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Pologne/Israël

Une loi polonaise sur la Shoah provoque la colère d'Israël

L'ambassadrice d'Israël en Pologne, Anna Azari lors d'une commémoration au camp Auschwitz II-Birkenau, le 27 janvier 2018.
L'ambassadrice d'Israël en Pologne, Anna Azari lors d'une commémoration au camp Auschwitz II-Birkenau, le 27 janvier 2018. REUTERS/Kacper Pempel

Le torchon brûle entre Israël et la Pologne après l’adoption à Varsovie d’une loi interdisant tout lien entre la Pologne et les crimes de guerre nazis. Le Premier ministre israélien s’est entretenu dans la soirée avec son homologue polonais. Il a été décidé d’ouvrir un dialogue à propos du texte controversé, dont le président polonais a promis d’examiner des passages.

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« Nous n’avons aucune tolérance pour les fausses vérités, la réécriture de l’histoire et le négationnisme de la Shoah », a martelé le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu à l’ouverture du Conseil des ministres hebdomadaire à Jérusalem.

Le représentant diplomatique de Varsovie a été convoqué au ministère des Affaires étrangères pour lui faire part de la position très ferme d'Israël, qui exige un changement immédiat de la nouvelle loi polonaise, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul.

Jusqu'à trois ans de prison

Le texte comprend un article qui prévoit des poursuites, allant aussi jusqu'à trois ans de prison, contre toute personne qui « attribue à la nation ou à l'Etat polonais la responsabilité ou la co-responsabilité des crimes commis par le IIIe Reich allemand - ou tout autre crime contre l'humanité (...) ou crime de guerre. »

Pour les dirigeants israéliens, ce texte représente une tentative de nier la participation de Polonais à l'extermination des juifs par les nazis. « On ne peut pas faire semblant avec l'histoire, on ne peut pas la réécrire, on ne peut cacher la vérité », a affirmé le président israélien Reuven Rivlin.

« Brouiller la vérité historique »

Le mémorial national de la Shoah, Yad Vashem, a également affirmé qu'il était opposé à la nouvelle législation, qui selon un communiqué ne peut que « brouiller la vérité historique concernant l'assistance reçue par les Allemands de la part de la population polonaise pendant l'Holocauste ».

Le ministre israélien de l'Education Naftali Bennett a demandé que deux heures soient consacrées cette semaine à l'enseignement de la Shoah dans les établissements scolaires. Les dirigeants de l'opposition de gauche et du centre en Israël ont également dénoncé le texte de loi polonais, tout comme, et c’est extrêmement rare, un député du parti arabe unifié.

Duda promet d'examiner le texte

La loi, votée vendredi par le Parlement polonais dominé par le parti conservateur Droit et Justice (PiS), doit être adoptée par le Sénat puis promulguée par le chef de l'Etat. Le président polonais Andrzej Duda a promis dimanche d'examiner des passages du texte. Son évaluation sera présentée « après la conclusion du travail parlementaire et une analyse soigneuse de la forme finale de cet acte ».

Dimanche soir, Benyamin Netanyahu et son homologue polonais Mateusz Morawiecki « sont tombés d'accord pour ouvrir immédiatement un dialogue et constituer deux équipes en vue de tenter de parvenir à une compréhension au sujet de la législation » polonaise, selon le bureau du Premier ministre israélien.

(Avec AFP)

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