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Turquie / Irak

«Le Kurdistan paiera le prix» de son indépendance, prévient Erdogan

La Turquie est la plus à même d'asphyxier le Kurdistan par le biais du pétrole, menace qu'a proférée le président Recep Tayyip Erdogan, ce samedi.
La Turquie est la plus à même d'asphyxier le Kurdistan par le biais du pétrole, menace qu'a proférée le président Recep Tayyip Erdogan, ce samedi. REUTERS/Murad Sezer

Le président turc continue de menacer le Kurdistan irakien de mesures de rétorsion après le référendum d'autodétermination organisé le 25 septembre. Recep Tayyip Erdogan en veut personnellement à Massoud Barzani, le leader kurde irakien, et a promis dans un discours samedi 30 septembre, de lui en « faire payer le prix », au moins économiquement.

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Avec notre correspondante à Istanbul,  Anne Andlauer

A défaut d'avoir déjà mis en pratique les menaces de sanctions agitées toute la semaine, Recep Tayyip Erdogan continue de hausser le ton contre le Kurdistan d'Irak. Le président turc promet de frapper Erbil au porte-monnaie, en fermant la frontière et les vannes qui lui permettent d'exporter son pétrole via le territoire turc.

Recep Tayyip Erdoğan estime avoir été trompé par Massoud Barzani, le président de la région kurde irakienne, qu'il avait soutenu face à Bagdad en lui accordant, selon lui, des crédits de plus d'un milliard de dollars et en le recevant avec les honneurs dans son palais à Ankara.

D'où ce discours très dur du chef de l'Etat turc : « Nous ne regrettons pas ce que nous avons fait pour eux par le passé. Mais puisque les conditions ont changé, puisque le gouvernement régional d'Irak du Nord que nous avons toujours soutenu a pris cette initiative en dépit de l'avis de notre pays, alors il en paiera le prix. »

Le scrutin sur l'indépendance organisé lundi dernier ne fait que « rouvrir une plaie dans la région », a poursuivi le président turc, qui avait déjà évoqué le risque d'une « guerre ethnique et confessionnelle ».

Recep Tayyip Erdogan a laissé entendre que son pays n'hésiterait pas à intervenir militairement chez son voisin, notamment pour défendre les Turkmènes de Kirkouk, cette province incluse dans le référendum, située hors du Kurdistan, mais abandonnée aux Kurdes en 2014 lors de l'offensive de Daech.


Signes avant-coureurs d'un blocus régional ?

Les menaces se sont multipliées depuis le 25 septembre et la victoire du oui à l'indépendance au Kurdistan irakien. Bagdad soutenu par la Turquie et l'Iran tente d'isoler la région indépendantiste aussi bien militairement qu'économiquement. Des mesures qui pourraient avoir la capacité d'étouffer la population de la région, analyse notre correspondante à Erbil, Oriane Verdier.

Pas un baril de pétrole ne passera à la frontière entre le Kurdistan et l'Iran. C'est une décision de Téhéran qui soutient ainsi Bagdad dans son opposition à la région indépendantiste.

Le pétrole est la grande majorité des revenus du Kurdistan irakien qui ne touche plus de subventions venant de Bagdad depuis plusieurs années. Si une partie du pétrole passait par l'Iran, l'autre était jusqu'alors transportée via l'oléoduc passant par la Turquie. Ankara affirme elle aussi qu'elle soutiendra l'opposition de Bagdad à Erbil et coupera cette voie d'export de l'or noir.

Le principal point de conflit entre les autorités kurdes et irakiennes est Kirkouk, cette ville pétrolière se trouve sur les territoires disputés et son pétrole est pour l'instant vendu par les Kurdes.

En s'alliant avec les pays voisins ainsi qu'en interdisant les vols internationaux, Bagdad semble vouloir montrer aux autorités kurdes qu'elles ne peuvent décider du futur de leurs territoires sans l'accord de leur gouvernement central.

Pour le moment, on a du stock pour pouvoir faire tourner nos hôpitaux, nos projets, nos activités médicales pour deux mois. Ceci dit, la grande incertitude, c’est vraiment le temps. Combien de temps ce blocus va durer ? Cette situation ne nous concerne pas uniquement. Les autres ONG, les acteurs humanitaires, agences onusiennes et autres organisations qui travaillent dans le nord de l’Irak sont dans la même situation que nous.

Le blocus aérien a déjà un impact sur les missions humanitaires

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