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Yémen

Yémen: les conséquences tragiques d’un éventuel isolement du port d’Hodeïda

Bateaux, conteneurs et camions en attente sur le port d'Hodeïda.
Bateaux, conteneurs et camions en attente sur le port d'Hodeïda. REUTERS/Abduljabbar Zeyad

Alors que des pourparlers de paix pourraient se tenir dans les prochains jours à Stockholm sous l'égide de l'ONU, la situation à Hodeïda reste critique. Même si un cessez-le-feu est plus ou moins respecté, la ville portuaire est pratiquement encerclée et coupée du reste du monde. La coalition militaire sous commandement saoudien, qui encercle le port yéménite d'Hodeïda, ne laisse désormais plus qu'une seule route ouverte, qu'elle peut couper en deux heures. Suze Van Meegen travaille à Sanaa pour l'ONG norvégienne NRC (Conseil norvégien pour les réfugiés), elle a averti que si cette route cruciale est coupée, « il n'y aurait plus aucun moyen de ravitailler les quelque 22 millions de Yéménites qui dépendent de ce qui transite par ce port ».

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Mardi 27 novembre, l'ONU a indiqué que les opérations commerciales dans le port d'Hodeïda, par où transitent environ 70% des importations yéménites, avaient été réduites de moitié au cours des deux dernières semaines, en raison d'une reprise des combats pour le contrôle de ce grand port sur la mer Rouge.

Les troupes de la coalition pro-gouvernementale, qui combattent les rebelles houthis retranchés dans Hodeïda, « ont entièrement encerclé la ville, à l'exception d'une seule route qui monte vers le Nord », a précisé Suze van Meegen au cours d'un point de presse, chargée de protection et de plaidoyer au Conseil Norvégien pour les Réfugiés (NRC), basée à Sanaa et de passage en France.

« Je pense que cette route va être maintenue ouverte jusqu'aux pourparlers de paix qui pourraient s'ouvrir prochainement à Stockholm », a-t-elle ajouté. « Mais s'ils échouent et que les choses empirent, la coalition saoudo-émiratie pourrait couper cette route en deux heures. Cela rendrait la situation encore bien pire. »

Martin Griffiths, l'émissaire de l'ONU pour le Yémen, face à presse sur le port d'Hodeïda, le 23 novembre 2018
Martin Griffiths, l'émissaire de l'ONU pour le Yémen, face à presse sur le port d'Hodeïda, le 23 novembre 2018 REUTERS/Abduljabbar Zeyad

14 millions de personnes menacées par la famine

L'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, a récemment multiplié les pourparlers avec toutes les parties au conflit pour les persuader de participer, en Suède à une date qui reste à déterminer, à des discussions de paix. « En attendant, les Saoudiens et les Emiratis n'ont aucun intérêt à prendre la ville d'Hodeïda », a poursuivi la responsable humanitaire, basée dans la capitale yéménite depuis plus de 18 mois. « Ils surveillent le port, savent tout ce qui y entre. »

Si Hodeïda se trouvait isolée du reste du pays, « aucun autre port ne pourrait le remplacer efficacement. Et de toute façon, l'aide humanitaire intégrale n'est pas la solution ; nous ne pouvons pas nourrir 29,3 millions de personnes, toute la population du pays. Il est nécessaire que la majorité des Yéménites soient en mesure d'acheter leur nourriture, et que nous puissions nous occuper de ceux qui sont dans la situation la plus difficile. »

Selon l'ONU, ce conflit, qui a fait depuis 2015 au moins 10 000 morts et selon certaines ONG jusqu'à cinq fois plus, a placé en situation de pré-famine au moins 14 millions de personnes dans le pays, déplacées par les combats.

 

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