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Yémen

Le Yémen s'enfonce dans la crise humanitaire

Au Yémen, plus de trois millions d'enfants sont touchés par la malnutrition aiguë.
Au Yémen, plus de trois millions d'enfants sont touchés par la malnutrition aiguë. MOHAMMED HUWAIS / AFP

Le Yémen en proie à un conflit sanglant qui a fait près de 10 000 morts depuis mars 2015, s'enfonce dans une grave crise humanitaire. Le chef des opérations humanitaires de l'ONU Stephen O’Brien a lancé un cri d'alarme jeudi 26 janvier évoquant un risque de famine dans le pays. Une situation qui inquiète les ONG sur place.

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« Le conflit au Yémen constitue à présent la plus grande urgence pour la sécurité alimentaire dans le monde, a déclaré jeudi le patron des opérations humanitaires de l'ONU Stephen O'Brien au Conseil de sécurité. Sans action immédiate, la famine est un scénario possible pour 2017. » Selon l'ONU environ 14 millions de personnes, soit 80% de la population, ont besoin d'aide alimentaire. Deux millions ont besoin d'une aide d'urgence pour survivre.

Contactée par RFI, Lucile Grosjean, en charge du plaidoyer pour le Yémen chez Action contre la faim, dresse un tableau très sombre de la situation humanitaire sur place : « Les deux tiers de la population aujourd’hui ont besoin d’aide humanitaire. On est dans une crise alimentaire qui est absolument énorme avec plus de trois millions d’enfants et de femmes enceintes qui souffrent de malnutrition aiguë ». Des chiffres qui ont selon elle « doublé par rapport à il y a deux ans, avant l’escalade du conflit ».

Un enfant sur trois touché par la malnutrition aiguë

Cette situation laisse craindre une famine dans le pays. « Il y a sans doute déjà aujourd’hui des poches de famine à certains endroits, signale-t-elle. Nous, dans une des régions dans lesquelles on travaille, vers Hodeida, c’est un enfant sur trois qui est touché par la malnutrition aiguë »

Action contre la faim et les autres ONG sur place appellent donc une fois de plus à davantage de mobilisation pour le pays. « On se sent un peu seul aujourd’hui au Yémen, déplore Lucile Grosjean. Il pourrait y avoir beaucoup plus de mobilisation des Etats pour essayer d’obtenir un cessez-le-feu, pour essayer d’aider cette banque centrale, pour réussir à faire venir des importations de nourriture, pour nous aider à lever les obstacles auxquels on fait face, nous, quand on essaie de délivrer l’aide humanitaire. Beaucoup de choses seraient possibles de la part des Etats des parties au conflit, des bailleurs de fonds, etc, pour essayer d’améliorer une situation qui s’enfonce de plus en plus dans la catastrophe totale. »

L'ONU appelle à un cessez-le-feu au Yémen pour permettre la livraison d'aide humanitaire d'urgence et la reprise de discussions politiques pour mettre fin à une guerre qui a déjà causé la mort de près de 10 000 civils, selon les responsables des Nations unies.

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