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Le prix Sakharov 2016 décerné à deux Yézidies rescapées du groupe Etat islamique

Nadia Murad Basee Taha, ici en juin 2016, a reçu le prix Sakharov avec Lamia Haji Bachar, pour leur combat pour que leurs tortionnaires soient jugés.
Nadia Murad Basee Taha, ici en juin 2016, a reçu le prix Sakharov avec Lamia Haji Bachar, pour leur combat pour que leurs tortionnaires soient jugés. MARK WILSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le Parlement européen a décerné jeudi 27 octobre 2016 son prix Sakharov « pour la liberté de l'esprit ». Les lauréates sont cette année deux Irakiennes de la communauté yézidie, réduites en esclavage par l'organisation Etat islamique après le massacre, en août 2014, d'une partie des habitants de leur village.

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Avec notre envoyée spéciale à Strasbourg,  Béatrice Leveillé

C'est un nouveau prix pour Nadia Murad, qui venait déjà d’être nommée ambassadrice des Nations unies pour la dignité des victimes du trafic d'êtres humains, et qui a aussi été distinguée par le Conseil de l’Europe.

Nadia Murad et Lamia Haji Bachar ont une vingtaine d’années. Elles ont réussi à échapper aux jihadistes qui les avaient réduites en esclavage. Les deux jeunes femmes ont dénoncé avec courage ce qu'elles ont subi : elles ont été violées et ont vu leurs proches massacrés.

Une communauté multimillénaire réduite en esclavage

Les deux jeunes femmes se consacrent désormais à la défense des droits des Yézidis. L'organisation Etat islamique détient encore plus de 3 000 femmes et enfants issus de cette communauté kurdophone multimillénaire.

Les femmes sont transformées en esclaves sexuelles et les jeunes garçons sont obligés de combattre dans les rangs du groupe EI. Ils sont parfois utilisés comme des bombes humaines. Nadia Murad et Lamia Haji Bachar se battent pour que leurs tortionnaires n’échappent pas à la justice.

«Il y a encore beaucoup à faire»

Au Kurdistan irakien, Nadia Murad travaille notamment avec l’ONG Yazda. Le chef des opérations de cette organisation yézidie espère que ce nouveau signe de reconnaissance de la communauté internationale aidera à améliorer la situation sur le terrain.

« Il y a encore beaucoup à faire, estime Jameel Chomer. Pas seulement pour la communauté yézidie, également pour toutes les minorités en Irak. Mais les personnes les plus victimes d'actes terrifiants de l'Etat islamique sont les Yézidis. Plus de 400 000 d'entre eux vivent aujourd'hui dans des camps de déplacés. Beaucoup d'entre eux n'ont pas accès à l'éducation ni aux services de base, aux soins, à l'électricité, à l'eau. Chaque Yézidi a une histoire tragique. Certains d'entre eux ne se sentent pas libres de parler de leur histoire. »

Jameel Chomer déplore un contexte qui pousse souvent les Yézidis à migrer, dans des conditions terribles. « La situation aujourd'hui n'est pas meilleure que quand l'Etat islamique a attaqué la région. Les gens ont peur de l'avenir à Sinjar. Certains d'entre eux émigrent par des voies illégales. Beaucoup de ceux-là sont morts noyés dans la mer Egée alors qu'ils tentaient de rejoindre l'Europe. Beaucoup de choses se passent en ce moment dans la région. Il y a trop de détails, trop de conflits politiques, tout cela affecte le futur des minorités et particulièrement des Yézidis. Cela les empêche de rentrer chez eux pour vivre sur les territoires libérés. »

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