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Turquie

Info RFI: des centaines de soldats turcs déployés en Syrie

Des centaines de soldats turcs se seraient joints aux brigades turkmènes présentes dans le nord de la Syrie. Ici, les soldats turkmènes dans le nord de l'Irak.
Des centaines de soldats turcs se seraient joints aux brigades turkmènes présentes dans le nord de la Syrie. Ici, les soldats turkmènes dans le nord de l'Irak. MARWAN IBRAHIM / AFP

Cela fait bientôt trois semaines que la Turquie a lancé son offensive anti-terroriste et ses raids ne sont pas près de s'arrêter. Le président turc a en effet promis mardi 11 août de poursuivre les bombardements « jusqu'à ce qu'il ne reste aucun terroriste ». Recep Tayyip Erdogan s'exprimait mardi 11 août lors d'un discours télévisé. Cette offensive vise aussi bien les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en Syrie que les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) retranchés en Irak. Selon nos informations, des soldats turcs se seraient joints à des combattants turkmènes équipés et entraînés depuis quelques semaines par Ankara pour préparer l’établissement d’une zone de sécurité au nord d’Alep en Syrie. Selon le porte-parole de cette brigade turkmène, jusqu’à 600 soldats turcs pourraient être actuellement déployés en Syrie. Ce 12 août en fin de matinée, les autorités turques ont cependant démenti toute intervention.

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Avec notre correspondant à Istanbul,  Jérôme Bastion

Ankara et Washington s'étaient mis d'accord pour bombarder les positions du groupe Etat islamique et instaurer une zone de sécurité au nord de la Syrie. Pour autant, il n’était pas question de troupes au sol ni pour l’armée turque, ni encore moins pour l’armée américaine.

Mais voilà que mardi 11 août, le Premier ministre Ahmet Davutoglu dit envisager cette option, au cas où la Turquie serait menacée par l'organisation Etat islamique ou les forces du régime de Bachar el-Assad. Mais « s’il y a suffisamment de forces rebelles modérées, cela ne serait pas nécessaire », a-t-il déclaré. Or, il est possible d’affirmer désormais qu’un certain nombre de militaires turcs a déjà, depuis lundi 10 août au soir, pris position sur le territoire syrien aux côtés de ces rebelles parrainés par Ankara.

Contacté mardi 11 août par téléphone, un officier du groupe Ahrar al-Sham, allié d’Ankara, explique avoir assisté lundi vers 17 h 00 à l’entrée en Syrie d’un groupe de combattants turkmènes venu de Turquie, qu’il estime à environ 300 hommes. Parmi eux, des soldats turcs dont il ne peut donner le nombre exact. « Ils sont entrés lundi soir avec une quinzaine de chars, raconte-t-il, précisant que ces troupes sont cantonnées tout près de la petite ville d’Azaz ».

Brigades turkmènes

Les deux brigades turkmènes qui ont fait leur entrée en Syrie par le poste frontière de Bab-el-Salame/Öncüpinar, face à la ville turque de Kilis, sont baptisées « Sultan Murat » et « Fatih Sultan Mehmet », du nom de deux empereurs ottomans. Elles constituent l’avant-garde d’une unité turkmène de quelque 5 000 hommes nommée « Armée de la Révolution »   Devrim Ordusu  , portée sur les fonds baptismaux fin juillet par Ankara qui lui fournit son équipement.

Tout indique qu’Ankara leur fournit également un contingent d’instructeurs militaires. Selon le porte-parole de cette Armée de la Révolution, Ahmed Hisso, interrogé par l’agence Sputnik, le nombre total de militaires turcs déployés en Syrie serait de 600, chiffre qui n’a pu à cette heure être confirmé. A noter que ce 12 août en fin de matinée, les autorités turques ont cependant démenti toute intervention en territoire syrien.

D'autres témoignages font état du passage de bus décorés de drapeaux turcs transportant des soldats, et de mitrailleuses lourdes montées sur des pickups. Une source affirme même qu'une de ces brigades se bat « depuis plusieurs jours dans les faubourgs d'Alep contre l'Armée du régime de Bachar el-Assad ».

Ce dernier revirement de taille survient alors que le Front al-Nosra   la branche d'al-Qaïda en Syrie   a annoncé son retrait de la « zone de sécurité » au nord d'Alep, et que l'Etat islamique a fait son retour en prenant la ville de Marea, à quelques kilomètres d'Azzaz.

« Un terroriste reste un terroriste »

Le président Erdogan ne s’est pas peu vanté de jouer son rôle en tant que chef de l’Etat, de commandant en chef des forces armées, alors qu’il participait à une remise de médaille au chef d’Etat-major sortant. Il ne s’est d'ailleurs pas départi de son discours guerrier ni de cette ambiguïté qu’entretient la Turquie depuis des mois vis-à-vis de l'organisation Etat islamique.

Pour lui, « un terroriste reste un terroriste », et il n’y a pas de bon ou de mauvais terrorisme, ni de terrorisme islamiste. « Nous ne faisons pas de différence entre les terrorismes qui doivent tous être combattus », a-t-il déclaré, mettant dans le même sac les jihadistes et la rébellion kurde du PKK, l’extrême gauche du DHKP-C et même la confrérie Gülen qu’il accuse de complot.

Le président turc aurait pourtant pu préciser « surtout les Kurdes », puisqu’il a concentré ses attaques contre le PKK et le parti pro-kurde HDP, promettant de poursuivre la répression jusqu’à la disparition du dernier terroriste et jusqu’à ce que du béton soit coulé sur les armes de la rébellion. Le processus de paix est gelé, a-t-il encore précisé, sans évoquer d’un seul mot le danger représenté par le groupe Etat islamique, en Turquie ou en Syrie.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a promis mardi 11 août de poursuivre les bombardements «jusqu'à ce qu'il ne reste aucun terroriste». Ici, en visite à Jakarta le 31 juillet 2015.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a promis mardi 11 août de poursuivre les bombardements «jusqu'à ce qu'il ne reste aucun terroriste». Ici, en visite à Jakarta le 31 juillet 2015. REUTERS/Darren Whiteside

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