Accéder au contenu principal
Iran

L’enrichissement d’uranium, arme iranienne contre les sanctions américaines

Les centrifugeuses pour l’enrichissement d'uranium de Natanz, à 270 kilomètres de Téhéran, en février 2012 (image d'illustration).
Les centrifugeuses pour l’enrichissement d'uranium de Natanz, à 270 kilomètres de Téhéran, en février 2012 (image d'illustration). REUTERS/IRIB Iranian TV via Reuters TV

Si l'Iran met sa menace à exécution, le pays doit commencer ce dimanche à enrichir de l'uranium à un degré supérieur à celui autorisé par l'accord nucléaire de 2015. Les États-Unis ont quitté l'accord et rétabli des sanctions l'année dernière et depuis quelques semaines, Téhéran a décidé de répliquer en s'affranchissant de plusieurs de ses obligations prévues par cet accord de plus en plus fragilisé.

Publicité

Avec notre correspondant à Téhéran,  Siavosh Ghazi

Après avoir dépassé le stock de 300 kilogrammes d'uranium enrichi autorisé par l'accord nucléaire, l'Iran a affirmé qu'il ne respectera plus la limite de 3,67 % pour l'enrichissement et va relancer la production du réacteur à eau lourde d'Arak.

Les Iraniens, en particulier les couches populaires et moyennes qui souffrent de plus en plus de l'aggravation de la situation économique depuis le retour des sanctions américaines, sont partagés sur la stratégie du pouvoir.

Pour Omid Mohammadi, un chauffeur de taxi qui s'est transformé en vendeur ambulant faute de travail, les sanctions sont destructrices. « La situation est devenue mille fois pire. Les États-Unis ont mis la pression sur le peuple. Les sanctions doivent être levées. Il faut qu'ils s'entendent. Si l'économie ne tourne pas, le pays se paralyse chaque jour plus. »

Rahman, un travailleur de 50 ans, considère également que « les sanctions doivent être levées coûte que coûte » et que « ce sont les gens qui subissent la pression », mais il approuve la stratégie du gouvernement : « Augmenter l'enrichissement pour faire pression sur les Européens, c'est encore mieux ».

Les responsables iraniens ne cessent d'affirmer qu'ils sont prêts à revenir à la situation précédente si les Européens respectent aussi leur engagement pour permettre à l'Iran, malgré les sanctions américaines, d'exporter son pétrole et d’avoir des relations bancaires et commerciales normales avec le reste du monde.


La mise en garde des Américains

Avec notre correspondant à New York, Daniel Hoffman

La Maison Blanche a multiplié les mises en garde depuis l’annonce, faite par Hassan Rohani, que l’Iran allait enrichir son uranium à un degré supérieur à celui fixé par l’accord nucléaire de 2015. Sur Twitter, Donald Trump a laissé entendre que les menaces iraniennes pourraient se retourner contre la République islamique, sans pour autant détailler la nature de possibles représailles américaines.

Pour l’heure, les États-Unis disent vouloir mettre une pression maximale sur Téhéran. Washington a notamment demandé la tenue, mercredi prochain, d’une réunion spéciale de l’Agence internationale de l’énergie atomique. L'AIEA qui a confirmé que l’Iran avait dépassé la limite des réserves d'uranium faiblement enrichi que lui impose le pacte de 2015.

En plus de leur action diplomatique, les États-Unis comptent maintenir le cap des sanctions économiques. Mais dans l’entourage de Trump, plusieurs conseillers envisagent ouvertement l’option militaire. Fin juin, après l’annulation de frappes contre l’Iran, le très faucon John Bolton avait averti Téhéran de ne pas confondre prudence et faiblesse.

→ À lire aussi : Nucléaire iranien, comment comprendre les dernières annonces de Téhéran


► Que signifie l'enrichissement de l'uranium à un degré supérieur à celui actuellement autorisé ? RFI a posé la question à un spécialiste de l'atome.

Ce seuil correspond à des valeurs typiques d’enrichissement pour les combustibles des réacteurs nucléaires civils alors que les matériels nécessaires aux bombes en général utilisent des matières beaucoup plus hautement enrichies au-delà de 90%.

Adrien Bidaud, enseignant-chercheur à l'Institut polytechnique de Grenoble

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.