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Irak / EI

L'ONU s'alarme du «génocide» contre les Yézidis par le groupe EI

Des réfugiés yézidis dans un camp en périphérie de Duhok, le 27 février 2015.
Des réfugiés yézidis dans un camp en périphérie de Duhok, le 27 février 2015. REUTERS/Asmaa Waguih

Le groupe jihadiste Etat islamique continue de commettre un « génocide » contre les Yézidis, une minorité kurdophone notamment présente en Irak et en Syrie. La commission d'enquête de l'ONU sur les droits de l'homme en Syrie est formelle : le « génocide (...) est en cours », a indiqué le président de cette commission, le Brésilien Paulo Pinheiro, dans un communiqué appelant le Conseil de sécurité des Nations unies à saisir la Cour pénale internationale (CPI).

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« Les partisans de l'Etat islamique soumettent chaque femme, chaque enfant et chaque homme yézidi qu'ils capturent aux atrocités les plus horribles », déclare le président de la commission. Celle-ci, mandatée par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, précise qu'environ 3200 Yézidis sont toujours aux mains de l'EI, la majorité en Syrie.

Les femmes et les filles deviennent des esclaves sexuelles, les garçons sont endoctrinés et utilisés dans les combats. L'EI « continue de chercher à détruire les Yézidis de multiples façons », estiment les enquêteurs de l'ONU, qui n'ont jamais pu se rendre en Syrie, mais qui ont pu obtenir le témoignage de rescapés.

En 2014, les jihadistes de l'EI ont massacré et capturé des Yézidis lors de leur conquête du mont Sinjar (fief de cette minorité) au nord de l'Irak, près de la frontière syrienne. Les survivants qui se sont échappés de leur captivité en Syrie décrivent tous des viols brutaux, souvent de façon quotidienne, et des exécutions si les Yézidis refusent de se convertir ou s'ils tentent de s'enfuir.

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« Génocide » des Yézidis : deux questions à...
François Dubuisson, spécialiste du droit international à l'Université libre de Bruxelles

■ Quels éléments caractérisent un génocide ?

Il y a des éléments matériels comme le meurtre ou bien d'autres éléments plus indirects comme le fait de soumettre une population, des conditions de vie qui risquent d'entraîner la mort d'un certain nombre de membres de cette population. Ca doit viser une population qui va être identifiée en tant que telle, en fonction de sa religion ou de critère ethnique ; et puis, l'élément souvent le plus particulier, le plus délicat, c'est l'intention : il faut pouvoir déterminer une intention, c'est-à-dire la volonté à travers ces actes de faire disparaître en tout ou en partie le groupe visé en tant que tel.

Sous quelles formes la CPI peut-elle être saisie ?

Ce que peut faire le Conseil de sécurité, c'est déferrer une situation à la Cour pénale internationale. C'est-à-dire qu'ils ne pourraient pas limiter les crimes concernés uniquement à ceux commis par l'Etat islamique. En réalité, ils devraient viser l'ensemble de la situation relative  à la guerre en Syrie et en Irak, ce qui veut dire que ça pourrait précisément inclure par exemple des faits commis par la Russie dans les actions qu'elle mène au côté du gouvernement syrien, mais également aussi des faits commis par les alliés, américains, français ou britanniques, dans leurs opérations. Donc c'est en cela aussi que c'est plus compliqué qu'il paraît. On pourrait se dire qu'il y a un consensus international contre l'Etat islamique, mais en réalité, la compétence que l'on donnerait à la cour serait plus large qu'uniquement les crimes commis par l'Etat islamique. Donc c'est en cela que ça soulève quand même des questions assez délicates politiquement et juridiquement.

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