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Koweït

Koweït: des intellectuels se mobilisent contre la censure en progression

La montée de la censure dans le milieu littéraire mobilise les intellectuels koweïtiens, qui vont manifester pour la 3e fois ce mois-ci.
La montée de la censure dans le milieu littéraire mobilise les intellectuels koweïtiens, qui vont manifester pour la 3e fois ce mois-ci. Abhi Sharma/abee5 CC BY 2.0

Les militants et des écrivains koweïtiens s’apprêtent à descendre dans la rue ce samedi 29 septembre pour la troisième fois ce mois-ci. Ils manifestent contre la censure qui s’étend à de plus en plus d’œuvres littéraires.

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Une campagne vigoureuse contre la censure a accompagné sur les réseaux sociaux deux marches de protestation de dizaines de personnes, organisées les 1er et 15 septembre à l'approche de la 43e édition de la Foire du livre en novembre. Tous les titres présentés à cette importante manifestation culturelle seront passés au peigne fin par la censure qui fonctionne pour l'occasion à plein régime.

Selon des médias locaux, pas moins de 4 000 livres ont été interdits au Koweït ces cinq dernières années, sous la pression de milieux religieux et conservateurs. Parmi les titres bannis : Cent ans de solitude du Colombien Gabriel Garcia Marquez et Notre-Dame de Paris de Victor Hugo.

« Ça prend des proportions incroyables »

« Personne ne sait pour quelle raison ces livres sont interdits, s’indigne Adnan Alabbar, écrivain et militant. Par exemple, ils ont interdit des livres parce qu’ils parlaient de sirènes et d’autres parce qu’ils comportaient le mot "seins". Ils censurent les livres sans relâche. Certains de nos plus grands penseurs ont été interdits. Et récemment, un livre sur l’histoire de la gastronomie a été censuré. Ça prend des proportions incroyables, on ne sait pas ce que ça va donner. »

Selon Adnan Alabbar, cette censure est d’autant plus absurde que le Koweït a longtemps joué un rôle dans la publication de livres interdits dans la région. « Nous avons des amis d’Égypte, d’Arabie saoudite, des Émirats, qui ont été élevés en lisant des livres qui étaient publiés et traduits par le Koweït. Dans le passé, nous avons soutenu de nombreux écrivains qui se sont enfuis de leur pays et ont trouvé refuge au Koweït pour continuer à écrire. Nous avons publié leurs œuvres et maintenant leurs œuvres se voient interdites. Dans des pays bien plus religieux que le Koweït, ils autorisent des livres qui sont désormais interdits ici. »

Commission de censure

Comme d’autres intellectuels, il s’apprête à manifester à nouveau ce samedi pour protester contre la mainmise du ministère de l’Information sur le milieu littéraire. Un ministère qui défend les critères appliqués par la commission de censure.

« L'interdiction est l'exception et l'autorisation est la règle », a déclaré à l’AFP Mohammed al-Awach, haut responsable de ce ministère de l’Information, ajoutant que ce département ne fait qu'appliquer une loi sur « la presse et les publications » votée par le Parlement en 2006. Cette loi réprime toute insulte à l'islam ou à la justice, toute menace à la sécurité nationale, toute incitation aux désordres et tout acte « immoral ».

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