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Liban

Liban: le vétéran de la politique Nabih Berri réélu à la tête du Parlement

Au premier plan: le président Michel Aoun et le président du Parlement Nabih Berri, devant Saad Hariri, lors du défilé militaire pour la fête nationale libanaise.
Au premier plan: le président Michel Aoun et le président du Parlement Nabih Berri, devant Saad Hariri, lors du défilé militaire pour la fête nationale libanaise. ANWAR AMRO / AFP

Le président du Parlement libanais Nabih Berri, un allié du mouvement chiite Hezbollah, a été réélu pour un sixième mandat par les députés de la nouvelle assemblée. Un record de longévité dans le monde arabe, et qui s'explique notamment par la complexité du système qui régit les institutions libanaises.

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Figure inamovible sur la scène parlementaire et politique libanaise en poste depuis 26 ans, il a été sans surprise reconduit pour quatre ans, par 98 voix pour sur 128, 29 bulletins blancs et un vote nul.

Le mouvement Amal, qu'il dirige depuis 1980, forme avec son allié le Hezbollah un « tandem chiite » ayant raflé, lors des élections législatives du 6 mai, 26 des 27 sièges dévolus à cette communauté au sein de l'Assemblée, qui compte 128 élus. Le Parlement a également élu son vice-président, Elie Ferzli, député grec-orthodoxe de 68 ans connu pour sa proximité avec Damas et le Hezbollah.

Démocratie consociative

Le Liban est régi par un système complexe de partage des pouvoirs entre les différentes communautés religieuses. « La démocratie au Liban est une démocratie consociative, explique Aurélie Daher, spécialiste du Liban. C’est-à-dire une démocratie où les postes au Parlement, au gouvernement et dans le haut-fonctionnariat sont répartis selon des quotas relativement rigides, par concessions. On a un Parlement par exemple de 128 sièges, il y en a 64 pour les chrétiens, 64 pour les musulmans, quelle que soit la composition de la population. »

« Dans le système libanais, le Premier ministre est nécessairement sunnite, le chef du Parlement est nécessairement chiite et le président de la République est nécessairement maronite, rappelle Aurélie Daher, enseignante à Paris Dauphine et Sciences-Po Paris. Il faut faire des deals, c’est-à-dire que les sunnites pour le poste de Premier ministre ont un préféré, les chiites aussi. »

Vers une reconduction de Hariri

Dans le cas de la réélection de Nabih Berri, « le deal », analyse Aurélie Daher, « c’est que les sunnites ont appuyé la nomination de Nabih Berri au poste de chef de Parlement, en échange du soutien qu’on espère imminent, dans les prochains jours, de la formation de Nabih Berri et des chiites en général à la nomination de monsieur Hariri au poste de Premier ministre. »

Car si le chef de l'Assemblée et le président de la République sont élus par les députés, la désignation du Premier ministre, elle, a lieu à l'issue de consultations parlementaires obligatoires menées par le chef de l'État. Les élus ou les blocs parlementaires font alors part de leur candidat. Et le président se doit ensuite de nommer la personne choisie par la majorité parlementaire.

Michel Aoun doit désormais procéder à partir de jeudi à ces consultations, conformément à la Constitution. Le Premier ministre sortant, Saad Hariri, devrait en principe être reconduit à son poste.

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