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Territoires palestiniens

La première intifada, modèle des jeunes Palestiniens et Palestiniennes

Affrontements entre jeunes Palestiniens et forces de l'ordre israéliennes à un check-point entre le camp de Chouafat et Jérusalem, le 9 octobre 2015.
Affrontements entre jeunes Palestiniens et forces de l'ordre israéliennes à un check-point entre le camp de Chouafat et Jérusalem, le 9 octobre 2015. REUTERS/Ammar Awad

Un homme a été abattu ce lundi 12 octobre près de la vielle ville de Jérusalem après avoir attaqué au couteau un policier israélien. La veille, un jeune Palestinien a été tué par l'armée israélienne en banlieue de Ramallah, en Cisjordanie, alors qu'une attaque à la voiture bélier et à l'arme blanche a fait quatre blessés en Israël. Ces violences exacerbées font craindre une troisième intifada. Elles s’intensifient et se généralisent. Dans les rangs palestiniens : beaucoup de jeunes, des enfants et des femmes. Leur modèle, c'est la première intifada.

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Avec nos correspondants à Ramallah et Jérusalem,  Nicolas Ropert et Murielle Paradon

Ahmad Sharaka, enfant palestinien âgé de 13 ans, originaire du camp de réfugiés de Jalazone, a été tué dimanche en banlieue de Ramallah par un tir de l'armée israélienne. Il a reçu une balle dans le cou, puis est décédé quelques minutes après avoir été transporté à l'hôpital. Ses proches démentent le fait qu'il faisait partie des manifestants, même s'il n'est pas rare de voir de très jeunes Palestiniens dans les affrontements avec l'armée israélienne.

Encore beaucoup de manifestations ont eu lieu dimanche. Des jeunes Palestiniens lancent des pierres et des cocktails Molotov sur les forces israéliennes, qui ripostent de plus en plus systématiquement à balles réelles. A Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, il y a eu une cinquantaine de blessés. Manifestations aussi à Jérusalem-Est, en Israël et à Gaza, où le Hamas a mis en garde Israël après un bombardement de l’armée qui a tué une femme enceinte et sa fille de cinq ans - Tsahal ripostait à un tir de roquette.

Une dernière attaque au couteau contre un policier, sans gravité pour ce dernier, s'est soldée ce lundi par la mort de son auteur. Mais pendant le week-end sont réapparues également des formes d’attaques qu’on n'avait plus vues depuis longtemps : attaque à la voiture bélier dans le nord d’Israël, et tentative d’attentat avec une bombe artisanale dans une voiture près de Jérusalem, selon les services de renseignement de l'Etat hébreu. Les violences se sont donc étendues et ne baissent pas en intensité.

Le modèle des jeunes Palestiniens de la rue : la première intifada

Si l'on met de côté les attaques au couteau menées par des Palestiniens, et les faits rapportés par Israël dimanche, les tensions depuis début octobre se résument à des affrontements entre des jeunes lanceurs de pierre palestiniens et l'armée israélienne. En dehors de l'attaque de Naplouse, qui a coûté la vie à un couple de colons israéliens, aucune arme a feu n'a été utilisée. Deux raisons à cela : les jeunes dans la rue n'en ont pas, et ils n'en veulent pas.

Leur référence n'est pas la deuxième intifada qui a ensanglanté la région au début des années 2000, avec embuscades et attentats. D'ailleurs, les partis politiques sont absents : les manifestants d'aujourd'hui disent leur ras-le-bol du Fatah de Mahmoud Abbas, mais ne suivent pas pour autant les islamistes du Hamas. Leur modèle, c'est  la première intifada, lancée en 1987 et qui avait débouché sur les accords d'Oslo en 1993. A l'époque, la société palestinienne dans son ensemble s'était mobilisée pour gagner une reconnaissance.

Autre particularité du mouvement actuel : si les garçons sont très majoritaires, des filles sont aussi très présentes. Depuis le début des manifestations, une dizaine de filles ont d'ailleurs été blessées par des balles israéliennes, et plusieurs ont été arrêtées. Les Palestiniennes enroulent leur keffieh sur leur visage pour éviter d'être reconnues, exactement comme les garçons. Sur les 200 manifestants présents à Naplouse ce dimanche, plusieurs dizaines de filles étaient là.

« Il n'y a aucune différence entre un homme et une femme ici »

Le phénomène est nouveau. Autrefois absentes des affrontements, les filles n'hésitent plus à se mêler aux garçons. Comme cette étudiante en master à l'université de Naplouse, qui confie : « On vient pour montrer notre soutien aux femmes qui sont attaquées sur l'esplanade des Mosquées et à Jérusalem. On vient défendre la Palestine. On est là parce qu'on veut aider les hommes. On participe à ce mouvement à leurs côtés pour montrer que c'est un travail commun. »

Le visage elle-aussi couvert, une autre étudiante aimerait que plus de monde rejoigne le mouvement. Des filles bien sûr, mais pas seulement, dit-elle : « Il n'y a aucune différence entre un homme et une femme ici. On est tous ensemble pour une chose : défendre la mosquée d'al-Aqsa. Et pour soutenir tous ceux qui veulent protéger notre terre. Moi je n'ai pas peur. En fait, je pense que les Israéliens, eux, ont peur. Il faudrait juste que l'on soit plus nombreux, c'est tout. »

Le bilan des morts palestiniens s'alourdit en Cisjordanie et à Gaza : 24 depuis le 1er octobre, dont sept auteurs présumés d'attaques à l'arme blanche. Côté israélien, on déplore quatre victimes. Le Premier ministre israélien a appelé des réservistes en renfort : 1 600 gardes-frontières supplémentaires vont être déployés à Jérusalem. Des agents de sécurité devraient être également postés devant les écoles. Une réponse uniquement sécuritaire, contestée par la gauche israélienne, qui a manifesté ce week-end pour réclamer une solution politique au conflit. Mais ces manifestations n’ont réuni que quelques centaines de personnes.

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