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Israël

En Israël, les ONG dans la ligne de mire du gouvernement

Yuri Novak, président de l'ONG israélienne Breaking the Silence, lors d'une conférence de presse, le 5 février 2016.
Yuri Novak, président de l'ONG israélienne Breaking the Silence, lors d'une conférence de presse, le 5 février 2016. JACK GUEZ / AFP

Le Parlement israélien doit débattre à partir de ce lundi 8 février d’un projet de loi très controversé. Une loi dite de « transparence » qui obligerait les organisations non gouvernementales à afficher publiquement leurs financements venant de l’étranger. Pour le gouvernement israélien, il s’agit de combattre des ingérences dans les affaires intérieures israéliennes. Les ONG dénoncent une stigmatisation dans un climat de chasse aux sorcières.

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Le projet de loi dit de « transparence » devrait obliger les organisations non gouvernementales qui reçoivent plus de la moitié de leur fonds de l’étranger à publier le nom de leurs donateurs. Le texte initié par la ministre de la Justice Ayelet Shaked, égérie de la droite nationaliste et religieuse, viserait à offrir de la transparence et à combattre des ingérences étrangères dans les affaires intérieures du pays.

La réalité est toute autre, selon les ONG. « Nous publions déjà le nom de nos donateurs, tous les trois mois, c’est la loi », affirme Yuli Novak, présidente de Breaking the Silence (Brisons le silence), une association qui dénonce certains agissements de l’armée israélienne dans les Territoires palestiniens. « Cette loi n’a rien à voir avec la transparence, elle n’est là que pour stigmatiser et délégitimiser les ONG », poursuit-elle.

Reut Michaeli, qui dirige l’association de défense de réfugiés Hotline for Migrant Workers, renchérit : « On veut dresser des obstacles bureaucratiques dans notre travail, car nous ne sommes pas dans la ligne de ce gouvernement raciste ». Un gouvernement dominé par la droite nationaliste et religieuse contre des organisations, pour la plupart à gauche, accusées de se comporter en traîtres, dans un contexte de violences entre Israéliens et Palestiniens.

Harcèlement, menaces et infiltration de taupes

« Le gouvernement échoue à apporter la sécurité aux Israéliens, dans un contexte de violences, ces derniers mois », analyse Hagai El Ad, le président de B’tselem, une organisation qui dénonce l’occupation israélienne des Territoires palestiniens. « Alors que fait-il ? Au lieu d’offrir aux Israéliens et aux Palestiniens une vision pour l’avenir, pour faire cesser ces violences, le gouvernement fait quelque chose de classique qui est une dérive fasciste : il imagine des traitres à l’intérieur du pays, et ce sont les ONG ».

Le projet de loi, soutenu par le Premier ministre Benyamin Netanyahu, n’est que le dernier épisode d’une campagne très virulente ces derniers mois contre les organisations de droits de l’homme en Israël, menée par des mouvements d'extrême droite. Harcèlement, menaces et même infiltrations de taupes. Pour Yuli Novak, « ça a été certainement la chose la plus pénible. Nous savons que nos conversations privées même chez nous ont été enregistrées et vont probablement être diffusées. Cela crée un climat de peur et de paranoïa. Malheureusement, ce sont des méthodes qui ont été employées par le passé dans des régimes non démocratiques ».

C’est dans ce climat dénoncé comme une chasse aux sorcières que le projet de loi dit de « transparence » arrive donc à la Knesset, le Parlement israélien. Le mois dernier, les Etats-Unis et l’Union européenne ont fait part de leur « préoccupation » concernant ce texte.

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