Accéder au contenu principal
IRAN

Nucléaire iranien: vers la mise en œuvre de l’accord

L’AIEA a d’ores et déjà estime à 9 millions d’euros par an ses besoins supplémentaires liés aux inspections en Iran.
L’AIEA a d’ores et déjà estime à 9 millions d’euros par an ses besoins supplémentaires liés aux inspections en Iran. D. Calma/IAEA

L’accord sur le nucléaire iranien a été conclu en juillet dernier entre la République islamique et le groupe des 5 + 1 (les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU + l’Allemagne). La semaine dernière, un obstacle a été levé du côté-américain : Barack Obama a réuni assez de soutien au Congrès pour éviter un blocage parlementaire. Reste à mettre en œuvre cet accord : inspection des sites nucléaires et levée progressive des sanctions.

Publicité

L’accord sur le nucléaire iranien et son application seront évoqués ce lundi à Vienne où se réunit le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique. L’AIEA a d’ores et déjà estime à 9 millions d’euros par an ses besoins supplémentaires liés aux inspections en Iran. L’agence onusienne mène déjà des visites de contrôle en Iran mais elles vont s’intensifier dans les prochains mois, notamment parce que Téhéran va appliquer ce qu’on appelle le « protocole additionnel » (au Traité de Non-Prolifération Nucléaire).

Il s’agit de « contrôles renforcés, y compris sur des sites qui n’ont pas été déclarés » explique François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran. « L’AIEA peut exercer des inspections surprises, quelques fois dans des délais très courts » poursuit ce spécialiste du dossier qui juge « rassurants » les outils de vérification dont dispose l’agence.

Recherches nucléaires secrètes

L’accord signé en juillet dernier vise à rassurer la communauté internationale. Il s’agit de vérifier que la République islamique ne cherche pas à se doter de la bombe atomique sous couvert d’un programme civil. Mais l’accord va plus loin puisqu’il s’intéresse aussi au passé. L’AIEA a commencé à enquêter sur les recherches nucléaires secrètement menées par l’Iran au cours des décennies écoulées.

La République Islamique acceptera-t-elle de lever le voile sur ces « possibles dimensions militaires » comme les appellent les spécialistes ? « Personne ne croit vraiment que cette question peut-être totalement réglée, parce que les pays reconnaissent rarement avoir commis des fautes dans le passé », explique Ali Vaez, spécialiste de l’Iran à l’International Crisis Group. « Typiquement, c’est le cas de figure dans lequel une confession ferait du bien à l’âme. Mais pas forcément du bien à la cause de la non-prolifération nucléaire » ajoute cet expert.

Image satellite du complexe militaire de Parchin,lié au programme nucléaire iranien, 19 de juillet 2015.
Image satellite du complexe militaire de Parchin,lié au programme nucléaire iranien, 19 de juillet 2015. REUTERS/Airbus

A l’issue de ces vérifications, l’AIEA doit rendre son rapport le 15 décembre prochain. Le feu vert de l’agence conditionnera alors la levée des sanctions qui visent l’Iran ( celles du Conseil de sécurité de l’ONU mais aussi les sanctions européennes et un certain nombre de sanctions américaines ). L’accord prévoit un mécanisme de « snap-back » qui permettra le retour de ces sanctions si l’Iran ne remplit pas ses obligations.

L’accord signé par l’Iran et les grandes puissances en juillet peut-il dérailler en chemin ? Il y a des opposants des deux côtés, rappelle l’ancien ambassadeur de France en Iran, François Nicoullaud. Si, par exemple le Congrès américain votait de nouvelles sanctions contre l’Iran, pas à propos du nucléaire mais au nom de la lutte contre le terrorisme, alors l’accord serait menacé.

Le Parlement iranien examinera l’accord nucléaire dans les prochaines semaines. Le président du Parlement iranien, Ali Larijani a déclaré récemment qu’il s’attendait à des débats agités entre partisans et adversaires de cet accord historique.

→ A relire: Nucléaire iranien, Obama devrait remporter le vote du Congrès

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.