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Festival de Cannes 2016 / Iran

Cannes a décerné deux prix au «Client» de l’Iranien Asghar Farhadi

Emad (Shahab Hosseini) et Rana (Taraneh Alidoosti) dans « Le Client », une fable puissante de l’Iranien Asghar Farhadi.
Emad (Shahab Hosseini) et Rana (Taraneh Alidoosti) dans « Le Client », une fable puissante de l’Iranien Asghar Farhadi. Festival de Cannes 2016

En 2011, il est reparti du Festival de Cannes les mains vides avec son film « La Séparation », avant d’être oscarisé. Cette année, le réalisateur iranien Asghar Farhadi, 44 ans, a remporté le prix du scénario et le prix de l’interprétation avec l’acteur iranien Shahab Hosseini. « Le Client », c’est l’histoire d’un jeune couple de la classe moyenne mis à l’épreuve. Une chronique aussi bien théâtrale que cinématographique sur la société iranienne.

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Des cris, des regards effrayés, des locataires qui courent dans tous les sens pour se mettre à l’abri. L'immeuble semble s'écrouler. D’une seconde à l’autre, Emad (Shahab Hosseini), professeur et comédien de théâtre, et sa femme Rana (Taraneh Alidoosti) doivent évacuer leur appartement du centre de Téhéran. Le propriétaire de leur appartement étant insolvable, ils se retrouvent pratiquement à la rue. Un collègue de leur troupe de théâtre leur loue alors un appartement qui vient de se libérer. Mais le coup de chance se transforme rapidement en cauchemar. Rana vient d’être agressée par un inconnu, à l’intérieur de leur nouvel appartement. Traumatisée, elle ne peut plus rester seule dans l’appartement.

La symbolique d'un immeuble fissuré

Depuis le 11-Septembre, on connaît la puissance symbolique d’une tour effondrée. Dans Le Client, Asghar Farhadi se contente d’un immeuble fissuré. Ce déménagement forcé brise le bonheur du jeune couple et met en lumière plein de points sensibles de la société iranienne.

« Mes films ne sont pas connus d’être joyeux. Avec ce prix je peux apporter de la joie à mon peuple, » a déclaré un Farhadi fou de joie lors de la remise de son prix du scénario au Festival de Cannes. Et son acteur Shahab Hosseini s’est montré patriotique sur la Croisette : « Ce prix de l’interprétation masculine, je le dois à mon peuple. Avec tout mon cœur, c’est à lui à qui je le rends. »

Dans le film, hors de question pour Rana de porter plainte à la police. Elle craint le regard des autres et sait trop bien que dans cette société la faute morale retomberait sur elle, puisqu’elle avait laissé la porte ouverte. Mais pourquoi leur « ami » avait oublié de dire une chose essentielle ? L’appartement a été longtemps habité par une femme avec des mœurs très légères. Est-ce un ancien client qui l’avait surprise sous la douche ?

Farhad Asghar, maître de la composition

Magistralement orchestré et mise en scène, Farhad Asghar se révèle maître de la composition. Le Client oscille entre trois lieux et univers : l’ancien monde de l’ancien appartement, le nouvel ordre du nouvel appartement et l’univers de la réflexion, la salle de théâtre, où ils préparent une pièce d’Arthur Miller : Mort d’un commis voyageur. Soudain, leurs rôles sur scène d’un vendeur et de sa femme font écho avec leur nouvelle vie loin de ce centre de Téhéran en pleine transformation : « En Iran, les choses évoluent très vite et ceux qui ne peuvent pas s’adapter à cette course effrénée sont sacrifiés. La critique sociale au cœur de la pièce reste valable en Iran aujourd’hui », explique Asghar Farhadi.

Les côtés sombres de l'âme humaine

Ni simple film social ou moral, le film creuse la complexité des relations humaines. Les épreuves traversées par le couple révèlent leurs caractères profonds. Farhadi sonde les côtés sombres de l’âme humaine. Obsédé par trouver le coupable, Emade devra bientôt décider du sort d’un homme, un vendeur. Diabolique.

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