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Israël

Disparition de Shimon Peres: les réactions dans le monde

Le président Shimon Peres devant la Knesset à la fin de son mandat. Jérusalem, le 24 juillet 2014.
Le président Shimon Peres devant la Knesset à la fin de son mandat. Jérusalem, le 24 juillet 2014. REUTERS/Ronen Zvulun

Les dirigeants de nombreux pays, tout particulièrement en Occident, ont salué ce mercredi 28 septembre 2016 la mémoire de l'ancien président israélien Shimon Peres, pour son engagement en faveur de la paix. Le dernier des pères fondateurs de l'Etat d'Israël s'est éteint ce mercredi à l'âge de 93 ans.

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• Etats-Unis : le long éloge d'Obama

Le président américain a été l'un des premiers à réagir à la nouvelle, ce mercredi.  Barack Obama a rendu hommage à « la vie extraordinaire de notre cher ami Shimon Peres », décédé un peu plus tôt. On sent l’émotion de Barack Obama dans le très long communiqué publié par la Maison Blanche la nuit dernière, analyse notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio. « Peu de nos contemporains ont changé le cours de l’Humanité. Shimon Peres en fait partie », écrit le président des Etats-Unis. Et d'ajouter : « Je suis fier de pouvoir appeler cet homme mon ami. »

Barack Obama raconte sa première rencontre avec Shimon Peres. Le chef d’Etat américain était alors un jeune sénateur de l’Illinois, venu demander des conseils. « On dit souvent que le futur appartient à la jeunesse, or c’est inexact. C’est le présent qui vous appartient. Laissez-moi le futur, j’ai tout le temps », lui aurait alors dit le dirigeant israélien. « Ces paroles m’ont profondément marqué », écrit le numéro un américain.

Ce communiqué, qui ressemble à une lettre personnelle, se termine toutefois sur un ton plus politique. Les Américains doivent reconnaître leur dette envers Shimon Peres, qui « a travaillé avec tous les présidents depuis Kennedy pour construire l’alliance qui unit nos deux pays », poursuit Barack Obama. « Shimon Peres a vu Israël surmonter des épreuves, c’est pourquoi il n’a jamais abandonné l’idée d’une paix avec les Palestiniens. » « Ce soir, conclut Barack Obama, nous ne pouvons pas mieux rendre hommage à Shimon Peres qu’en nous investissant dans cette paix que nous savons accessible. »

Il a été « un père fondateur de l'Etat d'Israël et un homme d'Etat dont l'engagement pour la sécurité et la recherche de la paix était fondé sur son inébranlable force morale et sur son indéfectible optimisme », ajoute M. Obama, l'un des dirigeants attendus aux obsèques du prix Nobel de la paix ce vendredi en Israël, avec notamment ses homologues français et allemand ou encore le prince Charles.

• ONU : Ban Ki-moon salue le faiseur de paix

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a insisté ce mercredi sur la détermination de Shimon Peres à promouvoir une solution au conflit israélo-palestinien malgré les obstacles. « Il a travaillé sans relâche à une solution à deux Etats » et « même lors des heures les plus difficiles, il a gardé son optimisme sur les chances de réconciliation et de paix », a-t-il déclaré.

• En Europe, unanimité Est-Ouest

Le président français François Hollande a déclaré qu'Israël avait perdu « un de ses hommes d'Etat les plus illustres, la paix un de ses plus ardents défenseurs, et la France un ami fidèle ». « Shimon Peres appartient désormais à l'histoire, qui a été la compagne de sa longue vie », ajoute le chef de l'Etat.

C'est « un homme qui avait vu la guerre et qui pour cette raison construisait la paix », a résumé le président du Conseil italien, Matteo Renzi, saluant un « grand ami de l'Italie ». Pour le président de la République allemande, Joachim Gauck, « Shimon Peres a marqué Israël comme aucun autre politique ».

Le Russe Vladimir Poutine loue « le courage, le patriotisme, la sagesse et la vision à long terme » en faveur de la paix de cet « homme merveilleux » qui a développé les « relations amicales russo-israéliennes ».

• Ceux qui l'ont côtoyé l'aimaient

La mémoire de Shimon Peres, dont la vie politique s'est étalée sur plusieurs décennies, est particulièrement saluée par d'anciens dirigeants ayant collaboré avec lui dans des processus de paix. L'ancien président américain Bill Clinton, qui supervisa en 1993 la signature à Washington des accords d'Oslo entre Israéliens et Palestiniens, a ainsi rendu hommage à « un génie au grand cœur ».

L'ancien numéro un américain parle d'un « fervent avocat de la paix, de la réconciliation et d'un avenir dans lequel tous les enfants d'Abraham construiraient un meilleur lendemain ». « Je n'oublierai jamais combien il était heureux il y a 23 ans lorsqu'il a signé les accords d'Oslo sur la pelouse de la Maison Blanche, ouvrant une ère d'espoir dans les relations israélo-palestiniennes », se remémore-t-il.

Pour l'ex-Premier ministre britannique Tony Blair, ancien émissaire du Quartette pour le Moyen-Orient, « Shimon Peres était un géant de la politique, un homme d'Etat qui restera comme l'un des plus grands de notre époque et de toutes les époques ».

• Peu de réactions au Moyen-Orient

Les hommages des capitales occidentales contrastent avec l'absence de réactions officielles au Moyen-Orient ou même en Egypte, premier pays arabe à avoir signé un accord de paix avec Israël. Dans les pays voisins d’Israël, l’ancien Premier ministre n’a pas laissé que des bons souvenirs. C’est le cas notamment au Liban. La presse libanaise n’a pas jugé bon de retarder la distribution pour annoncer la mort de Shimon Peres. Et la nouvelle de son décès a été rapportée sous une forme informative par la plupart des sites internet, explique notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

Shimon Peres réveille chez les Libanais les souvenirs de l’occupation par Israël d’une partie de leur pays, dans les années 1980 et 1990, lorsque Shimon Peres était membre du pouvoir exécutif. Son nom rappelle surtout l’une des guerres les plus meurtrières entre les deux pays : celle d'avril 1996, alors qu’il était Premier ministre. L’offensive s'appelait « Les Raisins de la colère » ; les avions israéliens ont pilonné pendant deux semaines le Liban, faisant des centaines de morts et de blessés.

L’épisode le plus douloureux de cette offensive est le massacre de Cana, quand 108 civils réfugiés qui s'étaient réfugiés dans un centre des casques bleus, dans ce village du Liban-Sud, sont morts des suites d'un bombardement israélien qui sera qualifié plus tard de délibéré par un rapport des Nations unies. D’ailleurs, le site officiel du Hezbollah titre « Le boucher de Cana entre les griffes de la mort ». Le site de la télévision du Hezbollah al-Manar écrit pour sa part : « Shimon Peres, père spirituel du programme nucléaire israélien est responsable du massacre de Cana ».

Dans ces circonstances, il n’est pas étonnant que la mort de Shimon Peres soit accueillie dans la plus grande indifférence au Liban. Elle l'est un peu moins au sommet de l'Autorité palestinienne, où le président Mahmoud Abbas a salué ce mercredi en Shimon Peres « un partenaire courageux pour la paix », qui avait signé les accords d'Oslo avec son prédécesseur Yasser Arafat. M. Abbas a envoyé une lettre de condoléances à la famille. Il décrit un homme ayant « mené des efforts soutenus et ininterrompus pour parvenir à la paix depuis Oslo et jusqu'à son dernier souffle ».

Edition spéciale -Shimon Peres- 8h10-8h30 [2809]

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