion, député UMP. A qui est destiné le message ? Certes aux combattants sur le sol, mais après tout on peut dire que les avions sont les mêmes : les Rafale qui décollent d’un porte-avions, qui décollent d’une piste, d’un aérodrome, et les armes sont les mêmes. Ce n’est donc pas là que le signe est dirigé. »

La mise à la disposition de la coalition du Charles-de-Gaulle, pour huit semaines, « est avant tout un signe dirigé vers les pays arabes pour leur montrer que la France est à leur côté dans la phase de déstabilisation politique que fait courir à cette région le développement de Daech », ajoute le député.

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