Accéder au contenu principal
Syrie/Israël

Syrie: plusieurs centaines de Casques blancs et leur famille évacués par Israël

Des Casques blancs dans la région d'Alep sortent des corps des décombres après un bombardement, le 30 septembre 2014 (illustration)
Des Casques blancs dans la région d'Alep sortent des corps des décombres après un bombardement, le 30 septembre 2014 (illustration) REUTERS/Hosam Katan

Plusieurs centaines de Casques blancs syriens, organisation spécialisée notamment dans l'évacuation des personnes sous les décombres de bâtiments détruits par l'armée syrienne ou l'aviation russe, et leur famille, ont été évacués vers Israël puis transférés en Jordanie, a indiqué ce dimanche matin la radio de l'armée israélienne. Selon l'armée israélienne, ils sont menacés d'emprisonnement ou d’exécution de la part du régime.

Publicité

Dans un premier temps, il avait été annoncé que 800 Casques blancs et leur famille avaient été évacuées de Syrie par Israël. Mais selon le ministère jordanien des Affaires étrangères, seuls 422 personnes sont arrivées en Jordanie ce dimanche après leur évacuation. Elles devraient être accueillies par l'Allemagne, le Royaume-Uni et le Canada.

Selon la radio militaire israélienne, ces Casques blancs étaient menacés par l'avancée des troupes du régime de Bachar el-Assad dans le sud de la Syrie. L'armée syrienne et ses alliés continuent leur progression dans la province de Kuneitra, en direction du plateau du Golan occupé par Israël, dans le sud-ouest de la Syrie.

► à (re)lire :Le Golan, un enjeu territorial, diplomatique et stratégique

« Des témoins à charge »

Ces Casques blancs ont été évacués brièvement vers Israël, puis transférés aussitôt par convoi d'autobus en Jordanie, indique Michel Paul, notre correspondant à Jérusalem. Le ministère jordanien des Affaires étrangères précise avoir accepté « pour des raisons purement humanitaires » que ces Casques blancs et leurs familles soient évacués, en « raison du risque pour la vie » que représente l'avancée des troupes syriennes.

« Ce sont les ennemis les plus farouches, du point de vue politique et sécuritaire, du régime syrien et de ses alliés. On sait que les Casques blancs ont été ciblés par des frappes aériennes, menées par le régime syrien et l'armée russe. Plusieurs centaines d'entre eux ont été tués dans ces frappes, rapporte le chercheur Salam Kawakibi, directeur du centre arabe de recherche et d’études politiques à Paris. Ce sont les témoins des atrocités, des témoins à charge pour tout ce qu'il s'est passé en Syrie ces dernières années. »

Ces Syriens doivent être ensuite transférés de la Jordanie vers le Canada, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, indique Amman. Il s'agit d'une opération menée à la demande des Etats-Unis et des pays européens, précise encore le communiqué de l'armée israélienne. Mais selon le chercheur Salam Kawakibi, directeur du centre arabe de recherche et d’études politiques à Paris, il n’est pas improbable que cette opération d’exfiltration ait reçu l’aval des autorités syriennes. « Leur évacuation a été réalisée via les frontières avec le Golan, zone occupée par Israël dans le sud syrien. Il est fort possible que les Israéliens, qui contrôlent les frontières avec l'aval des autorités syriennes et des Russes, parce qu'ils se sont très bien entendus ces derniers temps, ils ont même presque signé des accords tacites pour garder les frontières sauves et saines du côté syrien. »

Une politique israélienne de non-intervention

En Israël, on souligne que cette opération ne représente pas un changement de la position israélienne dans le conflit, précise encore notre correspondant. Récemment, le Premier ministre israélien avait indiqué qu’Israël n'accepterait aucun réfugié syrien sur son territoire mais poursuivrait ses opérations humanitaires. Israël accueille régulièrement des blessés dans un centre hospitalier érigé non loin de la frontière. Et fait parvenir de l'aide alimentaire et médicale à des civils réfugiés dans la partie du plateau du Golan contrôlée par la Syrie.

Bénévoles et non armés, les Casques blancs s'illustrent depuis le début de la guerre en Syrie en évacuant des décombres de bâtiments détruits des civils prisonniers.

à (re)lire: Les Casques blancs syriens, des héros trop discrets

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.