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Syrie

Résolution de l'ONU sur la Ghouta en Syrie: Moscou prête à voter sous conditions

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov, ici à Moscou le 20 février 2018, est d'accord pour un cessez-le-feu dans la Ghouta orientale, à condition qu'il ne concerne pas les groupes jihadistes.
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov, ici à Moscou le 20 février 2018, est d'accord pour un cessez-le-feu dans la Ghouta orientale, à condition qu'il ne concerne pas les groupes jihadistes. Vasily MAXIMOV / AFP

Les bombardements du régime syrien sur la Ghouta orientale, enclave rebelle aux portes de Damas, ont fait près de cinq cents morts en une semaine. Une résolution de l’ONU, doit être votée ce samedi soir en vue d’imposer une trêve en Syrie. La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité et puissant allié de Bachar el-Assad, se dit disposée à l’accepter, mais sous conditions.

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Avec notre correspondante à New York, Marie Bourreau

Une nouvelle tentative du Conseil de sécurité pour faire adopter un cessez-le-feu en Syrie a échoué vendredi 23 février à New York. Moscou continue à jouer la montre pour retarder l’adoption d’une trêve d’un mois en Syrie qui aurait permis l’arrivée de l’aide humanitaire dans les zones assiégées et l’évacuation sanitaire des blessés.

Les diplomates veulent aboutir à un vote ce samedi, coûte que coûte, même au prix d’un veto russe. Moscou continue pourtant de s’opposer sur un point de langage qui est pourtant clé puisqu’il concerne le démarrage de la trêve.
Jusqu’à présent le texte spécifiait qu’elle devait débuter dans les 72 heures suivant le vote. Mais le Kremlin ne veut plus entendre parler de délai pour protéger son allié syrien qui mène une offensive de grande envergure sur la Ghouta orientale et qui veut aboutir à une victoire militaire complète.

Les Russes jouent-ils la montre ?

Les diplomates ont accepté de revoir à la baisse le texte qui assure dans sa dernière version que la trêve doit démarrer sans délai. une formulation qui laisse libre cours à l’interprétation. La frustration est évidemment très grande dans les travées onusiennes. Ce sera « l’heure de vérité » selon un diplomate qui estime que les Russes vont devoir dévoiler leurs cartes et montrer s’ils étaient sérieux dans les négociations ou si elles n’étaient que le fruit d’une stratégie cynique pour faire gagner du temps sur le terrain au régime de Damas.

Sept ans de conflit en Syrie et onze vetos russes. Onze fois Moscou s’est opposée à des projets de résolution visant soit à établir des cessez-le-feu, soit à condamner le régime en place.

La Russie se dit prête à voter la trêve

Il faut dire que la Russie est attachée au pouvoir de Damas. Une relation à plusieurs dimensions : militaire, stratégique et économique. Ce samedi, la Russie, se dit enfin disposée à lever la main et voter en faveur de la trêve en Syrie.

Mais Moscou pose ses conditions. Son ministre des Affaires étrangères le dit clairement : « Hors de question, ce cessez-le-feu ne s’appliquera pas aux groupes jihadistes, a martelé Sergueï Lavrov. Nous avons d’ailleurs proposé à ces groupes de quitter la Ghouta orientale ». Une évacuation, comme celle d’Alep, fin 2016, mais ces groupes ont refusé.

La situation est catastrophique... La population est terrorisée. Les gens sont cachés dans des tunnels ou des abris de fortunes. En surface, les rues de toutes les villes et de toutes les localités de la Ghouta sont désertes. Les gens n’osent même plus sortir.

Le témoignage d'Oussama Al Amri un habitant de la Ghouta

Le chef de la diplomatie russe renvoie la responsabilité aux partenaires occidentaux qui ont selon lui également rejeté ses conditions. En attendant, la violente campagne de bombardements menée par la Syrie et la Russie se poursuit dans la Ghouta orientale. Pour Moscou, les rebelles qui contrôlent cette enclave utilisent les civils comme boucliers humains.

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