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Liban

[Carte] Quand le Liban se rêve en exportateur de gaz et de pétrole

La cérémonie de signature du contrat d'exploration de gaz et de pétrole avec le groupe français Total, le 9 février 2018 à Beyrouth.
La cérémonie de signature du contrat d'exploration de gaz et de pétrole avec le groupe français Total, le 9 février 2018 à Beyrouth. REUTERS/Mohamed Azakir

Pour la première fois de son histoire, le Liban a signé le 9 février des contrats d’exploration offshore, avec un consortium mené par Total et comprenant l’Italien Eni et le Russe Novatek. Cet accord pave la voie au pays du Cèdre pour entrer dans le club des pays producteurs et exportateurs de gaz et de pétrole. Une providence pour un pays dont la dette publique atteint 80 milliards de dollars, soit près de 150% du PIB.

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De notre correspondant à Beyrouth,

Les espoirs du Liban de devenir un pays pétrolier se heurtent à de nombreux obstacles, l’un des plus difficiles étant un litige avec Israël portant sur la délimitation des frontières maritimes. Beyrouth refuse de reconnaître l’existence d’un litige mais dénonce une « agression » israélienne contre sa zone économique exclusive.

Israël revendique 860 kilomètres carrés du bloc 9, adossé au tracé de la frontière maritime commune. Une zone qui contiendrait d’importantes ressources en hydrocarbures. Le 31 janvier, le ministre israélien de la Défense, Avigdor Liebermann, a dénoncé l’appel d’offres lancé par le Liban pour le bloc 9, arguant que cette zone appartient à Israël.

Une mise en garde qui n’a pas empêché le consortium mené par Total de signer l’accord dix jours plus tard. Les propos de Liebermann ont été dénoncés à l’unanimité par les dirigeants libanais, qui ont affirmé que le Liban utilisera tous les moyens pour protéger et exploiter ses ressources en hydrocarbures.

Les territoires maritimes libanais et israéliens et les zones litigieuses
Les territoires maritimes libanais et israéliens et les zones litigieuses Infographie FMM

Médiation américaine

L’affaire a été jugée suffisamment grave pour que Washington dépêche en urgence à Beyrouth son secrétaire d’Etat adjoint David Satterfield pour tenter une médiation avec Israël.

Le diplomate américain, qui a été ambassadeur des Etats-Unis à Beyrouth au début des années 2000, a fait des navettes pendant 15 jours entre le Liban et Israël, mais sa médiation a échoué. Le Liban a refusé, jeudi 22 février, sa dernière proposition qui consistait à revenir au tracé dit de Frederik Hoff, du nom d’un ambassadeur américain qui a déjà tenté une médiation entre le Liban et Israël en 2013.

Le tracé de Hoff accorde au Liban 60% de la zone revendiquée par Israël et propose que les 40% restants ne soient exploités par aucun des deux pays. Mais Beyrouth soupçonne les Israéliens de vouloir pomper secrètement le gaz et le pétrole de cette zone tampon située à moins de 5 kilomètres d’un champ de gaz israélien. David Satterfiled est donc rentré bredouille aux Etats-Unis.

L'étincelle

L’absence d’accord ajoute un élément dangereux à un contexte déjà explosif avec la montée des tensions entre Israël d’un côté, la Syrie, l’Iran et le Hezbollah de l’autre. Le contentieux sur l’exploitation du gaz est assez inquiétant, car il pourrait provoquer l’étincelle d’un conflit armé à l’échelle régionale, préviennent des experts.

Il y a quelques jours, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a menacé de mettre hors service les installations gazières maritimes israéliennes en quelques heures, si les autorités libanaises le lui demandaient. De l’autre côté de la frontière, l’armée israélienne multiplie les manœuvres militaires, la dernière toujours en cours étant un exercice avec la participation de 2000 soldats américains.

A (RE)LIRE → Liban-Israël : La guerre du pétrole aura-t-elle lieu?

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