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Syrie

Syrie: après Palmyre, Hassaka en péril

Une colonne de fumée s'élève de la Ghouta, dans la banlieue de Damas, après un probable bombardement aérien de l'aviation syrienne, le 17 mai 2015.
Une colonne de fumée s'élève de la Ghouta, dans la banlieue de Damas, après un probable bombardement aérien de l'aviation syrienne, le 17 mai 2015. REUTERS/Yaseen Al-Bushy

Le ministre syrien de la Défense, le général Fahad Djassim al Freidj, a affirmé lors d'une visite à ses troupes que celles-ci avaient toujours le moral, même après la chute de Palmyre tombée le mois dernier aux mains des jihadistes de l'organisation Etat islamique. Une affirmation démentie par les faits sur le terrain. L'armée est délabrée, et la ville d'Hassaka est menacée à son tour.

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« Il n'y a pas eu d'effondrement [de l'armée], pas de défaite psychologique », a affirmé le général Fahad Djassim al Freidj. L'armée a décidé de ne pas combattre l'EI dans Palmyre pour éviter des pertes civiles et protéger la cité antique. Le gouverneur de la province de Homs, Talal al-Barazi, a affirmé que l'armée reprendrait Palmyre « en temps opportun » et chasserait « les monstres criminels » vers l'est.

Il n' y a pas grand-monde pour le croire. L'armée syrienne subit de plus en plus de revers. Elle a été contrainte tout dernièrement de quitter la ville de Palmyre. C'est à présent Damas qui est menacée. « Je crois qu'elle est destabilisée depuis très longtemps, estime Stéphane Valter, maître de conférence à l'université du Havre et spécialiste des questions militaires, sinon, il n'y aurait pas eu cette aide russe, ni l'envoi de mercenaires ou de conseillers militaires iraniens, afghans, pakistanais et l'implication du Hezbollah libanais.

S'il n'y avait pas eu toutes ces aides extérieures, l'armée syrienne se serait déjà effondrée depuis longtemps. Ils ont des armes de destruction massive comme les armes chimiques, mais s'ils les utilisent, c'est un suicide politique. Ils ont des choses, mais je pense que leurs avions sont mal entretenus, ils ne peuvent pas voler la nuit, ils envoient des barils d'explosifs pas précis, ils ont un armement meurtrier mais rudimentaire. En outre, quand une base comme celle de Palmyre est prise par exemple, la plupart des recrues, qui sont des jeunes conscrits en général, partent en fuyant, laissent tout, et après l'organisation Etat islamique récupère. Le moral est très bas. »

Une douzaine d'attentats au camion piégé ont été commis ces cinq derniers jours par le groupe Etat islamique autour d'Hassaka, une ville au nord-est de la Syrie proche de la frontière irakienne. Pour le moment, la ville est toujours aux mains de l'armée syrienne, mais personne ne peut dire pour combien de temps encore. « Plus de treize véhicules remplis d'explosif ont été lancés contre des points de contrôle de l'armée et ont semé la terreur dans la population », a déclaré un témoin.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, les jihadistes se trouvent à 500 mètres de l'entrée sud de la ville. La chute de cette ville donnerait à l'EI le contrôle d'une deuxième capitale provinciale en Syrie après Raqqa, son principal bastion.

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