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Yémen

L’engagement au Yémen ravive des souvenirs cuisants aux Egyptiens

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, après une rencontre avec le Conseil des forces armées, samedi 4 avril au Caire.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, après une rencontre avec le Conseil des forces armées, samedi 4 avril au Caire. AFP PHOTO / HO / FADI FARES / EGYPTIAN PRESIDENCY

L’Egypte est engagée aux côtés de l’Arabie saoudite dans l’opération « Tempête de la fermeté », lancée le 26 mars dernier. Une campagne de frappes aériennes pour tenter de contrer la progression des rebelles chiites Houthis qui rappellent de bien mauvais souvenirs aux Egyptiens : huit ans d’une guerre dans laquelle 25 000 soldats égyptiens ont péri dans les années 1960.

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Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi est intervenu à la télévision, samedi 4 avril, pour justifier la participation égyptienne à la coalition conduite par l’Arabie saoudite contre les rebelles Houtis au Yémen. Cette communication, une dizaine de jours après le début de l’opération « Tempête de la fermeté », est en réponse au célèbre et influent journaliste égyptien Hassanein Heykal.

Ce dernier, dans une interview télévisée, a en effet affirmé que la guerre au Yémen n’était « pas la solution ». Celui qui avait été un proche conseiller du président Gamal Abdel Nasser dans les années 1960 a ajouté qu’il fallait que les Egyptiens se demandent s’ils sont « prêts à affronter les retombées d’une guerre ». Une question d’autant plus importante que « nous avons eu une expérience au Yémen dont nous n’avons pas tiré les conséquences », a insisté Hassanein Heykal, faisant référence à l’intervention militaire égyptienne au Yémen dans les années 1960.

Le Yémen, un « Vietnam » égyptien

Celle-ci a duré de 1962 à 1970. Les Egyptiens avaient alors soutenu un soulèvement militaire contre l’imam qui régnait alors sur le Yémen qui, lui, était soutenu par l’Arabie saoudite. A l’époque, l’Egypte progressiste était à couteaux tirés avec la conservatrice Arabie saoudite, avec en arrière-plan les Soviets et les Américains. L’imam appartenait à la secte chiite des Zaydis, la même que celle des Houthis, que Saoudiens et Egyptiens combattent aujourd’hui. Après l’envoi d’experts militaires, les Egyptiens ont envoyé plusieurs fois des contingents de soldats, jusqu’à parvenir à 70 000 hommes présents au Yémen. Une guerre qui est devenue un « Vietnam » pour l’Egypte, qui a perdu 25 000 hommes et a vu son économie s’effondrer. Sans parler de la catastrophique défaite de 1967 face à Israël.

Pour répondre à ces appréhensions, le président Sissi a souligné que l’objectif principal était de sécuriser le détroit de Bab al-Mandeb, vital pour l’Egypte, puisqu’il contrôle la mer Rouge et, donc, le canal de Suez. Pour l’instant, l’Egypte n’a engagé que sa marine et son aviation militaire. Reste à savoir si les Égyptiens ne seront pas priés par les Saoudiens, grands bailleurs de fonds de l’Egypte, d’envoyer des troupes au Yémen. Selon certains journaux égyptiens, les déclarations de Sissi seraient une sorte de préparation du terrain. Un terrain dangereux, vu le traumatisme du Yémen, qui n’a toujours pas été oublié en Egypte.

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